‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 1 sur 84 · CLXXIII · texte numérisé non relu

CLXXIII

s FUMETERRE,

Grec. ssss.ss XWTVOS, Dioscoride.

FUMARIA OFFICINARUM et DrosCoRtDIS ; Bauhin , [upaË , lib. 4, sect. 3. Tournefort, clas. 11, anomales.

FUMARIA OFFICINALIS; pericarpiis MONOSpErmis , race mosis, caule diffuso; Linné, clas. 17, diadelphie hexandrie. Jussieu, clas. 13, ord. 2, papavéracées

Lialien...... FUMMOSTERNO; FUMARIA.

Æspagnol.::.. FUMARIA; PALOMILLA. k

Français... .. FUMETERRE (1).

Anglais... ... FUMITORY.

Allemand... ERDRAUCH; TAUBENKROPF.

Holländais... AARDROOK; DUIVEN-KERVEL.

Batin: =...

6 ; h x " d Dioscoride a mentionné, sous le nom de xayos, une espèce de fumeterre qui est probablement la fwmaria officinalis, Lin., plante herbacée qui croît partout dans les jardins , les champs et les lieux cultivés.

‘ $es racines sont blanches, fibreuses , alongées, perpendiculaires ; elles produisent des tiges gréles , tendres , étalées, lisses, succulentes, très-rameuses, longues de huit à dix pouces. ? "., Les feuilles sont glabres, alternes, pétiolées, deux fois ailées, d'un vert glauque ou cendré ; leurs découpures planes, un peu élargies ;à deux ou trois lobes obtus. Les fleurs sont d’un blanc rougeitre, tachetées de pourpre à leur sommet, disposées en épis lâches , une bractée membraneuse et blanchâtre sous chaque fleur:

Leur calice est fort petit, à deux folioles caduques , opposées ; la eorolle oblongue , irréguhière , à quatre pétales iné-

(1) Cette dénomination est évidemment traduite du mot grec X&TVOS , par lequel Dioscoride a désigné ceute plante, et qui signifie fumée. Toutefois, malgré celte explication , létymologie est éqüivoque , et mêmié couverte d’unvoile que je trouve impénétrable, En eflet, Pline suppose, et l’on a presque généralement répété, sur la parole de ce savant compilateur, que la fumeterre était appelée! ainsi, parce queson suc, mis. dans l'œil, produit le larmoiement à l'instar de la fumée. Or, chacun voit aisément que le suc d’une foule de plantes , introduit dans les ÿenx, déterminerait plus rapidement et plus énergiquement encore que celui de fumeterre ane vive douleur et Pexcrétion des larmes. Théis dit qu'il est plus naturel d'attribuer origine de ce nom au détestable goût de fumée ou de suie qui caractérise la fnmeterre. d’avoue que, ne sentant point comme M, Théis, 1e ne puis admettre son opinion,

46°. Livraison. a.

(6) gaux , d’une apparence papillonacée, l’un d’eux prolongé en éperon , six étamines en deux faisceaux. = a Un ovaire supérieur , un peu comprimé, surmonté d’un style et d’un stigmate en forme de tête.

Le fruit est une petite silique globuleuse , à une seule loge monosperme. da:

On distingue-encore 1°. la fumeterre à épi, remarquable par son feuillage très-menu, approchant de celui du fenouil ; ses fleurs disposées en épis courts, serrés ; elle croit dans les départemens méridionaux ; 2°, la fumeterre bulbeuse, dont la racine est composée d’un tubereule creux ou solide, sphérique , la tige simple ou bifurquée, les folioles assez larges, oblongues. Quelques auteurs modernes en ont fait un genre nouveau, sous le nom de corydalis, à cause de ses fruits

ormés par une sorte de silique à une seule loge, à deux valves , renfermant plusieurs semences noires, arrondies en forme de rein : on la trouve dans les bois de l'Europe. + Lorsqu'on Fécrase, cette plante exhale une odeur herbacée. La saveur amére, désagréable qu’elle présente dans l’état frais, augmente par la dessiccation, mais n’est pas assez prononcée pour empêcher les vaches et les moutons de . Lx brouter. Nos connaissances-sur sa composition chimique , se bornent à savoir qu’elle-fournit un extrait muqueux et un extrait résineux ; le premier beaucoup plus amer que le secondaæmm! . 4% 27 ANA, +. +

Si les éloges pr primer de graud sans Contredyt tique. Les anc ses prétendués

ufisaient pour lui rm-

sieurs praticiens attestent, en avoir fait un usage avantageux

tique. Cependant-les maladies chroniques de la peau sont les affections contre lesquelles la fumeterre parait avoir ac- Ÿ ii plus de réputation. Plusieurs observateurs en ont retiré

CS avantages manifestes dans le traitement des dartres.

* (7) L’illustre professeur Pinel rapporte méme l’histoire d’une affection de ce genre, très-rebelle, qui fut guérie au bout de six mois de persévérance dans l'usage dusue de cette plante. Au rapport de M. Chaumeton ,:Leidenfrost, Thomison , Bodard rangent la fumeterre parmi les meilleurs moyens Curatif de la lèpre en général, et particulièrement du radesygé que M. Demangeon désigne sous le titre de lèpre du Nord. Appliquée à l'extérieur en onctions, on lui accorde h ques priété de guérir la gale, Pauli prétend méme avoir fait isparaître celte affection en administrant. a douce-amère, soit en infusion dans le lait, soit en décoction dans la bière. A la véritélesmalades avaient usé auparavant de diversautresmoyens anlipsoriques qui ont eu au moins part à ces guérisons : mais telle est la manière de raisonner qui a longtémps régnéten matière médicale , que dans l'administration simultanée de plusieurs substances diverses pour la même. maladie, on a souvent attribué les effets produits à celle de ces substances qui y avait en le moins de part. Sans doute les propriétés physiques de là fumeterre ; quoique peu énergiques , la rapprochent des amers, avec lesquels Cullen lui trouve beau- . Coup de rapports, etsemiblent indiquer qu'elle agit sur l’économie animale, en augmentant l’action des organes, à la manière de ces médicamens. Toutefois ses effets immédiats sont loin d’avoir été appréciés avec assez d’exactitude, pour ne laisser aucune incertitude dans l'esprit, sur son action secondaire , et, par conséquent, pour ne pas laisser beaucoup de vague et d’obseurité dans les idées ; sur son iufluence dans les maladies. CLR La fumeterre est quelquefois administrée en infusion ou en décoction dans Peau ne lait ou la bière, comme boisson. Le plus souvent on en prescrit le suc à la dose de irente-deux ou quatre-vingt-seize grammes (une à trois onces) en vingtquatre heufes, L’essence de fumeterre qu’on préparait jadis dans les pharmacies , se donne de cinquante à quatre-vingt Bouttes. On en compose une eau distillée, une conserve, un extrait. « On fait avec le suc de fameterre , dit M, Pinel, un sirop que lesenfans prennent sans difficulté. » Elle entre aussi dans le sirop de chicorée composé; enfm elle va se confondre et se perdre dans un amas monstrueux de drogues, je veux dire dans Pélectuaire de Psilium , l'électuaire de séné, les pilules angéliques , la confection Hamech , et là je défie l'esprit le plus subtil, de déterminer le rôle qu’elle peut Jouer dans la guérison des maladies. * Dambourney , au rapport de M. Chaumeton, regarde la fumeterre comme une des plantes indigènes les plus pré-

cieuses pour donner aux etoffes de laine une couleur jaune, pure et solide. ,

La fumeterre bulbeuse, fumaria bulbosa, L., nommée dans les.pharmacies aristolochia fabacea, à cause de la forme de sa racine analogue à celle de l'aristoloche , a été préconisée , en vertu de cette similitude, comme emménagogue, anthelminthique et antiseptique. Sa racine qui fournit de l’amidon , sert d’aliment aux Kalmoucks et autres peuplades de la Russie. Ses feuilles et ses tigés sont quelquefois employées de remplacement de la fumeterre officinale.

+ " . n Pr) A “RIECK (sean chnistophe), De fumarid, Diss. med. inaug. præs. Rud. Jac.

Camerarius. in-4°. Tubingæ; januar: 1718.

noussx (soseph zouis); De. fumarid wulgari, Diss. in-4°. Argentorati,

(La plante est représentée de grandeur naturelle )

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