‹ Flore médicaleChapitre 57 sur 82 · ÉGLANTIER · texte numérisé non relu

ÉGLANTIER

culté d'amener dans l'appareil urinaire une plus grande quantité du liquide dissolvant naturel des calculs ? A l'égard des diarrhées et des dysenteries, lorsque ces maladies sont aiguës, la matière médicale nous offre un grand nombre de substances beaucoup plus propres à leur opposer ; et, lorsqu'elles sont chroniques, les essais multipliés et presque toujours infructueux que j'ai eu occasion de faire de ce médicament dans les hôpitaux militaires, où ces redoutables phlegmasies règnent sans cesse, mont pleinement convaincu de son efficacité. Le judicieux Cullen avoue même que, malgré ses efforts, il n’a trouvé dans ces fruits aucune qualité qui puisse les rendre recommandables, soit comme aliment, soit comme médicament. Il ne faut guère ajouter plus de conflance, dit M. Chaumeton, aux éloges prodigués par l’ignorance et la crédulité uu bédégar ou bédeguar. C’est une excroissance spongieuse, de couleur verte-rougeâtre, de forme variable, mais approchant pour l'ordinaire de celle d’un œuf, dont elle a quelquefois la grosseur. Elle naît et se développe sur différentes parties de l’églantier , telles que le fruit, la tige, la feuille et son pétiole, par la piqüre d’un insecte parasite, cyrips rosæ, L., qui procure ainsi une habitation à ses œufs et aux larves, lesquelles vivent jusqu'à l’époque de leur métamorphose dans ces protubérances fongueuses.

Les fruits de l’églantier (cynosbates) sont les seules parties de ce végétal dont on fasse usage. Leur pulpe acidule, associée au sucre, forme la conserve de cynorrhodon, médicament agréable et légèrement nourrissant qu'on peut employer avec avantage à la dose de trente ou soixante grammes (une à deux onces) pour satisfaire l’esprit de certains malades tourmentés du besoin de prendre des drogues. On en prépare aussi un sirop qui peut être administré à la même dose.

Malgré leur saveur agréable, ces fruits sont peu estimés à cause des poils dont sont entourées leurs semences. Ces poils produisent une impression strès-désagréable sur les différentes parties de la bouche; ils s'attachent même aux lèvres, à la peau, etc., et y causent, ainsi que l’observe le professeur Pinel, un prurit insupportable : ce qui leur a fait donner le nom de gratte-cul. Toutefois, en associant ces baies au sucre, à différens aromates ou autres substances, les confiseurs en préparent des liqueurs ct des confitures d’un excellent goût.

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