RE . CITRON-TREE
Allemand... ..... ZITRONENBAUM.
Hollandais. . . .... CITROENBOOM ; LIMOENBOOM, a CITRON.
Polonais... ...... CYTRYNA.…
Les botanistes ont placé avec raison dans le même genre, comme espèces très-voisines, le citronnier et l’oranger , le premier n’étant distingué du second que par la forme de son fruit plus allongé, un peu ovale, terminé par une protubérance plus on moins saillante, par une saveur différente, par ses feuilles plus aiguës et dont le pétiole est bien plus ailé : dans l’un et l’autre les fleurs offrent un calice à cmgq divisions; cinq pétales; environ vingt étamines, dont les filamens comprimés sont réunis à leur base en plusieurs faisceaux ; un ovaire supérieur, surmonté d’un style et d’un stigmate en tête; une baie partagée dans sa longueur en plusieurs cloisons membraneuses , entourée d’une écorce épaisse, glanduleuse, contenant des pepins cartilagineux.
Le citronnier ne parvient dans nos jardins qu’à une hauteur médiocre.: dans l’état sauvage son tronc s'élève quelquefois jusqu’à soixante pieds, et ses branches sont hérissées d’épines. — Les racines sont blanches en dedans, couvertes en dehors d’une écorce jaunâtre, fortes et ramifiées, — Son tronc est droit, revêtu d’une écorce d’un vert pâle; son bois, blanc et dur : il se divise en rameaux nombreux, étalés, avec ou sans épines. — Les feuilles alternes pétiolées, luisantes, coriaces, d’une belle couleur verte, ovales, lancéolées, aiguës, entières, où un peu denticulées à leur contour : leur pétiole
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CITRONNIER. à
court, point ou presque point ailé. — Les fleurs sont blanches, odorantes, réunies en bouquets vers l’extrémité des rameaux; leur
calice court, épais, à cinq dents obtuses; les pétales allongés, pres-
que elliptiques, les filamens droits, en alène ; les anthères allongées; le style épais, de la longueur des étamines;le stigmate globuleux. — Le fruit est une baie un peu allongée, recouverte d’une écorce épaisse, ridée, raboteuse, d'un jaune pâle, chargée de vésicules, d’où s'échappe une huile essentielle ; elle est connue sous le nom de zeste de citron.
Le citronnier paraît être originaire de la Médie et de lAssyrie, et a été connu des anciens : il est même à présumer que les fruits qu'ils nommaient mala aurea se rapportent plus au citronnier qu’à l’oranger, ce dernier n'ayant été découvert que dans des temps postérieurs. (/’0yez ORANGER.)
De nombreuses variétés ont été produites par la culture de cet arbre précieux. Les principales sont connues sous les noms de &mon, de bergamotte , de cedrat, et se distinguent par leur forme, leur odeur, leur saveur, et quelquefois aussi par leur or et: {la figure des feuilles. |
Le citron a une belle couleur jaune pâle, une odeur suave et fra- -grante. La saveur de son écorce est chaude, aromatique, très-amère. Son suc est au contraire d'une acidité très-piquante et très-agréable. Ses semences, caractérisées par des propriétés physiques encore différentes, sont âcres, et d’une amertume qui a quelques PARIS avec celle de Lo prussique.
Les propriétés médicinales des différentes parties de ce fruit acide ne varient pas moins que leurs propriétés physiques. L’écorce, par son amertume prononcée, et par l’huile essentielle que renferment les nombreux points saillans dont elle est extérieurement parsemée, est tonique, stomachique, carminative. On peut l’employer avec avantage dans l’atonie du canal intestinal et de l’estomac, pour faciliter la digestion, pour favoriser l’expulsion des vents. On s’en sert comme d’un excellent masticatoire dans la puanteur de l’halëine, dans le relâchement des gencives. Son infusion chaude peut être utile dans les affections catarrhales anciennes , dans les flueurs blanches et dans la chlorose, et constitue une boisson avantageusé dans les affections nerveuses, dans les fièvres putrides. Enfin, elle à été
Là
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quelquefois administrée en infusion chaude, comme sudorifique, et en poudre, contre les vers.
L’acidité franche, agréable et très-prononcée du suc de citron , le rend en général pr éférablé : à tous les autres acides végétaux pour calmer la soif, et pour former , par son association avec l’eau, le sucre et autres substances, une boisson rafraichissante, délayante, diurétique, etc., etc, qui est aussi agréable que salutaire à la plupart des malades. Nous ne pouvons qu’applaudir ici à l'usage presque universel qu’on en fait dans presque tous les besoins de la vie. Mais si son usage modéré donne de l’activité au système digestif et excite l'appétit , nous remarquerons, avec lillustre Fourcroy, que son abus a l'inconvénient d’épuiser rapidement les forces de l'estomac ct d’altérer les fonctions digestives.
Les fièvres aiguës ne sont pas les seules maladies dans lesquelles le suc de citron ait été employé avec succès. Il est d’une grande efficacité dans les cas d’empoisonnement par les narcotiques et par les substances âcres et vénéneuses, comme la ciguë, la pomme épineuse, etc. On l’oppose avec avantage aux embarras des premières voies de caractère bilieux ; il fait disparaître les nausées, les dégoüts; des vomissemens bilieux ont souvent cédé à son usage; il a été adninistré avec succès contre l’ictère, contre les calculs biliaires et autres, maladies du foie. Au rapport de Michaelis, il a quelquefois apaisé les coliques bilieuses. Whytt a vu des palpitations nerveuses, rebelles à tous les autres moyens, céder comme par enchantement à quelques cuillerées de ce suc. Fernel le met au rang des lithontriptiques ; et quoique , selon nous, cette propriété soit plus que douteuse , on ne peut s'empêcher de lui reconnaître une action prononcée sur les reins, et la faculté d'augmenter la sécrétion de l'urine. Il peut également provoquer la sueur, lorsque le corps est soumis à une douce température. Le docteur Albarracin, médecin de Grenade, a tiré parti de cette dernière propriété du suc de citron, pour traiter , avec succès, la maladie vénérienne sous le ciel brûlant du midi de l'Espagne sans autre secours. Le suc de citron est surtout recommandable par ses bons effets dans le scorbut. On l’emploie avec un égal succès dans les fièvres ardentes, bilieuses, putrides, malignes , dans le typhus, dans la fièvre-jaune et dans la peste du Levant, On lui a même abusivement attribué la vertu de prévenir
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la contagion de ces dernières maladies, et c’est dans cette vue que les Égyptiens, les Grecs et autres peuples méridionaux ont coutume , dans les temps d’épidémies, de porter sur eux un citron entouré de clous de gérofle, avec l’attention de le flairer souvent et de le mâcher de temps en temps. Le suc de citron peut être également utile en boisson dans les douleurs néphrétiques, et dans les inflammations de la plupart des organes de la tête et de l'abdomen: Mais, comme l'impression des acides excite ordinairement la toux, on “doit s’en abstenir dans la pleurésie, la pneumonie ét autres phlegmasies du poumon, de la glotte et de la trachée. Selon Fourcroy, on emploie encore le suc de citron, pour guérir les aphtes et les petits ulcères de l’intérieur de la bouche , des lèvres, du palais, des amygdales, lorsqu'il est nécessaire de borner les effets de l’éruption aphteuse. — La manière la plus ordinaire d'employer le suc de citron à lintérieur est de l’étendre d’une certaine quantité d’eau et de l'adoucir avec le sucre. Cette préparation, que l’on connaît sous le nom de {monade, peut être faite de plusieurs manières différentes. La plus simple, et souvent la meilleure, consiste à exprimer un citron coupé par le milieu , dans l’eau, jusqu'à ce que celle-ci ait pris le degré d’acrdité
qu'on désire; on l’aromatise avec du sucre qu’on a frotté sur son
écorce et qui s’est chargé de son huile volatile. En laissant tremper dans l’eau les tranches du citron muni de son écorce, on fait une limonade un peu amère, qui peut avoir quelquefois son avantage. On diminue la force et l'acidité de ce suc en le faisant bouillir dans l'eau pour préparer ce qu'on nomme une limonade cuite. Ces divers procédés sont à peu près indifférens dans la plupart des cas ; cependant le premier est préférable dans les maladies inflammatoires, dans les affections bilieuses , aiguës et calculeuses ; le second convient mieux chez les personnes qui ont l’estomac faible, qui digèrent mal,
ainsi que dans les fièvres muqueuses, putrides, malignes, dans les
affections nerveuses, etc. — Le suc de citron n’est pas d’un! usage moins utile dans les différens besoins de la vie, que dans le traitement des maladies. C’est un assaisonnement des plus sains et des plus agréables de la plupart de nos alimens. Il entre comme condiment dans presque toutes les sauces et dans beaucoup de mets dont il relève le goût. En Grèce, en Italie, en Espagne et autres contrées méridionales, on l’associe constamment à toutes les viandes rôties,
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à tous les ragoûts, aù poisson, au gibier dont il rend la saveur plus agréable. En l’associant en diverses proportions au sucre, au vin, à l'eau-de-vie, les limonadiers en préparent des limonades, du punch, des sorbets, äé glaces. Les confiseurs le mêlent au sucre et en font des sirops, dés conserves , divers genres de confitures, et des espèces de candis secs ou des ebiéttés aciduüles, propres à étribé la soif quand on les laisse fondre dans la bouche.
Dans l’art de la toilette, le suc de citron est employé à l'extérieur pour nettoyer la peau, et enlever les corps étrangers qui ternissent son éclat. Mais Fourcroy remarque avec raison que si l’on s’en sert pour faire disparaitre les boutons du visage ou autres éruptions cutanées, on s'expose à tous les accidens qui résultent de Paction des répercussifs. Il n’est pas moins dangereux de s’en servir pour nettoyer les dents, puisqu'en dissolvant le phosphate calcaire de l'émail, il les ramollit . les corrode, les déchausse et finit par les faire tomber.
L’écorce de citron , soit fraîche, soit sèche, est employée sous le nom de zeste à une foule d’usages pharmaceutiques , soit en poudre soit en infusion. On en prépare une teinture alcoolique qui, à la dose de quelques gouttes, est tonique et très-excitante, et qu’on administre comme telle, soit seule, avec du sucre; soit associée à des potions excitantes , à des juleps cordiaux , et qu'on fait souvent entrer dans des électuaires du même genre. On en fait aussi un sirop amer ct aromatique, d’un usage très-commode.
L'huile volatile de l'écorce de citron, dont plusieurs villes d'Italie font un grand commerce, s'obtient soit par des moyens mécaniques , soil par la distillation. Dans le premier cas elle est plus aromatique, plus agréable, mais se conserve moins long-temps : on s’en sert fréquemment dans les pharmacies pour aromatiser certaines potions d’une odeur désagréable ou d’un goût repoussant. Cette huile volatile , mêlée avec le sucre, forme instantanément un o/eo-saccharum , que l’on emploie avec avantage pour aromatiser les tisanes, les potions et autres médicamens. On peut même se procurer soi-même à chaque instant cet o/eo-saccharum, en frottant l'écorce du citron avec du sucre. Cette huile essentielle est la base des différentes espèces de liqueurs en usage à la fin des repas, et plus agréables que salutaires. — Le citron entier est employé par les confiseurs pour faire diverses confitures d’un excellent goût. En Allemagne on le fait
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macérer pendant un certain temps dans la saumure à la manière des olives, et on le conserve ainsi dans les ménages comme condiment. Les tranches de citron appliquées sur les lèvres ou sucées calment parfaitement la soif, et sont, sous ce rapport, d’une grande utilité dans les maladies où il est dangereux de laisser boire les malades. — L’acide citrique, quoique en très-grande quantité dans le suc de citron , n'appartient pas exclusivement à ce fruit, ainsi que semblerait l'indiquer son nom. On le trouve dans un grand nombre“de substances végétales : néanmoins, comme il réunit à un haut degré toutes les propriétés du suc de citron , on peut l’employer aux mêmes usages. Par sa pureté, par sa fixité et par son état cristallin, il est
même susceptible de se conserver beaucoup plus long-temps, et, sous
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ce rapport , il peut être d’une très-srande utilité dans les voyages de
long cours, où l’on devrait toujours s'en approvisionner comme un £ ï J |
des moyens les plus propres à prévenir et à guérir le scorbut.
Les feuilles du citronnier peu aromatiques et légèrement amères jouissent, dit-on, d’une propriété antispasmodique, et sont quelquefois employées avec succès en infusion, dans l’inappétence, l’hypocondrie, etc.
fonTaNuS (sean-sovien ), Horti Hesperidum libri duo, quibus. agitur de citrio fructu et arbore, etc. ; in-12. Florentiæ, 1514. Réimprimé plusieurs fois , soit isolément, soit. dans la collection des OEuvres de Pontanus, soit dans divers autres recueils ; traduit en italien, ete.
GRUBE (Germain), Analysis mali citrei, compendiosa, ad botanices, philosophiæ, juaxtà ac medicinæ, cynosuram reducta; in-8°. Hafniæ , 1668.
rranx (Georges), De malo citreo, Diss. inaug. resp. Dan. Nebel; in 4°. Heidelbergæ, 1686.
EANZONT (soseph}, Citrologia, seu curiosa citri descriptio, ad normam academiæ naturæ curiosorum accommodata ; in-12. Ferrariæ, 1690.
uorManx (rrédéric), De præstantia malorum citriorum in medicina, Diss. inaug. resp. Schmidt , in-4°. Halæ, 1715.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (Le rameau représentant un bouquet de fleurs, et trois fruits de différens âges, est réduit aux deux tiers de sa grandeur naturelle.) — x. Coupe horizontale d’un fruit, pour faire voir que dans les dix loges , remplies d’une substance utriculaire, un très-petit nombre de graines se développe. — 2. Pistil. — 3. Graine entière. — 4. La uême, dépouillée de son tégument extérieur, au sommet de laquelle on distingue une chalaze colorée, à laquelle tient un cordon ombilical interne.
Turpin P, Lambert T° seubp ..
CITROUILLE
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