CRAN
CVOLANTE, +
PR KUXAAIVOG.
cycLaMex ; Bauhin, TuvaË, lib. 8 , sect. 3 ; — Tournefort, clas. 2 , #nsn nt ».- fondibuliformes. arte
CYCLAMEN EUROPÆUM, corolla retroflexa; Linné, clas. 5, pentandrie
mOnODYNIE ; — Jussieu, clas. 8, ord. r, lisimachies.
Haliehs. 24550 . PAN PORCINO ; ARTANITA.
Eqesnol :. .. ... PAN PORCINO; ARTANITA.
Français... ...... CYCLAME; PAIN DE POURCEAU. bar. 2. FUET. SOW-BREAD.
DUT TT Apen SAUBRODT ; SCHWEINBRODT ; ERDSCHEIBE. Hollandais. . ..... YERKENS-BROOT : ZEUGENBROOT.
Sorri depuis long-temps des forêts, le cyclame, connu vulgairement sous le nom de pain de pourceau, est venu prendre place parmi les fleurs de nos jardins, qu’il embellit par ses belles et nombreuses variétés. Il porte dans Dioscorides le nom de xuxaæu1vos ; cet auteur en cite une seconde espèce, qui est une plante très-différente. — Le cyclame a des racines charnues, très-épaisses, arrondies', de la grosseur du poing et plus, noirätres en dehors, blanches en dedans, garnies de fibres fines et ramifiées. — Les feuilles sortent immédiatement des racines, portées sur de très-longs pétioles ; elles sont arrondies, presqu'en cœur ou en rein, dentées, quelquefois lobées et anguleuses, très-glabres , panachées de vert, de rouge et de blanc. Il n’y a point de tiges. — Les pédoncules portés sur les racines sont roulés en spirale dans leur jeunesse, puis droits , simples , uniflores , longs de quatre à cinq pouces, terminés par une fleur un peu inclinée, blanche ou légèrement purpurine, ayant son disque tourné vers la terre, et les divisions du limbe repliées et redressées vers le ciel. — Chaque fleur offre un calice campanulé, à cinq découpures ovales, aiguës ; une corolle presque en roue; le tube très-court; cinq divisions allongées , rabattues sur le calice ; cinq étamines; les anthères
1 Le cyclame doit sa dénomination générique à cette forme circulaire de ses racines ; de xvxàc, cercle, 38e Livraison, 4.
CYCLAME.
rapprochées ; l'ovaire supérieur ; le style allongé; un stigmate aigu. — Le fruit est une capsule globuleuse, un peu charnue, à une seule loge, s’ouvrant en cinq valves à son sommet, renfermant plusieurs semences attachées à un placenta libre et centralr.
La racine de cyclame , seule partie de cette plante qui soit en usage en médecine, est inodore. Dans l’état frais, sa saveur est âcre et piquante, brülante, un peu amère, désagréable ; mais la dessiccation lui fait perdre toute son âcreté, et la torréfaction , en lui donnant un goût mucilagineux, la rend susceptible d'être mangée. On manque d’une analyse exacte de ses principes constituans : toutefois il paraît que ses propriétés médicinales varient, comme ses qualités physiques, selon qu’elle est sèche ou verte : elle agit, au moins, avec beaucoup plus d'énergie dans le premier état que dans le second. On assure aussi qu’elle est plus vireuse en automne que dans les autres saisons de l'année.
Depuis long-temps cette racine est réputée suspecte. Hippocrate et Galien l’employaient comme résolutive. Dioscorides a signalé la redoutable faculté dont elle jouit de provoquer l'avortement. Regardée parmi nous comme un des drastiques indigènes les plus violens, les paysans en font quelquefois usage pour se purger. Mais son action purgative est si énergiqne, qu'elle occasione souvent des accidens graves chez les sujets même les plus robustes. Geoffroy, Murray, et beaucoup d’autres, rapportent qu’elle a souvent produit des inflammations de la gorge, de l'estomac et de l'intestin. Elle exerce à peu près également son action, soit qu'elle soit directement ingérée, soit qu’elie soit simplement appliquée sur la peau et absorbée par les vaisseaux lymphatiques. On a même quelquefois recours à ce dernier mode d'administration pour expulser les vers des intestins. Mais de quelque manière qu’on l’emploie, c’est un moyen dangereux qui exige beaucoup d'attention et de réserve. On la regarde en outre comme
: M. Auguste de Saint-Hilaire a prouvé, dans son Mémoire sur les plantes auxquelles on attribue un placenta central libre, comme dans les primulacées L caryophyllées , ete., que ce placenta n’est libre, par sa partie supérieure, qu'après la fécondation, qu'avant il tient et correspond avec le style par un filet trèsdélié qui se rompt et disparaît après l’acte dont nous venons de parler. Ayant vérifié moi-même cette correspondance des placentas aux styles, j'en garantis toute l'exactitude.
CYCLAME.
emménagogue et comme résolutive. Dans cette dernière vue, elle a été recommandée contre les obstructions atoniques des viscères, dans le carreau et dans les scrofules des enfans. Malgré les éloges qu’on lui a prodigués sous ces différens rapports, Spielman la considère comme un médicament incertain , et la plupart des médecins modernes s’en abstiennent comme d’une substance dangereuse, dont les propriétés médicinales n’ont pas été suffisamment étudiées. On en fait plus souvent usage à l'extérieur comme topique ; on l’applique soit en cataplasme, soit en emplâtre sur les tumeurs scrofuleuses, sur certains engorgemens indolens. Elle entre dans la composition de l’emplâtre diabotanum et autres qui ont eu autrefois beaucoup de vogue contre les obstructions. Elle est la base du fameux onguent de arthanita qui, si l’on en croit ses nombreux apologistes , fait vomir, purge, expulse les vers, excite la sécrétion des urines, etc, selon qu'il est appliqué à lépigastre, sur le ventre ou dans la région des reins. Selon Mathiole, l’eau distillée de cette racine arrête les hémorrhagies; mais il est permi de douter de ce fait, et prudent de n’employer un médicament aussi incertain et aussi dangereux qu'avec la plus grande circonspection. En substance on donne cette racine de deux à huit grammes ( deux scrupules à deux gros); et si on l’administre comme apéritive dans le carreau, etc., chez les enfans, on la donne de vingt-cinq centigrammes à six décigrammes (cinq à douze grains). Son suc se donne à peu près à la même dose.
Quoique la racine de cyclame soit plus ou moins dangereuse pour. l’homme , les cochons l’aiment beaucoup et la mangent sans inconvénient f. On dit qu’on s’est servi autrefois de son suc pour empoisonner les flèches.
* Elle porte même le nom vulgaire de pain de pourceau.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (Za plante est un peu plus petite que nature.) —
1. Corolle ouverte, dans le tube de laquelle on voit l'insertion de cinq anthères. — 2. Calice et pistil. — 3. Fruit entier, — 4. Le même coupé horizontalement, afin de faire voir la situahon des graines. — 5. Graine isolée, grossie.
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