ORGANES APPENDICULAIRES TERMINAUX OU FEUILLES DE LA FLEUR
fleur , fig. 1.
La fleur est solitaire, axillaire et terminale
Partie terminale et terminée d’un rameau, offrant les plus grands rapports d’analogie avec les scions feuillés ou de continuité, surtout avec ceux que l’on nomme roselés; ayant, comme le bourgeon ou embryon-fixe, un nœud-vital pour conceptacle, et située, comme lui, tantôt a l’aisselle des feuilles, et tantôt h l’extrémité des axes. La fleur se compose également des systèmes axifère et appendiculaire : le pistil, qui représente le premier, remplit les fonctions de femelle, reçoit, des anthères, le principe fécondant, et le transmet aux embryons-tuniqués, contenus dans l’intérieur des ovaires;
1 Voyez mon Mémoire sur l’inflorescence des graminées et des cypérées, etc. ( Mcm. du Mus. d’hist. nat., tom. v J.
le second, dans lequel se manifeste la partie mâle, comprend des organes entièrement analogues aux autres feuilles de la plante. Ces organes, toujours excessivement rapprochés les uns des autres, quelquefois alternes, plus souvent opposésverticillés, dans leur situation horizontale, alternent sans cesse dans le sens longitudinal 1 ( ou, pour parler plus clairement, de l’extérieur à l’intérieur, âwuse de l’extrême brièveté de l’axe, sur lequel ils se pressent ) : tels sont les folioles des calices, les pétales des corolles, les étamines et les phycostèmes.
phycostème (Turp.) (phycostemon , q>vx.oeleiç, déguisée, alnpav, étamine), nectaire (Lin.), disque (Adaus. ), glande ovarienne (Desv.), fig. 2 , 3 et 4 > a.
Etamines feintes ou déguisées. Cet organe affecte toutes sortes de formes en passant, comme le font tous les organes, d’un minimum peu connu à un maximum très-développé, situé le plus souvent entre les étamines et l’ovaire; il se place quelquefois entre les étamines et la corolle, et, dans certains cas ( cliironia frutescens), entre celle-ci et le calice.. Jetant parfois son masque, il donne naissance à des anthères (fig. 4> 6); compagnon inséparable des étamines, son insertion relative est absolument la même} ce qui doit dispenser de la distinguer, comme on l’a fait, enhypogyne, périgyne, épigyne, etc. 11 ne faut pas confondre le phycostème avec le péricarpe rudimentaire, qui porte les quatre graines nues des labiées , ni avec certains pistils rudimentaires qui occupent le centre de quelques fleurs unisexuelles, ou bien encore avec ces reufhmens qui couronnent, dans l’intérieur des calices, le sommet de l’ovaire d’un grand nombre d erubiacées , et qui appartiennent peut-être à la base du style (voyez, sur cet organe, mon mémoire intitulé : De T inflorescence des graminées et des cjpérées , etc. , publié dans les Mém. du Mus. d'hist. nat., tom. v).
étamine, fig. 5 et 6.
Organe mâle, pétale réduit à la nervure médiane (filet,
1 Les étamines, opposées aux pétales dans lesbrrbéridées et les primilacées, sont, pour le moment, des exceptions à cette grande loi.
fig. 6, c), terminé par une petite boîte (anthère, fig. 6, a , b) presque toujours bilobée et biloculaire, plus rarement uniloculaire, ou paraissant avoir quatre loges lorsque le trophopolln , dont je vais parler tout a l’heure, se prolongée! subdivise chacune des deux loges en deux logettes. L'anthère, partie essentielle de l’étamine, renferme un grand nen bre de petites utricules libres ou soudées entre elles ( pollen ), qui, à leur tour, contiennent le fluide spermatique et fécondant. Ainsi, on peut compter trois choses distinctes dans l’anthère, le connectif, qui sert de point d’union aux loges; les loges et le pollen. Le filet, peu nécessaire, manquant souvent, est a l’étamine ce que le-style est au pistil: en se laminant, il devient un pétale, produit l’avortement de l’anthère et double la fleur. L’insertion relative des étamines, selon qu’elle est hvpogyne, périgyne ou épigyne, quoique souvent très-difficile à bien distinguer, a servi a M. de Jussieu pour l’établissement des principales divisions de son excellente méthode.
CONHECTIF (Rich. ), fig. 'J , «.
Partie solide de l’anthère, qui donne naissance aux loges et aux utricules spermatiques. Le connectif est aux anthères ce qu’est le trophosperme central aux péricarpes ; il produit de même, le plus souvent dans l’intérieur des loges, des processus ( trophopollen ) , qui divisent chaque loge de manière à former en apparence des anthères quadriloculaires; je dis en apparence, parce que ces quatre loges n’out point la même valeur, et qu’au fond elles n’en forment que deux plus ou moins subdivisées par le trophopollen. Lç connectif ou porte-loge se distingue du filet de l’étamine par une articulation; mais souvent peu apparent, il n’est qu’une simple
Î rolongation du filet : comme tous les organes, il varie eaucoup de formes; il a celle d’un rein dans Yéphémère (fig. 7, a ) ; il se prolonge en un appendice terminal dans un grand nombre d’apocjrnées et de sjnmithérées , et prend, dans les sauges, la forme d’un balancier.
TROPHOPOLLEït (Turp.), fig. 8, a.
Cet organe, qui n’avait point encore été nommé, est aux
utricules polliniques ce qu’est le tropliosperme aux ovules et aux graines; c'est en effet par ces deux sortes d’organes, que les ovules, d’une part, et le pollen, de l’autre, communiquent avec la plante-mère. Lorsque le trophopollen se pi-olonge jusqu’à la suture des loges, il les divise eu deux, et rend les anthères comme quadriloculaires.
FOLLEN, fig. 9, 10 et II.
Corps utriculaires, ayant l’aspect d’une poussière, développés dans l’intérieur des loges de l’anthère, paraissant le plus souvent libres ou enchaînés par des fils extrêmement déliés, ou, ce qui est plus rare, agglomérés et soudés en masse ( fig. i o ), affectant un certain nombre de formes assez simples, étant a l’extérieur lisses ou hérissés : ils laissent échapper, par explosion, le fluide fécondant qu’ils contiennent. Ces corps, dont la couleur due à celle du fluide est le plus souvent jaune, quelquefois blanche, grise, bleue, rose et même verte; ces corps, dis-je, étant mieux observés, pourront fournir de bons caractères.
corolle, périgone intérieur (D. C.), fig. 12 et i 3 .
On nomme corolle la partie la plus apparente et la plus brillante de la fleur : elle se compose de l’assemblage libre ou soudé de plusieurs petites feuilles pétalées, d’un tissu très délicat, et offrant, par épuisement, les couleurs les plus vives, excepté la noire. Ces petites feuilles, traversées longitudinalement par une nervure médiane, qui se répand dans toutes les parties de la lame, sont insérées autour de l’axe le plus souvent par verticilles; considérées dans leur situation relativement aux autres organes appendiculaires de la fleur, elles sont constamment placées entre les folioles du calice, avec lesquelles elles alternent, et les étamines. La corolle, comme organe plus intérieur et plus délicat que le calice, avorte de préférence, et son absence, en réduisant la fleur a une seule enveloppe, prouve que celle qui s’est développée est le calice.
calice, périanthe , périgone extérieur (D. C.), fig. i\, i 5 et 16.
Feuilles réduites, munies de nervures médianes, vertes ou vivement colorées, fimbrillées et incolores dans les synanthérées, constituant l’enveloppe la plus extérieure du système appendiculaire de la fleur, présentant le plus communément le multiple trois dans les monocotylédones, et le multiple cinq dans les polycotylédones ; opposées-verticillées, quelquefois alternes et imbiiquées, elles sont libres ou soudées. Fig. i, Pjrus malus. 2, a. Gratiola offiçinalis. 3 , a. Pœotiia mont.an. 4 , a. yJquilegia vulgaris. 5 , . . . . 6, ...... 7, Tradescantia Virginica. 8, id. 9, Âzolea
viscose. 10, A sclepias Sjriaca. 11, Cucurbita pepo. 12, Convolvulus. i 3 , Dianlhus. i 4 , Cucubalus. i 5 , Cheiranthus cheiri. 16, Cjnara pusilla.