‹ Flore médicaleChapitre 26 sur 82 · PAUL T · texte numérisé non relu

PAUL T

COPAHU

COPAIFERA OFFICINALS ; Linné, clas. 10, décandrie monogynie ; —

ne { : NE Jussieu, clas. 14, ord. 11 , légumineuses.

LI FERRER COPAIBA ; COPAIVA.

Espagnol. . ..... COPAIBA ; COPAYBA.

Français... ...... COPAHU; GOPAIER; COPAYER.

a COPAIBA TREE.

Allemand. . ..... .. COPAIVABAUM.

* Hollandais. . ..... COPAIBA ; WOND-BALSEM-BOOM.

MarGRAVE et Pison ont les premiers parlé du copahu , auquel ils ont donné le nom de copaiba, dans leur Histoire naturelle du Brésil; après eux, Jacquin l’a décrit et figuré sous celui de copaiva et Linné sous le nom de copaifera officinalis.

Cet arbre s'élève à la hauteur de cinquante ou soixante pieds; son bois est d’un rouge foncé, revêtu d’une écorce qui produit par incision une liqueur résineuse très-abondante ; ses branches sont étaliées, ses rameaux glabres, d’un brun cendré, un peu fléchis en zigzag. — Ses feuilles sont alternes, pétiolées, ailées , luisantes, un peu coriaces, composées de trois ou quatre paires de folioles alternes, légèrement pédicellées, ovales-lancéolées, glabres, entières, plus étroites d’un côté, longues d'environ trois pouces. — Les fleurs , disposées en petites grappes alternes, paniculées vers l’extrémité des rameaux, sont blanches, petites, médiocrement pédicellées. Chacune d'elles offre, d’après Linné, quatre pétales étalés, étroits, aigus, point de calice; dix filamens libres , terminés par des anthères vacillantes et allongées; un ovaire pédicellé, comprimé, surmonté d’un style courbé, ainsi que les étamines. — Le fruit consiste en une gousse ovale, divisée en deux valves, contenant une seule semence entourée d’une enveloppe pulpeuse.

Cet arbre croît au Brésil, dans la Guiane, dans la Nouvelle-Es-

* D’après les naturels du Brésil, qui désignent cet arbre sous la même dénomination.

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pagne ; il est très-commun dans les environs d’un village nommé Aryapel, dans la province d'Antioche, à cent lieues de Carthagène, ainsi qu'aux environs de Tolu.

Le suc qu’on en retire, désigné dans le commerce sous le nom de baume de copahu, s'obtient de la manière suivante : au printemps et en automne, on incise longitudinalement le tronc de l’arbre vers sa base, dans l’étendue de cinq à six pouces, de manière à diviser entièrement l'écorce et le liber , et l’on recoit le liquide, qui s’écoule par cette incision, dans une calebasse ou autre vase disposé au pied de l'arbre pour cet objet. Lorsque cette opération est faite dans la belle saison, on peut recueillir jusqu’à douze livres de baume dans l’espace de trois heures. Quand l'écoulement est achevé, si Pon a soin de couvrir la plaie de l'arbre avec de la cire, on peut, en enlevant cet appareil au bout de quinze jours, obtenir une nouvelle récolte presque aussi abondante que la première.

D'abord liquide , inodore et sans couleur déterminée, le baume de copahu acquiert bientôt la consistance d’une huile grasse et une couleur jaunâtre, sans perdre de sa transparence. Son odeur est suave et fragrante ; sasaveur aromatique ,un peu amère , chaude et légèrement âcre , adhère fortement à la langue. Celui qu'on rencontre quelquefois dans les boutiques avec une apparence trouble, la consistance du miel , une certaine ténacité et une mauvaise odeur , est sophistiqué ou retiré de la décoction de l'écorce du copayer, et par cela même peu estimé. Ce baume est de la même nature chimique que la térébenthine ; distillé avec de l'eau, il fournit environ la moitié de son poids d’une huile essentielle très-odorante , qui devient d’un blanc jaunâtre avec le temps, et la matière qui reste dans la cornue est une résme inodore très-pure , qui brunit et qui devient cassante en vieillissant.

Généralement regardé comme un excitant très-actif , 1 agit sur l’économie animale avec une grande promptitude, ainsi que le remarque M. Nysten. Le baume de copahu occasione de l’ardeur’, de l’âcreté à la gorge et de la chaleur dans Pestomac; il augmente la chaleur générale, la fréquence du pouls, la transpiration cutanée. Son action, néanmoins, se porte essentiellement sur les membranes muqueuses, et occasione souvent des nausées, des coliques et la purgation ; il excite aussi la muqueuse bronchique, celle des voies urinaires, et augmente la sécrétion de l'urine. Selon la remarque de

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Fuller , il donne une saveur amère à ce liquide, et non point Podeur de violette, comme la térébenthine.

Les auteurs de matière médicale ne tarissent pas en éloges sur les vertus de cette substance, dans la leucorrhée, la blennorrhagie , la dysenterie et les différentes espèces de catarrhe; contre la fièvre hectique , le scorbut, la phthisie pulmonaire, l’aménorrhée , les hémorrhoïdes; dans le traitement de Pulcération des reins , pour la guérison des plaies, des ulcères, et à la suite de la circoncision. Malheureusement l'expérience n’a pas confirmé des assertions aussi exagérées. Toutefois l'impression vive que le baume de copahu exerce sur les organes digestifs , et les succès que plusieurs praticiens distingués en ont obtenus dans différentes maladies atoniques, surtout dans les affections catarrhales rebelles accompagnées de faiblesses et de relächement, ne permettent pas de méconnaître son utilité dans le traitement des écoulemens anciens exempts de douleurs, dans le catarrhe pulmonaire chronique , dans la diarrhée avec atonie. Chaque jour on en relire de grands avantages dans la blennorrhagie et la leucorrhée, après que les symptômes inflammatoires ont disparu. Mais peut-on lui reconnaître la propriété de déterger les ulcères de la vessie, de guérir la toux et la phthisie pulmonaire, de dissoudre les tubercules du poumon? Le plus souvent, dans ces affections, ne doit-on pas s'abstenir d’un médicament aussi stimulant; et dans la plupart des maladies où il est le plus généralement employé, ne serait-il pas dangereux d’en faire usage lorsqu'il ÿ a un état fébrile marqué, une sorte d’excitation générale ou d'irritation locale plus ou moins vive, des symptômes d'inflammation ou autres circonstances qui contr'indiquent les excitans? C’est ainsi que le baume de copahu, dont les empiriques font un si grand abus, lorsqu'il est donné à contre-temps ou à trop haute dose, a souvent produit, au rapport de Spielmann, des douleurs de tête, la fièvre, des hémorrhagies, l’inflammation de divers organes, des palpitations, des coliques, l’ardeur d'urine, et plus souvent l’altération profonde des fonctions de l'estomac.

La dose ordinaire de ce médicament est de dix à trente gouttes, soit dans un œuf à la coque ou dans du vin, soit dans une potion mucilagineuse , ou tout autre excipient approprié. On en porte souvent la dose jusqu'à quatre ou huit grammes (un ou deux gros);

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mais alors il agit souvent comme purgatif. On l’administre également en pilules en Éneorerues avec dusucre et une poudre i inerte. L'huile essentielle qu'on en retire, associée à l’axonge, forme un onguent qui a été quelquefois employé en onctions dans la paralysie. |

Le bois de copayer , à cause de sa dureté et ‘dé sa belle couleur rouge foncé, est recherché par les ébénistes et les menuisiers pour différens ouvrages de marqueterie; 1l est également employé dans la teinture. Le baume qu'on en retire est souvent employé dans les arts : les peintres s’en servent dans la peinture à l'huile et pour la composition de plusieurs vernis; les singes aiment beaucoup ses semences; l’amande qu elles renferment, ele son peu de saveur, pourrait même servir d'aliment à bomuites

Hoppe (rrédéric-Guillaume) , De balsamo copaybä, Diss. inaug. præs. Dan. Nebel, in-4°. Heidelbergæ, 1710.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — 1. Fleur entière grossie. — 2. Pistil.

Observ. Cette plante offre tous les caractères d’une térébinthacée, et paraît avoir des rapports avec le genre bursera , malgré la différence du nombre des parties calicinales, et l'absence de la corolle dans le copaifera. Que l’on me permette de suspecter la possibilité du nombre quatre dans le calice, avec celui de dix dans les étamines. ; (T:)

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COQUE DU LEVANT

/ COCCULÆ OFFICINARUM ; Bauhin, HsvaË, lib. 12, sect. 6. MENISPERMUM COCCULUS, foliis cordatis, retusis, mucronatis , caule

Latin... ....... lacero ; Linné, clas. 22, diœcie dodécandrie ; — Jussieu, clas. 13, ord. 17, ménispermes.

GISSAMPELOS COCCULUS; Poiret.

"REA COCCOLE D’INDIA.

Espagnol. . . . .... COCA LEVANTINA ; COCA DE LEVANTE. Français... ...... COQUE DU LEVANT; COQUE-LEVANT; PAREIRE A FEUILLES RONDES, Poiret. el INDIAN COCKLES; INDIAN BERRIES.

Allemand. ....... FISCHKOERNERBAUM ; KOKKELSKOERNERBAUM. Hollandais. . ..... INDIAANSCHE REZTES ; KOKLUS.

Les coques du Levant ne sont point originaires du pays dont elles portent le nom; les premières qui ont été introduites en Europe, étaient apportées d'Alexandrie en Italie par la voie du commerce, ce qui a fait croire que la plante qui les produit devait croître en Égypte. Elle est restée long-temps inconnue : on a enfin découvert que ces fruits appartenaient à un arbrisseau sarmenteux de l'ile de Java, que Linné a placé parmi les menispermunr, et auquel il attribue pour caractère essentiel : des fleurs dioïques , un calice composé de six à huit folioles et plus, une corolle à six ou huit pétales et plus, seize étamines un peu plus longues que la corolle ; dans les fleurs femelles, huit étamines stériles, deux ou trois ovaires pédicellés ; autant de stigmates presque sessiles, deux ou trois baies coriaces , arrondies , chacune à une loge monosperme.

Ses tiges sont ligneuses, grimpantes, striées, cylindriques, trèsramassées. — Les feuilles alternes, pétiolées, glabres, ovales, obtuses, presque en cœur, coriaces, longues d'environ deux pouces , légèrement échancrées à leur base, terminées par une petite pointe mucronée, les nervures un peu confluentes vers les bords. — Les fleurs blanchâtres, fort petites; les mâles disposées, dans l’aisselle des petites feuilles supérieures , en paquets sessiles trèscourts ; les fleurs femelles en grappes axillaires allongées. — Le fruit

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est composé de deux ou trois coques en forme de baie sèche, arrondie, presque en rein : une loge pour chäque coque, renfermant une semence un peu comprimée, orbiculaire, échancrée en rein.

Observations. Les auteurs ne sont point d’accord sur la véritable espèce qui produit la coque du Levant. Celle que je viens de décrire , et qui a été figurée par M. Turpin, se trouve, dans l’herbier de M. de Jussieu, chargée de jeunes fruits. Je ne crois pas qu'on puisse la rapporter à celle décrite par Willdenow, ou bien il faut convenir que les feuilles sont mal représentées dans la figure qu'il cite de Plukenet (tab. 344, fig. 2); celle de Rumphius (Amb. 5, tab. 22) y convient encore moins, quoique citée par Linné; il faut également en exclure celle de Rhéed ( Hort. malab. 7, tab. 1), qui se rapproche davantage du cissampelos paretra , Linné.

Les fruits de cette plante, qu'on nous envoie secs des Indes Orientales, sous le nom de coques du Levant, sont des baies sphériques, de la grosseur d’un pois, d’un brun noirâtre, inodores, et d’une saveur amère et persistante. |

Principalement connues par la propriété qu’elles ont d’enivrer et de donner la mort aux poissons , les coques du Levant, au rapport de Murray, exercent la même action délétère sur plusieurs oiseaux, et sont également vénéneuses pour les chèvres et pour les vaches. Les expériences de M. Goupil semblent même prouver qu’elles sont un véritable poison pour différens animaux carnivores. Par analogie, on a supposé , avec assez de probabilité, que leur action sur l’homme n'était pas moins dangereuse. Plusieurs auteurs de matière médicale considèrent même la chair des poissons empoisonnés par cette substance, comme susceptible de produire de graves aceidens. En rapportant le résultat des expériences de M. Goupil, M. Cadet Gassicourt paraît admettre, avec ce médecin, que le principe vénéneux de la coque du Levant résiste à l’action digestive, passe avec toutes ses propriétés dans les vaisseaux absorbans, et que la chair des poissons qui ont succombé à l’action délétère de cette substance agit sur l’homme comme la coque du Levant elle-même. Loin de confirmer cette assertion , l'expérience journalière , ainsi que le remarque judicieusement Peyrilhe, prouve que la chair de ces animaux n’occasione aucun accident à ceux qui en mangent. Il est probable quesi, dans quelques cas, il est résulté des accidens de l'usage des poissons

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morts par l’action des fruits du m#enispermum cocculus, cela tient à ce qu'ils avaient été mal vidés, et qu'il était resté dans leur cavité abdominale une certaine quantité de ce poison.

Toutes les parties de la coque du Levant ne sont pas également vénéneuses. M. Goupil a reconnu que le principe délétère réside essentiellement dans l’amande , et que la partie corticale de ce fruit n’a qu’une simple propriété vomitive. L'énergie avec laquelle ces petites baies agissent sur l'économie animale, doit faire présumer qu’elles recèlent des propriétés médicinales très-actives. Sous ce rapne elles réclament toute l’attention des médecins observateurs. On n’en a cependant point encore fait usage à l’intérieur. Le seul emploi médical de cette substance se borne à quelques applications extérieures contre les pous. Pour cela on la pulvérise et on en répand une certaine quantité sur la tête.

En mêlant la coque du Levant avec la mie de pain, les pêcheurs en font une pâte dont les poissons sont très-avides. On la jette dans les rivières et les ruisseaux , et ces animaux , bientôt étourdis par l’action vénéneuse de cette substance, viennent nager à la surface de l’eau, où on les prend avec facilité. Dans certaines contrées on se saisit facilement de plusieurs espèces d'oiseaux, en jetant dans l’eau des marres où il vont se désaltérer, une certaine quantité de ces mêmes baies.

coproxcar (saptiste), Tractatus de bacchis orientalibus, etc. Ce Traité fait partie de l'ouvrage du même auteur, intitulé : De christiané et tutä medendi ratione ; in-4°. Ferariæ , 1591; in-4°. Bononiæ, 1629.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (L'individu femelle que nous figurons ici, est représenté de grandeur naturelle.) — 1. Épi de fleur femelle, — 2. Fruit entier et tricoque du menispermum cocculus , copié de Gærtner. — 3. Fruit entier de grandeur naturelle, tel qu’il se trouve dans le commerce. — 4. Le même dépouillé de sa première enveloppe. — 5. Le même coupé longitudinalement , afin de faire voir le placenta et la graine. — 6. Embryon isolé.

Observ. De toutes les espèces de ménispermes qu'ont pu nous offrir les nombreux herbiers que nous avons visités, celle que nous représentons ici nous a semblé avoir le plus de rapport par ses fruits avec ceux du commerce. Cr

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