FIGUIER
rissait exclusivement. Cependant les figues cèdent leurs principes nutritifs avec beaucoup plus de facilité lorsqu'elles sont fraiches que lorsqu'elles ont été desséchées. Dans cet état , leur parenchyme devient dur et coriace, elles fatiguent l'intestin, et deviennent même parfois laxatives.
De nos jours on fait un grand usage des figues en Provence, en Languedoc, en Espagne, en Italie , en Sicile, en Grèce, etc. On les dessèche dans ces différentes contrées en les exposant sur des claies, soit aux rayons du soleil, soit à la chaleur du four ou d’une étuve, et de là on les expédie dans les pays septentrionaux , "où le climat ne permet pas au figuier de croître. Lorsqu'’elles sont trop anciennes, leur principe saccharin se sépare du mucilage auquel il était uni; il se concrète à la surface de la figue, et le parenchyme qui en est aussi privé, prend une saveur désagréable, et ne tarde pas à se corrompre. Ces fruits sont susceptibles d’éprouver la fermentation vineuse , et l’on pourrait en retirer de l'alcool. |
Le suc du figuier peut servir à coaguler le lait; il entre dans la composition de plusieurs encres sympathiques. Lorsqu'on s’en sert pour écrire sur du papier, les caractères s’effacent instantanément, mais ils reparaissent dès que l’on expose le papier sur lequel ils sont tracés à l’action du feu.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — 1. Coupe longitudinale d’un fruit ou involucre piriforme. — 2. Fleur mâle. — 3. Fleur femelle. — 4. Fruit. — 5. Le même coupé dans sa longueur.
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Turpin P
FOUGERE-MA\ALE,
Lambert T° veulo o
FOUGÈRE MALE
RE -.. . . . ærepie, Dioscorides.
FILIX NON RAMOSA, DENTATA; Bauhin, IuvæË, lib. ro, sect. 2; — E 4 Tournefort, clas. 16 , 'apétales sans fleurs.
Latin... ........ POLYPODIUM FILIX MAS, frondibus bipinnatis, pinnis obtusis, crenulatis, stipite paleaceo ; Linné, clas. 24, cryptogamie , fougères ; — Jussieu, clas. 1, ord. 5 , fougères.
FELCE MASCHIO,
Espagnol... ...... HELECHO MACRO.
Français... ...... FOUGÈRE MALE.
As (T.. MALE FERN; MALE POLYPODY.
EL. -. . . . à FARNKRAUT.
Hollandais. . . .... vaREeN-KRuI».
Sidlons. ). 4 he TRÆJON.
Les fougères se distinguent des autres végétaux par un grand nombre de caractères qui les rendent faciles à reconnaitre; leur tige est! une souche souvent souterraine semblable à une racine, d’où partent des feuilles roulées en crosse à leur uaissance : elles n’ont ni fleurs ni fruits proprement dits, mais elles portent sur le dos de leurs feuilles de très-petites capsules groupées plusieurs ensemble de diverses manières, souvent munies d’un anneau élastique qui facilite leur ouverture , et d’où s’échappent des semences pulvérulentes, de formes variables. On les a distribuées en plusieurs genres.
L'espèce dont il est ici question, placée d’abord parmi les polypodes, appartient aujourd’hui aux aspidium , dont le caractère générique consiste dans des capsules réunies en groupes arrondis, éparses sur le dos des feuilles , recouvertes par un tégument qui se fend longitudinalement par un seul ou par ses deux côtés.
- La fougère mâle a pour tige une souche ligneuse, rampante, d'un brun foncé en dehors, garnie d’écailles fines et membraneuses. — Les feuilles sont amples, vertes, lisses, deux fois ailées, longues d’un à deux pieds, placées sur un pétiole muni dans sa longueur d'écailles roussätres , caduques; les pinnules alternes, lancéolées , ai-
gués ; les folioles nombreuses, à peine confluentes à leur base, li- 44e Livraison, É va
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néares , obtuses , dentées à leurs bords. — Les capsules sont réunies en paquets réniformes, très-rapprochés, disposées sur deux rangs au dos des folioles.
Cette plante croît dans les bois, aux lieux stériles et incultes.
La racine de fougère mâle est d’une couleur brune fauve à l’extérieur, et d’un blanc jaunâtre intérieurement. Son odeur, quoique très-faible, est un peu nauséeuse. Sa saveur présente d’abord quelque chose de styptique; mais quand on la mâche, elle est douceâtre , un peu aromatique et légèrement amère. En vieillissant dans les boutiques , elle perd presque toutes ses qualités physiques, et avec elles une grande partie de ses propriétés médicinales. L'extrait aqueux qu'on en retire a la saveur douce-amère et lésèrement astringente de la racine elle-même : son extrait alcoolique, beaucoup moins abondant que le précédent, est aussi beaucoup plus amer. Du reste, elle renferme, comme les racines de presque toutes les fougères, une petite quantité de mucilage, de l'acide gallique et du tannin.
Les matériaux immédiats de cette racine donnent raison de l’impression tonique et légèrement astringente qu’elle exerce sur nos organes. Mais cette impression est-elle assez énergique pour donner au polypode la faculté d’activer la sécrétion du lait, de rappeler l’écoulement des règles, et de provoquer l'avortement? suffit-elle pour décorer cette plante de la vertu qui lui a été gratuitement attribuée contre la goutte, le rachitis, le scorbut, la mélancolie, les obstructions et les vieux ulcères? Les propriétés médicinales de cette fougère, enfin , sont-elles assez développées pour justifier les éloges fastueux qui lui ont été prodigués depuis des siècles comme vermifuge? Galien, Avicenne, Pline, Dioscorides parlent de la racine du polypode comme d’un anthelmintique tout -puissant; et les assertions de ces auteurs anciens, admises sans examen, consacrées par le temps, et amplifiées même par les modernes, semblent établir les propriétés vermifuges de la racine de fougère mäle sur les faits les plus authentiques. Sim. Pauli, Fréd. Hoffmann, Nic. Andry, Marchant et beaucoup d’autres observateurs assurent avoir administré cette racine avec succès, soit contre les ténias , soit contre les lombrics. Toutefois, au lieu d’avoir été administrée seule, cette substance a été presque toujours associée aux purgatifs résineux les plus actifs, et par conséquent les plus propres à produire par eux-
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mêmes les effets vermifuge et purgatif que l’on a bénévolement attribués au polypode. Or, il est évident que pour déterminer avec précision les véritables propriétés curatives de cette cryptogame, il eût fallu Padministrer isolément, ainsi que le remarque très-judicieusement l'illustre Murray. Mais cette manière simple et rationnelle d'employer les substances médicamenteuses , que tous les bons esprits reconnaissent comme le seul et unique moyen de parvenir à des notions précises sur l’action des remèdes, et de faire faire des progrès réels à la thérapeutique, n’a été suivie que par un petit nombre d'hommes supérieurs. La tourbe médicale sans cesse dominée par une dangereuse et déplorable pharmacomanie, a toujours associé cette racine aux drastiques les plus violens : la cupidité et le charlatanisme se sont emparés de ces mélanges plus ou moins fastidieux , et de là sont nés cette multitude de recettes vantées, d’arcanes toutpuissans , et de merveilleux spécifiques contre les vers, depuis le remède de l'Allemand Herrenschwand jusqu’à celui de la veuve du chirurgien suisse Nuffer. Ce dernier remède , acheté dix-huit mille franes, en 1779, par le ministère français, se compose de trois drachmes de poudre de racine de fougère mâle, par dessus lesquelles on fait avaler au malade un mélange de calomel , douze grains; de scammonée, douze à quinze grains ; de gomme gutte’, cinq à huit grains ; et parfois on administrait encore par dessus toutes ces drogues une certaine quantité de sulfate de magnésie. Or, je le demande, comment distinguer dans l’action d’un drastique aussi puissant ce qui appartient au polypode , et ce qui est l'effet du sel et des autres purgatifs ? Quelques ob: servations de Wendt, rapportées par Gmelin, semblent attester, il est vrai, que cette racine, administrée seule à la dose de deux ou trois gros, a expulsé de longs fragmens de ténias chez différens individus. Mais d'autres observateurs , non moins recommandables, parmi lesquels on pourrait citer M. Albert, n’en ont point obtenu les mêmes avantages ; et lorsqu'un des plus zélés partisans de ce vermifuge, Andry, convient que cette racine tue les vers, mais qu’elle ne suffit pas pour les expulser, n’est-ce pas avouer tacitement que ses propriétés anthelmintiques sont illusoires ? Concluons donc, avec M. Guersent, « que si l’on veut observer sans prévention la manière d'agir de la plupart des fougères seules, soit en poudre, soit en décoction, on sera convaincu qu'elles ne déterminent d'autre médication que celle
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des astringens et des toniques : le quinquina, par exemple, est un spécifique bien plus puissant contre les vers que toutes les fougères connues. » | |
La racine de fougère mâle se donne en substance, sous forme pulvérulente, dans du vin, de l’eau ou du lait, ou incorporée avec le miel, de quatre à douze grammes (un à trois gros), et en décoction, à la dose de seize à trente-deux grammes (demi à une once).
On mange quelquefois les jeunes pousses de cette cryptogame, en suise d’asperges. Au rapport de Gessner, les feuilles desséchées servent de fourrage aux bestiaux pendant les longs hivers qui règnent dans les parties septentrionales de l’Europe. On s’en sert aussi pour faire des coussins et des matelas beaucoup plus sains que ceux qui sont faits avec la plume , et que Van Swiéten recommande surtout
aux rachitiques. Cette plante contient beaucoup d’alcali végétal,
ce qui fait que ses cendres sont recherchées par les blanchisseurs pour les lessives. On l’emploie aussi dans quelques pays pour brüler, et pour chauffer le four.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. — r. Plante entière, réduite. — 2. Portion de feuille, de grandeur naturelle. — 3. Portion de pinnule sur laquelle on a représenté un involucre rémiforme échancré (irdusium ), autour duquel on voit un grand nombre de capsules (sori) qui sortent de dessous. Cette figure est très-grossie. — 4. Capsule (conceptacle ; Mirbel) isolée, grossie. — 5. La même laissant échapper ses séminules, lorsque l’anneau élastique, articulé, se rompi.
TiopinP. La ZLamberC TS veto
L'OUGEPIE-FIMELLE,
CLX VIIT.
FOUGÈRE FEMELLE