rose pompon (rosa pomponia). Fleur prolifère
Obs. Une nourriture abondante apporte souvent un certain désordre dans les parties de la fructification des végétaux : certains organes destinés à remplir des fonctions essentielles au développement des embryons-graines, deviennent les uns des feuilles, et les autres, en continuant de s’allonger, des rameaux. Pour peu que l’on compare les fig. 2 et 9 de ce Tableau, on s’aperçoit aisément que les filets des nombreuses étamines placées autour des pistils de la première, se sont élargis en feuilles pétaliformes dans la seconde, et que ces élargissemens ont produit l’avortement des anthères qui les terminaient.
Il faut convenir que si la rose, l’œillet et l’anémone qui ornent nos parterres; la poire, la prune et surtout la pêche, sont des monstres, que les monstres végétaux ont pour nous autant d’attraits, que ceux des animaux sont hideux et repoussans.
10. lunaire commune (linaria vulgaris , Willd., Enum. ,• antirrhinum linaria , Lin.), pelore ( peloria , Lin.): a , folioles du calice; b, gibbosités tubuleuses répondant à chacun des cinq pétales soudés; c, tube formé par la réunion soudée des pétales; d, parties supérieures et libres des pétales; e, parties bombées de l’orifice du tube corollaire, et auxquelles, dans les fleurs irrégulières de cette famille, on a donné le nom de palais.
Obs. Je ne puis être de l’avis des botanistes qui regardent cette fleur comme une monstruosité; je pense, au contraire, que l’irrégularité, quoique constante, de celles d’un assez grand nombre de groupes de végétaux, tels que les labiées, les personnées, les orchidées, etc., est, comme je l’ai déjà dit, due à un vice organique et intérieur qui, pour l’instant, nous est inconnu, mais que nous ne devons pas désespérer de démasquer un jour, et que, de temps a autre, certains individus plus favorisés dans leur organisation tissulaire, en produisant des fleurs régulières, nous révèlent que le vœu primitif de la nature a été, pour tous les végétaux, celte symétrie que présente passagèrement la pélore, dont il est ici question.
Toutes ces fleurs qui, de l’état constant et irrégulier, passent à celui naturel et momentané, produisent des embryons-graines fertiles, qui continuent de reproduire des individus à fleurs régulières jusqu’au moment où leur descendance est frappée de ce vice organique dont nous avons parlé, et qui paraît inhérent à certains végétaux, comme le sont ceux qui affligent certaines races d’hoinmes.