Quand on parcourt les herbiers, on n’y trouve guère
que des échantillons en fleurs; il semble que l’on ait considéré l’état le plus développé du végétal (le fruit) comme une plante passée et indigne d’aucune espèce d’attention. Le système sexuel, dans lequel un grand nombre de botanistes ont cru voir toute la philosophie du grand Linné, a été peut-être la cause de ce préjugé.
4 0. On peut ne pas connaître le nom d’une seule plante et être un très-profond botaniste. La Bruyère connaissait l’homme moral, et Bichat l’homme physique : ils auraient pu très-bien ne pas connaître un seul homme par son nom.
Ou peut connaître vingt mille plantes par leurs noms sans être botaniste; un courtier de commerce peut ne pas savoir ce que c’est qu’un homme et en nommer trente mille.
4 1. Par la plume et le pinceau on signale les êtres de deux manières différentes : toute espèce d’ornemens dans le style et de pittoresque dans le dessin-doivent également être évités dans les ouvrages scientifiques.
4-2. La plume et le pinceau sont les deux principaux moyens dont nous puissions nous servir pour le signalement des êtres : le naturaliste, qui ne possède que le premier, perd peut-être le plus significatif.
43 . La vie du naturaliste doit se diviser en quatre périodes : observer, apprendre et se mettre a la hauteur de son sujet dans la première; publier des faits isolés dans la seconde; faire connaître des analogies dans la troisième; et enfin, s’il en est capable, produire des élémens dans la quatrième. L’inverse a presque toujours lieu.
44 - Si, comme je l’ai avancé dans mon article 3 i, la sève monte et descend par le même chemin, jje veux dire par les cellules poreuses du tube cortical seulement, et que sa marche, plus ou moins rapide, soit entièrement subordonnée aux besoins qu'en épçouvent tour à tour les systèmes terrestre et aérien, ne pourrait-on pas, d’après ce principe, admettre que les embryons-fixes des racines 1 , en s’allongeant en sens contraire de ceux du système aérien, laissent échap-
■ Les embryons-fixes ou bourgeons du système terrestre sont, à raison du défaut de lumière, réduits à l’axe et à un état d’étiolement : on leur a donné les noms de spongioles et de chevelu ; mais on a eu tort de les assimiler aux feuilles aériennes, avec lesquelles ils n’offren-t de rapport que dans les fonctions, aucunement dans ce qui est relatif à l’organisation et. à la situation relative. Tout le système terrestre réduit aux axes ne développe jamais d’organes appendiculaires.
per également de leur base des productions radicales et filamenteuses, qui se glissent entre l’écorce et le bois, et s’élèvent vers la ligne médiane, où peut-être elles se rencontrent et se croisent avec celles des bourgeons aériens qui y descendent , et que le développement de ces embryons-fixes produit l’accroissement en diamètre des rameaux terrestres ?