‹ Flore médicaleChapitre 63 sur 82 · PRET ACER · texte numérisé non relu

PRET ACER

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EUPHORBE PETITE EÉSULE.

le. TES ULLAROS HUTAPITTIXS.

TITHYMALUS CyPARISSIAS; Bauhin, IsvaË , Lib, 7, sect. 6; — Tourne fort, clas. 1, campaniformes.

EUPHORBIA CYPaRtssras, umbell@ multifidä, dichotoma , involucellis sub-

M tr cordatis, ramis sterilibus, foliis setaceis, caulinis lanceolatis ; Linné, clas. 11, dodécandrie trigynie; — Jussieu, clas. 15, ord. 1, euphorbes.

Re DL. . ESULA ; ESULA MINORE.

Espagnol... ... ESULA.

Francais. DNA. EUPHORBE PETITE ESULE ; EUPHORBE CYPARISSE, Lamarck.

ee 1... CYPRUS-SPURGE.

Allemand. ....... CYPRESSENEUPHORBIE, Ginelin ; CYPRESSEN-WOLFSMILCH.

Hollandais... ..... KLEINE sruRGE.

Tournerorr, et avant lui la plupart des anciens, avaient donné aux plantes que Linné a rangées parmi les ewphorbes, le nom de tthymales , nom sous lequel elles sont encore aujourd'hui connues vulgairement. Ce genre est très-nombreux en espèces, toutes remarquables par le suc propre laiteux, âcre et corrosif , qui découle abondamment de toutes leurs parties à la moindre piqüre. Ce genre est devenu le type de la famille des euphorbiacées ; il offre pour caractère essentiel : un calice à huit ou dix découpures profondes, dont quatre ou cinq sont droites ; quatre ou cinq autres alternes , très-ouvertes , plus extérieures, souvent dentées, colorées, de forme variable ; des étamines en nombre indéfini ; un ovaire supérieur , pédicellé, surmonté de trois styles bifides; une capsule à trois coques, à : trois loges monospermes, s’ouvrant intérieurement en deux valves.

L'espèce dont il s’agit dans ce premier article, connue sous le nom vulgaire de petite ésule (euphorbia cyparissias, Tin.), est commune en Europe sur le bord des bois, le long des chemins, aux lieux sablonneux. — Ses racines sont un peu grêles, presque simples ; elles produisent une tige rarement simple, droite, herbacée, longue de huit à dix pouces, hérissée d’aspérités occasionées par l’attache des feuilles tombées , quelquéfois poussant vers son sommet des ra-

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EUPHORBE PETITE ÉSULE.

meaux stériles, chargés de feuilles nombreuses, très - fines. — Les feuilles des tiges sont éparses, linéaires , très-étroites , sessiles, glabres, entières, très-rapprochées, d’un vert un peu foncé, longues d’un pouce et plus. — Les fleurs sont disposées en une ombelle à huit ou dix rayons bifides, longs d'environ un pouce, entourés à leur base de folicles linéaires en forme d’involucre : les involucres partiels ou les bractées presque en cœur, d’un vert jaunâtre, un peu aiguës : les quatre découpures extérieures du calice, petites, en demi-lune. — Le fruit consiste en une capsule à trois coques légèrement verruqueuses sur leurs angles ; les semences lisses, ovales, grisätres.

Cette espèce présente deux variétés, ou plutôt deux monstruosités très-remarquables. Dans l’une, piquée par un insecte, elle produitau sommet de ses rameaux un gros bouton rouge qui s’épanouit en partie, et forme une sorte de rose assez agréable, souvent d’un rouge vif. Dans l’autre, entièrement déformée, elle offre presque l'aspect d’un polypode, garnie sous les feuilles de petits points jaunâtres, en forme de coupe, très-souvent disposés sur deux rangs; c’est une petite plante parasite, décrite par M. Decandolle ( Flore française), sous le nom d'œcidium cyparissiæ. Schrank l'avait nommée /ycoperdon euphorbie.

La racine de cette espèce d’euphorbe n’a pas d’odeur sensible. Sa saveur est âcre, piquante, un peu nauséeuse. Celle des feuilles un peu styptique, mais sans amertume et sans âcreté, se rapproche du goût des amandes privées par expression de leur liquide émulsif. A l'exemple des autres tithymales, presque toutes les parties de cette plante contiennent un] suc lactiforme qui s’en écoule goutte à goutte lorsqu'on les coupe ou qu’on les déchire. Ce suc, à ma connaissance, n'a pas encore été exactement analysé par les chimistes. Toutefois il paraît être de nature gommo-résineuse, comme ‘celui de toutes les euphorbiacées , et , au rapport de M. Decandolle, son âcreté et. sa propriété purgative résident surtout dans la partie résineuse.

Non-seulement ce suc purge avec violence, il produit en outre linflammation et même des ulcérations profondes sur le canal intestinal. Appliqué sur la peau , il la rougit et y détermine la vésication et des ulcérations. Les mendians s’en servent quelquefois dans cette vue pour se procurer à volonté des ulcères sur différentes parties du

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corps. Haller a vu une ophthalmie suivie de cécité résulter de l'application de ce suc à la face externe des paupières. J'ai eu moi-même occasion d'observer un phymosis très-intense chez un jeune garçon que des conseils perfides avaient porté à s’en frotter le pénis. Murray rapporte qu’un jeune homme mourut misérablement d’une 1nflammation gangréneuse après s'être frotté le ventre avec ce suc caustique pour se soustraire au service militaire.

La racine d’ésule avalée, même en très-petite quantité, produit un sentiment d’âcreté brûlante au voile du palais, le long du pharyux, de l’æsophage, et jusque dans l’estomac. Elle excité de violens vomissemens; mais elle est surtout éminemment purgative : c'est même à sa vertu drastique et au fréquent usage que les habitans de la campagne en font sous ce rapport, qu'elle doit le nom de rhubarbe des paysans , sous lequel on la désigne en quelques contrées. Mais ses effets ne se bornent pas à exciter le vomissement et d'abondantes excrétions alvines , elle enflamme, corrode et ulcère la membrane muqueuse de l’estomac et de l’intestin. C'est ainsi qu’elle devient une arme meurtrière entre les mains des médicastres et de cette foule d'ignares et audacieux charlatans qui, au mépris des lois, et forts de l’incurie coupable des magistrats et de la haute protection de certains” puissans du jour, spéculent de toutes parts sur l’aveugle crédulité du peuple.

Malgré les propriétés médicinales qu’on a attribuées à cette plante contre l’hydropisie, contre les obstructions résultats des fièvres intermittentes, et contre les fièvres elles-mêmes lorsqu'elles sont rebelles, ses effets secondaires ont été trop incomplètement observés et sont par conséquent trop peu connus pour être mis au rang des vérités constatées. Dans l’odontalgie, on a quelquefois appliqué avec succès, comme révulsif, la racine d’ésule sur la partie de la gencive qui correspond à la dent douloureuse ; son suc jouit aussi d’une certaine réputation contre les verrues : mais les médecins prudens s’abstiennent de son usage intérieur à cause de sa causticité. Toutefois son âcreté peut être corrigée, soit en la faisant macérer pendant vingt-quatre heures dans le vinaigre ou toute autre liqueur acide, soit en la faisant dessécher selon le procédé de MM. Coste et Willemet. Dans cet état, on peut l’administrer comme drastique, en substance, d'un demigramme à un gramme (neuf à dix-huit grains); Geoffroy en porte

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même la dose de treize décigrammes (un scrupule ) à quatre grammes (un gros ). On a quelquefois administré les feuilles en décoction dans le lait, à la dose de huit grammes (deux gros). Les fruits, au nombre de dix à douze, purgent avec violence les sujets les plus robustes. La racine d’ésule fait partie de l'extrait panchymagogue de Rolfinck,

de lhydragogue de Renou, et des pilules d’ésule de Fernel : prépa-

rations dignes d’être ensevelies pour jamais dans la poussière des officines.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (Za plante est de grandeur naturelle.) — 1. Racines — 2. Fleur entière grossie. — 3. Un pétale détaché. — 4. Une étamine avant l’épanouissement de l’anthère. — 5. Une autre représentée après l’émission du pollen. — 6. Pistil composé d’un ovaire stipité, surmonté de trois styles à stigmate bifide.

(Cette espèce est polygame; des trois fleurs contenues dans chacune des collerettes bifides, une est simplement mâle.)

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