‹ Flore médicaleChapitre 56 sur 82 · ÉGLANTIER. Â · texte numérisé non relu

ÉGLANTIER. Â

et charnu, contenant plusieurs semences osseuses ; hérissées et blanchâtres. — Ce rosier se rencontre fréquemment dans les buissons et les haies des contrées septentrionales de l’Europe. — Les fleurs de l’'églantier sont douées d’une odeur agréable, du genre de celle de la rose, quoique plus faible, et d’une saveur légèrement astringente. — Les fruits parvenus à leur maturité, sont d’un beau rouge de corail, offrent un parenchyme pulpeux, sucré, légèrement acide, et impriment, lorsqu'on les mâche, une couleur jaune à la salive.

La chimie n’a point encore fait connaître les matériaux immédiats

de cet arbrisseau. Toutefois l'impression plus ou moins apre et aus-

tère que presque toutes ses parties déterminent sur l'organe du goût , suffit pour y constater la présence d’un principe astringent, qui se

retrouve en plus ou moins grande abondance dans la nombreuse fa- P 8

mille des rosacées.

Quelque faibles que soient les qualités physiques de l’églantier, il a été fastueusement décoré de plusieurs propriétés médicinales, et quelquefois même de vertus tout-à-fait merveilleuses. C'est ainsi qu'on a gratuitement attribué à sa racine la propriété de guérir la rage. Ses fleurs ont joui de beaucoup de réputation contre les maladies des yeux. On a particulièrement recommandé ses fruits comme laxatifs, diurétiques, apéritifs, astringens , etc. Plusieurs auteurs ont préconisé leurs bons effets contre la diarrhée, la dysenterie et autres flux chroniques. On a également vanté avec exagération leur efficacité dans l’hydropisie, la néphrite et les calculs urinaires; mais, par malheur, loin de reposer sur des faits précis, toutes ces assertions ne se fondent , suivant la remarque de M. Chaumeton , que sur de ridicules signatures.

Si les baies d’églantier, improprement désignées dans les pharmacopées sous le nom de cynosbatos, de xuvos, chien, et Bæroc, buisson , peuvent exciter la sécrétion urinaire , à raison du principe acide qu’elles renferment, ne sait-on pas que cet effet est subordonné , d’une part, à la quantité de liquide qui sert de véhicule à ce faible médicament, et, de l’autre, aux conditions particulières dans les-

quelles se trouve le malade: ? L'action qu'on leur a supposée dans les

maladies calculeuses, peut-elle être raisonnablement ds de l’effet diurétique ? et leur influence dans ce cas, ainsi que la vertu de tous les prétendus lithontriptiques, est-elle autre chose que la fa-

Page 1