‹ Flore médicaleChapitre 78 sur 82 · ah at SnaumTepie, Dioscorides · texte numérisé non relu

ah at SnaumTepie, Dioscorides

FILIX RAMOSA MAJOR, pinnulis obtusis non dentatis ; Bauhin , Trsvaë, lib. ro, sect. 2 ; — Tournefort , clas. 16, apétales sans fleurs.

ti RARE PTERIS AQUILINA , frondibus supradecompositis, foliolis pinnatis, pin-

| nis lanceolatis, infimis pinnatifidis , superioribus minoribus ; Linné, clas. 24, cryptogamie, fougères ; — Jussieu , clas. x ;, ord. 5, fougères.

LITERIE FELCE FEMMINA.

Espagnol. . ...... HELECHO HEMBRA.

Frenpaiss. EN... FOUGÈRE FEMELLE.

aies. |... FEMALE FERN.

Pimand. ©. .”... .. FARRENKRAUTWEIBLEIN ; GEMEINER SAUMFARREN,

Hollandais... ..... VAREN WYFJE.

ÉD. 4 À. ORMBUNCRE.

CETTE fougère, si commune partout dans les bois, aux lieux stériles , n’est pas du même genre que la précédente. Elle appartient aux pferis, et se distingue par ses capsules réunies en lignes margivales non interrompues, recouvertes par un tégument qui s’ouvre de dedans en dehors, formé par le bord de la feuille replié en dessous. — Ses souches, en forme de racines , sont longues, traçantes, brunes ou roussâtres en dehors, remarquables lorsqu'on les coupe en travers , par deux lignes noirâtres qui se croisent, et représentent en quelque sorte laigle de l'Empire. — Les feuilles sont longues de deux à trois pieds et plus , droites, fort amples, au moins trois fois ailées ; les pinnules lancéolées, entières et allongées à leur extrémité; les folioles linéaires, obtuses ou à peine aiguës, glabres en dessus, un peu pubescentes en dessous. — La fructification est placée sur le bord interne de chaque foliole, en une ligne non interrompue de petits grains nombreux , confluens, roussâtres , presque tomenteux.

D'un brun noirâtre à l’extérieur et blanchätre intérieurement , la racine de fougère femelle est parsemée de taches brunes qui, lorqu’on la coupe trés-obliquement vers son origine nd représentent assez bien l’image d’un aigle à deux têtes. Elle exhale une odeur fade particulière. Sa saveur est très-visqueuse, un peu amère, légèrement styp-

44° Livraison, 1

FOUGÈRE FEMELLE

tique, et non point douceâtre comme celle du polypode. La quantité de mucilage visqueux qu’elle renferme est si considérable, que son suc acquiert facilement la consistance du miel par l'évaporation.

Cette racine contient, en outre , de l’acide gallique , du tannin, et fournit, comme celle de fougère me un extrait aqueux et un extrait résineux.

La réputation dont la racine de cette fougère a joui contre le ténia ne le cède en rien à celle du polypode : Haller, Alston, Andry, élèvent même sa vertu anthelmintique au dessus de celle de cette dernière, que la plupart des auteurs de matière médicale préfèrent néanmoins. On ne s'est pas borné à préconiser les succès de la racine du péeris aquilina contre les vers plats, on lui a prodigué les plus grands éloges contre les ascarides lombricoïdes. Elle a été, en outre, libéralement décorée de plusieurs autres vertus, également accordées au polypode, pour la guérison du rachitis, pour exciter lécoulement des règles, et provoquer l'expulsion du fœtus. Malheureusement l'expérience n’a point confirmé de semblables assertions. Bien plus, les effets anthelmintiques de cette racine sont encore à constater. Presque jamais en effet on ne l’a administrée seule, et l’on peut croire raisonnablement que laction purgative et vermifuge qu'on lui a accordée, n’est due qu'aux substances drastiques , salines ou résineuses qui lui sont constamment associées. L'identité des principes constituans de la racine de fougère femelle et celle de fougère mâle, l’analogie de leurs propriétés physiques et médicinales, ne permettent pas de supposer plus d'énergie à l’un qu’à l'autre. Bornons-nous donc à regarder la racine du pferis aquilina comme une substance médiocrement tonique et faiblement astringente, incapable par conséquent de produire les puissans effets anthelmintiques qu'on lui a trop légèrement attribués. D’après cela on peut apprécier à leur juste valeur ces secrets chèrement vendus, ces poudres, ces pilules, ces confections tant vantées, ou autres merveilleux spécifiques dont cette racine est la base, et que les charlatans de place, d’avides boutiquiers, et d’ignares médicastres débitent de toutes parts au peuple : à ce peuple malheureux et crédule que son ignorance et son aveuglement déplorable semblent condamner à être éternellement victime des rmposteurs qui le trompent avec impudence, et souvent avec permission |

FOUGÈRE FEMELLE

La racine de fougère femelle peut être administrée en poudre dans de l'eau, du miel ou du lait, de huit à deux grammes (deux à trois gros) : en décoction, on en porte la dose jusqu'à trente-deux et soixante-quatre grammes (une et deux onces), et même au delà.

Dans les contrées granitiques, dans les pays montueux et peu fertiles où cette fougère croit en abondance, sa racine sert d’aliment aux cochons pendant l'hiver : ils en sont très-avides, et savent trèsbien la trouver en fouissant la terre qui la recouvre. Séchée et moulue, on en fait, avec de la farine de seigle, un pain grossier , mais précieux dans des temps de disette. Dans les campagnes, elle sert souvent de litière aux bestiaux. On l’emploie comme combustible en plusieurs contrées. Ses cendres, abondantes en carbonate de potasse, sont employées dans les verreries pour favoriser la fusion du silex et du sable quartzeux. Dans plusieurs de nos provinces, l'Auvergne, les Cévennes , le Limousin, la Bretagne, etc., le charbon qu’on retire de cette plante sert à fertiliser les champs. Pour cela, on coupe les fougères pendant les chaleurs de l'été; quand elles sont sèches, on les transporte sur les terres labourées, où on les étend en couches plus ou moins épaisses ; ensuite on y met le feu après le coucher du soleil : ce qui fait paraître souvent, dans les pays où cette pratique est en usage, de vastes contrées comme embrasées pendant la nuit.

EXPLICATION DE LA PLANCHE, ( La plante est de grandeur naturelle.) — 1. Portion de feuille vue du côté de la fructification. — 2, Troncon dans la coupe duquel on voit le simulacre d’un aigle à deux têtes. — 3. Foliole grandie. — 4. Capsule. — 5. La même telle qu’elle s’ouvre pour laisser échapper les séminules.

R bo re MA pes d ‘aueig coll - Len dvet eut ri Xuob 5° HE 4h esta us Le, ne UFR robe À "pe PAT PIE # o$ La ou té laoti jo! üe HOT F4 D AMI usb ride ur | Mens 2 3 6 39 giffont AYNIG ‘2 deu ÉnIp ire S a CR

tr titre 4 à sont de ootéhaode HS Mot aguot > Mol #: ot Fu re softs nos motelt: Amenti Te (LL

F sl r

j ds | nr: « l LÉ r: e à VE Un ste airérdftro eus sol ré Her. shit af, 1e

à | : di 12 +4 11 H ME: T1 + (rh ‘ YU ; 40€ NI FX Æ a, ! c4 1e TU at x 140

ve

a lg:

+: D4 Dr at TOUR. pat ca CE et a

SL ' ta Ée Fee PO LEE IA AINIQS, QNS

f: | | M AE s 5 11) Î HHALEMIA ji PA A ALÉ

7 RATE | MTRUXÉ CREAUR ON CHOLET SL Pa 71 ; x A L à Mt

j rl : ture tro

DR ’ / PRIE | do aps

#. 5 1 ; à Lan

#3 ‘ | : 4 Se

SL. ÿ j br 11 Er | og ects to te up | À dés Et 44 NS EVER , t \à cr scrutôo s ru sohn 4 Li 1 « LA DATE : à. 1-4 ; L1 yet LA (1 j LA 1 À : : i : $ 1 \ 3 i}; mar {l i f « 4 } ) E ‘ia

fi LME LAN res 10100) )

Laniberl J° werdp FRAISIER.

CANAN

FRAISIER

rare 28 LME Dpæyouu, Myrepsus.

FRAGARIA VULGARIS; Bauhin, IivaË , lib. 7, sect. 6; — Tournefort, -- .. . : clas. 6, rosacées.

FRAGARIA VESCA, flagellis reptantibus ; Linné, clas. 12 , isocandrie po-

lygynie; — Jussieu, clas. 14, ord. 10, rosacées.

ne 0. Le: FRAGARIA.

Espagnol..,...... FREsA.

Phare. ss: use FRAISIER, . . . : STRAWBERR Y.

Allemand......... ERDBEERKRAUT.

Hollandais. ...... AARDBEZIEN-KRUID ; AARDBEZIESTAM. Suédois. . . . .. ,.. JORDGUBBAR ; SMULTRON.

PR 7... . POZIEMKA.

LE fraisier est une plante humble et rampante qui végète parmi les mousses, sur les coteaux boisés, qu'on regarderait à peine sans le parfum délicieux de ses fruits, qu’elle produit dans toute leur perfection sans le secours de l’art, et qu’elle met à notre disposition, sans que la main qui veut les cueïllir’soit arrêtée par le droit exclusif de propriété. Il est étonnant que le fraisier ne soit cité ni par les botanistes des premiers siècles, ni par les anciens agriculteurs : Pline ne fait que le nommer ; les poètes n’en parlent que comme d’un fruit champêtre : nous avons depuis amplement réparé cet oubli injurieux. Ses fruits font les honneurs des meilleures tables , et les délices des repas champêtres.

Malgré les nombreuses variétés obtenues par la culture, le fraisier des bois est presque la seule espèce de son genre, très-voisin des potentilles ; il n’en diffère essentiellement que par le réceptacle de ses semences, qui s'agrandit après la floraison, et devient pulpeux, succulent, coloré et caduc. Son calice est ouvert, à dix découpures, cinq alternes plus petites; la corolle à cinq pétales; un grand nombre d’étamines insérées sur le calice ; des styles nombreux. — Ses racines sont noirâtres et fibreuses ; elles produisent des rejets

45e Livraison. T°

FRAISIER

ou coulans qui rampent sur terre et poussent de nouvelles racines. — De chaque nœud enraciné sortent des tiges grèêles, velues , et des feuilles longuement pétiolées, composées de trois folioles ovales, presque soyeuses en dessous, profondément dentées. — Les fleurs sont blanches, pédonculées , terminales ; les pétales arrondis; le fruit est une sorte de baie pulpeuse. ;

Le fraisier est inodore; sa racine est légèrement styptique dans ‘état frais, et devient un peu amère par la dessiccation. Les feuilles ont un goût herbacé légèrement austère. Les fruits, remarquables par leur forme globuleuse, leur belle couleur rouge, leur odeur fragrante très-suave, et par une saveur aromatique, douce, acidulée, extrêmement agréable, flattent à la fois, selon l'expression de M. Chaumeton, la vue, le goût et l’odorat. Cette odeur suave des fraises est cependant nuisible à certaines personnes : mais il en est de ce phénomène particulier comme des éruptions variées, de diverses inflammations locales et de certaines fièvres passagères que ce fruit délicieux produit dans quelques cas rares ; accidens insolites qu'il faut attribuer à l’idiosyncrasie de quelques sujets, et dont on ne doit point accuser un fruit éminemment salubre.

La chimie ne s’est point encore convenablement occupée de l’analyse du fraisier. Ses racines et ses feuilles contiennent cependant du tannin, dont la présence est indiquée par la couleur noire que le sulfate de fer détermine dans leur décoction. Quant aux fraises, le plus simple examen suffit pour y constater la présence d’un principe aromatique qui passe avec l’eau distillée, d’une grande quantité de sucre et de mucilage, et d’un peu d’acide.

Les racines et les feuilles de cette plante ont été préconisées comme apéritives, diurétiques, désobstruantes , etc. D’après l’idée vague qu'on attachait à ces expressions, on s’en est long-temps servi dans la jaunisse, contre les maladies des voies urinaires, et pour combattre les obstructions. Au rapport de Spielitiant, Nebel a fait usage des feuilles pilées dans le traitement des ulcères. Toutefois, la propriété astringente d’où dérivent toutes les vertus dont on a décoré le fraisier, est trop peu développée dans cette rosacée, pour

+. , e . e e ÿ° " C’est à ce suave parfum qu’est due la dénomination du fraisier, qui se nommait autrefois fragier, tandis que le fruit s'appelait frage : fragranti fructus odore.

FRAISIER

qu'on puisse la préférer à une foule de plantes de la même famille, beaucoup plus énergiques , etheaucoup plus propres , par consequent, à produire la médication tonique avec astriction.

Quoique d’un caractère entièrement opposé, les qualités des baies du fraisier sont bien plus prononcées et bien plus utiles. Leur pulpe mucilagineuse, acide et sucrée, dissoute dans l’eau , forme une boisson parfumée, adoucissante, relächante, tempérante, laxative; elle nourrit légèrement, apaise la soif, et convient dans presque toutes les maladies aiguës et dans un grand nombre de maladies chroniques. Cette boisson est recommandable surtout dans les fièvres inflammatoires, bilieuses et putrides, dans les embarras gastriques, dans le premier temps des catarrhes , dans les phlegmasies des viscères, et dans les exanthèmes aigus. Elle jouit d'une réputation méritée dans les maladies de l'appareil urinaire, telles que la néphriteet la blennorrhagie. Elle n’est pas moins avantageuse dans les dartres , la phihisie pulmonaire, et autres affections pathologiques accompagnées de chaleur, de soif, de sécheresse à la peau et de fréquence du pouls.

Comme substance alimentaire, les fraises constituent un des alimens médicamenteux les plus utiles. Prises en grande quantité et pendant long-temps, elles sont susceptibles de produire, dans certaines maladies graves et rebelles, les changemens les plus favorables et les plus inattendus. Elles ont souvent guéri des affections qui avaient résisté à tous les moyens illusoires de la pharmacie. Schulz a vu chez plusieurs sujets la fièvre hectique disparaître par leur usage. Van Swiéten atteste que la manie furieuse a souvent cédé à leur emploi alimentaire long-temps continué. Les observations de Gessner, confirmées par celles de Lôbb, prouvent également que l'usage des fraises a été singulièrement utile à des calculeux. Plusieurs goutteux en ont faitlong-temps avec succèsleur principale nourriture, et lillustre Linné parvint à se garantir des attaques douloureuses de l’arthritis par ce moyen. Hoffmann attribue même à l’ample usage des fraises la guérison de plusieurs phthisies pulmonaires qui, selon la remarque de M. Chaumeton , n'étaient probablement que des catarrhes bronchiques accompagnés de fièvre hectique. Que d'avantages ne retirerait-on pas de ces fruits dans le traitement du scorbut!

Toutefois en payant aux baies du fraisier le juste tribut d’éloges

FRAISTER.

qu’elles méritent, doit-on leur accorder la faculté de dissoudre les concrétions tophacées qui se forment, chez certains goutteux , autour des articulations? De ce que Lobb a vu des pierres extraites de la vessie se ramollir et diminuer de poids par une longue macération dans le suc de fraises, doit-on en conclure que ces fruits analeptiques et rafraîchissans sont doués de la vertu lithontriptique ? Sans doute l’impression relâchante qu'elles exercent sur nos organes les rend propres à calmer la douleur que détermine la présence d’un calcul. En faisant cesser le spasme des uretères et du col de la vessie qui accompagne souvent la lithiasis, nul doute qu’elles ne puissent favoriser dans quelques cas l’expulsion des graviers d'acide urique qui se forment dans les reins; elles peuvent enfin, en augmentant la sécrétion de l’urine, prévenir la formation de ces calculs : maïs ontelles la propriété de les dissoudre ? C’est ce à quoi on peut répondre négativement.

Soit qu'on mange les fraises telles qu’elles se présentent dans la nature, soit qu on les associe au sucre, avec un peu d’eau, de crême ou de vin, elles forment un aliment aussi agréable que salubre. Toutefois, un tempérament éminemment lymphatique, une puissance digestive très-affaiblie, une température froide et humide, pourraient les rendre accidentellement peu salutaires, ou même en contre-indiquer l'emploi. La mollesse de leur pulpe ne permet pas de les conserver long-temps; elles passent rapidement à la fermentation vineuse, et ensuite à la fermentation acéteuse. Elles peuvent servir à la fabrication du vin et de l’alcool.

On emploie quelquefois les jeunes feuilles du fraisier en infusion théiforme. Les feuilles, ainsi que les racines, soit fraîches, soit sèches, entrent dans la composition d’un grand nombre de bouillons et d’apozèmes décorés du titre d’apéritifs. Les fraises elles-mêmes fournissent à la pharmacie une eau distillée aromatique qui a été souvent employée dans des gargarismes etautres médicamens liquides. On en prépare un sirop très-agréable, des glaces délicieusés et des sorbets d’excellent soût.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de grandeur naiurelle.) — 1. Coupe verticale d’une fleur. — 2. Pistil isolé. — 3. Fruit coupé dans sa longueur. — 4. Graine dé-

tachée, grossie.

T'uroin 72) NDudots à feu p

FRAMBOISIER

/ es Li

Page 1