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EUPHORBE ÉPURGE.
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‘LATHYRIS MAJOR ; Bauhin, HivzË , lib. 7, sect. 6. TITHYMALUS LATIFOLIUS, CATAPUTIA dictus ; Touruelort, clas, 1, cam- 7 1 LR OÉRRQUE, TRUE paniformes.
EUPHORBIA LATHYRIS, wmbelld quadrifidä , dichotomä, foliis oppositis, integerrimis ; Linné, clas. 11, dodécandrie trigynie ; — Jussieu, el. 15, ord. 1, euphorbes.
Wakén] 1 25) My. GATAPUZZA.
Espagnol... ...... TARTAGO.
nes. EUPHORBE ÉPURGE; CATAPUCE.
7 tic r AR SPURGE.
Allemand. . ...... SPRINGKRAUT.
Hollandais. . ..... SPURGIE ; SPRINGKRUID.
Cer euphorbe, connue vulgairement sous le nom d'épurge, une des plus belles espèces parmi celles de l’Europe, est facile à distinguer par son port. Linné lui a conservé le nom spécifique de lathyris qu'elle porte dans Dioscorides. — Ses racines, à peine plus grosses que les tiges, sont droites , fusiformes, divisées latéralement en quelques rameaux alternes. — Ses tiges sont droites, cylindriques , trèslisses, d’un vert un peu rougeâtre, surtout vers leurs base, longues au moins de trois pieds, ramifiées à leur sommet. —- Les feuilles nombreuses, sessiles, disposées en croix sur quatre rangs, très-lisses, d'un vert bleuâtre, linéaires-lancéolées, obtuses, longues de quatre à cinq pouces, larges de six lignes. — Une ombelle à quatre rayons très-étalés, plusieurs fois bifurqués ; un involucre à quatre grandes folioles sessiles, ovales, lancéolées, un peu aiguës; les involucres partiels à deux folioles de même forme. — Les fleurs sont presque sessiles , solitaires, placées à l'extrémité et dans la bifurcation des rayons. Les quatre divisions externes du calice à deux cornes obtuses ; les filamens articulés vers leur milieu. — Les capsules sont trèsglabres, verdätres ou cendrées, assez grosses, à trois coques conniventes, renfermant des semences ovales, brunâtres, tronquées à leur sommet, marquées extérieurement de rides très-fines, réticulées.
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EUPHORBE ÉPURGE.
Cette plante croît en France, en Allemagne, dans les terrains sablonneux et boisés. On la rencontre aussi dans les lieux cultivés. D'abord douces ou insipides, et ensuite d’une saveur âcre, les semences d'épurge doivent cette âcreté à un principe vénéneux qui est renfermé dans leur embryon et dans leur partie corticale , mais dont leur périsperme est entièrement dépourvu. Dans l’état frais, presque toutes les parties de cette plante, lorsqu'on les coupe, laissent couler goutte à goutte, ou en larmes plus ou moins rapprochées, un
suc épais lactescent de nature, gommo-résineuse, ainsi que celui de *
toutes les euphorbiacées, et dont les propriétés corrosives résident essentiellement dans la partie résineuse.
Les propriétés médicinales de ce sue âcre sont analogues à celles de l'écorce et des feuilles de la plante d’où il provient. Comme elles, il irrite singulièrement la langue, et enflamme l’intérieur de la bouche. Appliqué à l'extérieur, il rougit la peau , y détermine des boutons, des ampoules, et souvent même une inflammation qui , dans quelques cas, s'étend au tissu cellulaire sous-jacent et aux parties voisines. [ntroduit dans l'appareil digestif, il agit d’une manière analogue sur l'estomac et les intestins, et détermine des vomissemens, des selles abondantes , la superpurgation, et souvent même différens accidens consécutifs qui dénotent l’activité virulente de cette plante. Mais écoutons à ce sujet M. Barbier, qu’on ne saurait trop citer quand il s’agit de la détermination des effets immédiats des médicamens. « Il est évident que les feuilles ou les fruits de l’épurge, administrés à l’intérieur, susciteront sur la membrane muqueuse de l'estomac et des intestins une irritation forte et profonde; l’action immédiate de ces substances sur l’estomac peut déterminer le vomissement; sur les intestins, elle donnera lieu à une sécrétion abondante de mucosités, à une exhalation considérable de sérosités : le foie, le pancréas, excités eux-mêmes par sympathie, fourniront une grande quantité de bile et de liqueur pancréatique. L’impression de l’épurge sur la sur-
face interne des intestins agira sur leur tunique musculeuse, excitera
sa contractilité, et rendra le mouvement péristaltique du canal intesüual plus rapide, ce qui donnera des évacuations fréquentes. Des contractions anomales auront lieu dans la masse intestinale, et des coliques violentes se feront sentir. L’irritation deviendra si vive sur
la membrane muqueuse, que l’exhalation qu'elle fournit acquerra
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une nature sanguinolente; souvent aussi les selles seront tellement copieuses , tellement répétées, qu’elles fatigueront l'individu , qu’elles épuiseront ses forces : on dit alors qu’il y a superpurgation. Enfin , si l’on prend une forte dose d’épurge, son action occasione un état de maladie, la fièvre, des convulsions, une entérite, une diarrhée rebelle, etc.; elle provoque une inflammation, une ulcération à la surface intestinale que l’on combat avec les saignées, les mucilagineux , les opiacés , en un mot avec les moyens que l’on emploie contre les empoisonnemens par des matières irritantes. »
Quelles que soient les assertions des auteurs en faveur des vertus de l’épurge, il est fort douteux que cette plante vénéneuse ait eu les succès qu’on lui a attribués contre l’hydropisie. L’utilité de son emploi dans la vérole constitutionnelle ne me paraît pas mieux démontrée. Il paraît qu'elle a été administrée quelquefois’ avec avantage comme topique dans le traitement de la teigne, contre l’odontalgie, et pour faire disparaître les verrues; on sait aussi que son suc est propre à déterminer l’évulsion des poils. Selon les vœux du sage Peyrilhe, il serait à désirer, à cause des accidens auxquels elle peut donner lieu par son äcreté extrême, qu'on ne l’employät qu’à des usages extérieurs.
Toutefois si, à l'exemple de certains médecins, on voulait administrer l’épurge comme vomitive ou purgative, 1l serait prudent de modérer son énergie , soit par la dessiccation , soit par une léoère torréfaction préalable. On peut la donner alors avec sûreté en substance à la dose d’un gramme (dix-huit grains) : sans cette précaution, il serait dangereux d’en porter la dose au delà d’un demi-gramme (environ dix grains). Dans quelques contrées de la France les paysans se purgent avec douze ou vingt fruits de cette euphorbiacée, mais souvent avec beaucoup trop de violence.
Peyrilhe rapporte que du pain a contracté la vertu purgative en cuisant dans un four chauffé avec cette plante, que l’on emploie quelquefois à cet usage dans les pays où elle croît en abondance.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est un peu plus petite que nature.) — 1. Racine, — 2. Fleur ouverte. — 3. Étamine grossie afin de faire voir l'articulation du filet. — 4. Fruit coupé horizontalement. — 5. Graine isolée, surmontée d’une caroncule pédonculée.
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