‹ Flore médicaleChapitre 27 sur 82 · PA A · texte numérisé non relu

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PAPAVER ERRATICUM MAJuS; Bauhin, Tiva, bb, 5 , sect. 1 ; — Tournefort, clas. 6, r'osacées.

L'or OES PAPAVER RHOEAS ; capsulis glabris, globosis ; caule piloso , multifloro , * foliis pinnatifidis, incisis ; Linné, clas. 13, polyardrie monogynie ;

—- Jussieu, clas. 13, ord. 2, papavéracées.

. 7 trié Oteitenats PAPAVERO SALVATICO ; PAPAVERO SERCHIONE ; ROSOLACCI.

Espagnol. . ...... AMAPOLA; ARABOL; ADORMIDERA SILVESTRE.

nn COQUELICOT ; PONCEAU; PAVOT ROUGE.

us 0 2. - RED POPPY ; CORN-ROSE ; COP-ROSE; HEAD-WARK.

Allemand. . ...... WILDER MOBN :; ROTHER MOHN; FELDMOHN; KLATSCHROSE; KLAPPER- ROSE.

Hollandais... ..... ROODE KOORENBLOEM ; KOLBLOEM; WIUDE HEUL KLAPBOOS; KANKER- BLOEM.

Poloñais... 11:77. Maczex, Erndtel.

RÉPANDU partout avec profusion, 1l n’est point de bouquets champêtres dont le coquelicot ne fasse l’ornement; il s’allie dans notre esprit à la richesse des moissons, à la beauté des prairies : poursuivi par l’agriculteur comme plante inutile , et même nuisible aux céréales , il se réfugie dans nos jardins, où , quittant les simples ornemens de la nature champêtre, il étale un luxe imposant en doublant ses belles fleurs. Elles sont d’un rouge vif, quelquefois blanches, plus souvent panachées ; les pétales frangés ou bordés d’un beau liséré blanc. La connaissance du pavot remonte à une époque très-reculée , surtout le pavot somnifère. Emblème du sommeil, il ornait l'entrée du palais de Morphée; c'était avec cette plante que ce dieu touchait ceux qu'il voulait endormir : la déesse des moissons était représentée tenant une faucille d’une main, et une poignée d’épis et de pavots de l’autre. Il est donc hors de doute que le pavot était connu des anciens ; cependant il est très-difficile de déterminer les cinq espèces mentionnées dans Dioscorides ; Pline n’en cite que deux, le papaver somniferum et le rhœas. Théophraste n’en parle que d’une manière très-obscure'. Le caractère essentiel des pavots est facile à recon-

* Viguier, Histoire des pavots , pages 7 et 8.

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naître : il consiste dans un calice à deux folioles concaves , très-caduques; quatre pétales, un grand nombre d’étamines beaucoup plus courtes que la corolle , insérées sur le réceptacle ; un ovaire supérieur eouronné par un large stigmate sessile, lobé, en forme de bouclier, à six ou douze rayons divergens; une capsule globuleuse ou allongée, s’ouvrant sous le stigmate en plusieurs trous , divisée intérieurement en six ou douze demi-loges séparées par des cloisons membraneuses, renfermant des semences très-nombreuses, adhérentes à des placentas insérés sur les parois de la capsule.

Ses racines sont grêles, presque simples, blanchâtres, munies de quelques fibres. — Ses tiges droites , rameuses , légèrement pileuses, hautes d’un à deux pieds, rudes au toucher. — Les feuilles sont alternes, presque ailées, découpées profondément en lanières assez longues, velues, aiguës, dentées ou pinnatifides. — Les fleurs sont grandes, terminales, d’un rouge éclatant, marquées à la base des pétales d’une tache noirâtre. — Il leur succède une capsule glabre, ovale, un peu globuleuse, couronnée par un stigmate noirâtre, à dix rayons. — Tel est notre pavot coquelicot, nommé erraticum (errant ) par les uns, à cause de sa grande facilité à se repandre partout; par d’autres, rhœas , à cause de ses fleurs caduques'.

Il en existe plusieurs autres espèces, distinguées principalement par leur capsule glabre ou hérissée, ovale, globuleuse ou allongée. La plus intéressante est le pavot somnifère, qui fournit l’opium, et que l’on cultive en grand dans plusieurs départemens de la France.

Les fleurs fraîches de coquelicot ont une odeur faible, désagréable, manifestement vireuse, et une saveur. mucilagineuse légèrement amère. Lorsqu'on incise cette plante, il en découle un suc laiteux, gommo-résineux, soluble en partie dans l’eau, en partie dans l’alcool, et qui, par son odeur et sa saveur, a la plus grande analogie avec l’opium. Ce suc est beaucoup plus abondant dans le fruit que dans les autres parties de la plante. Quatre onces de capsules dé co-

* Ou bien parce qu'il s’en écoule un suc : pon, Jluentum ; de seu, fluere ; Dioscorides donne cette double étymologie.

Quant aux dénominations vulgaires coquelicot et ponceau, la première paraît due à la belle couleur des pétales, rouges comme la crête d’un coq; la seconde rappelle également cette teinte rouge éclatante, que les Latins ont désignée sous le nom de puniceus.

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quelicot, au rapport de Murray, ont fourni, par la décoction et l’'évaporation, cinq drachmes d’un extrait opiacé. |

Les qualités physiques de cette plante introduite dans la matière médicale, selon Peyrilhe, vers la fin du seizième siècle, justifient les propriétés adoucissante, calmante et anodine qu'on lui attribue. Comme telle , elle-a été employée dans le catarrhe et autres maladies aiguës du poumon, dans les toux anciennes, daus la coqueluche, contre certains maux de gorge , et dans toutes les circonstances où il faut calmer une vive douleur et procurer un sommeil tranquille. Peyrilhe et plusieurs praticiens ont pensé qu’elle pourrait remplacer l’opium dans beaucoup de cas. L'expérience n’a point confirmé sans doute tous les éloges donnés au coquelicot; toutefois son action diaphorétique et légèrement calmante le fait employer avec un certain avantage, au rapport de M. Biett, dans les phlegmasies aiguës de la poitrine. Baglivi se loue Hu de l’infusion des fleurs de coquelicot , associée à celle des semences de lin, dans le traitement de la pleurésie. Fouquet en administrait le sue de quatre à dix-huit grains, dans la coqueluche, lépilepsie et autres maladies convulsives des enfans, dans lesquelles il le préférait à l’opium, comme moins irritant. Divers praticiens assurent avoir assoupi les douleurs du cancer , et procuré un sommeil paisible par son usage , et chaque jour on l’emploie parmi nous avec plus où moins de succès en infusion contre le rhume, dans la migraine, etc.

L'infusion théiforme des pétales de coquelicot desséchés, convenablement édulcorée avec le sucre ou le miel, est la manière la plus ordinaire d'adminisirer cette plante. Le sirop qu’on prépare avec cette infusion, convenablement évaporée et unie au sucre, aussi agréable par sa belle couleur rouge qu’utile par ses qualités mucilasineuse et légèrement sédative, se donne à la dose de quinze, trente et soixante grammes (ou depuis une demie jusqu'à une ou deux onces ). Les pharmaciens en composent en outre une teinture alcoolique, qu'on fait entrer dans des potions calmantes et dans divers juleps et élixirs. L’extrait des têtes de coquelicot, obtenu par l’évaporation lente de leur décoction aqueuse , se donne, comme l’opium, à la dose de cinq à vingt centigrammes (un à quatre grains).

Ce pavot n'est pas en usage dans les arts; on n’a point encore tiré parti de la belle couleur rouge que ses pétales donnent à l’eau

par à décoction. Dans beaucoup: dvél it les moissons, et as souvent M ja

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EXPLICATION DELA PLANCHE. (La plante est de gréndeur capsulaire représenté de grandeur naturelle. —- 2. Le même coupé qe on distingue douze à treize loges remplies d’une grande Ann, de

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