GUI
LPO AO iEds » Dioscoride, lib, 3, cap. 87.
VISCUM BACCIS ALBIS; Bauhin, [uvuë, lib, tr, sect, 4. Tournefort, clas. 20, sect. 7; gen. 1.
Latin. .....{ viscumarpuw: foliis lanceolatis obtusis, caute dichotomo, | spicis axillhribus. Linné, dioécie tétrandrie, Jussieu ; clas. 11, ord, 3, famille des chévrefeuilles. Fançais..... GUI; GUI DE CHÊNE.
ltalien...... vrscmo..
Spagnol. ... LIGA; MUERDAGO.
Portugais... visco.
{llemand ... mistez; ricnenxmisrez.
Mnglais..... : misserros.
Banda. ++ MARENTAKKEN.
Danois, .... FUGLELIJM; MESTERTJENE.
Puédois. ..... mister, Russe... ... oMÉLA, Polonais... JEMIEL; JEMIOLA.
Hongrois... LEP.
Le gui, objet d’un culte superstitieux chez les anciens Gaubis, était tous les ans recueilli sur le chêne par les prêtres lruides, revêtus d'une robe blanche , armés d’une serpe or. Cette cérémonie religieuse. était accompagnée du samifice de deux taureaux blancs, et d’un repas fait sous Le hêne : on y chantait des hymnes en l'honneur de la Diviité. Au premier jour de l'an, le gui était distribué au peuple pomme une chose sainte. Ce respect, cette sorte de culte, endus à une production assez singulière de la nature, avaient eñt-être pour fondement l'ignorance des peuples sur la Opagation de cette plante parasite. Aujourd’hui, plus lairés sur la génération des êtres, nous n'admirons pas soins celle du gui, qui nous offre plusieurs phénomènes retarquables, très-bien observés par Duhamel, développés vec tant de clarté par M. Desfontaines , dans son Ærstoire es arbres et arbrisseaux, vol. 1, pag. 559, et dont j'emprunte
«Le gui est un arbrisseau parasite, dont la germination 3t très-différente de celle des autres plantes. On peut faire rmer des graines de gui sur des pierres, des bois morts, et ÿ Mais ilne prend jamais d’accroissement “e sur les àrbres. Lorsque la graine de gui germe, elle 50°, Livraison. b.
| ( 84) pousse communément deux ou trois radicules terminées par un COrpS rond. Ces radicules s’alongent insensiblement , et dès qu'elles ont atteint l'écorce , les corps ronds s'ouvrent ; leur.orifice présente la forme d’un petit entonnoir , dont la surface intérieure est tapissée d’une substance grenue et vis- î queuse. Du centre et des bords de cet orifice, sortent de petites racines qui s’insinuent entre les lames de l'écorce, et" parviennent jusqu’au bois sans y pénétrer, » | 4 Les tiges du gui sont ligneuses hautes d’un à deux pieds , « divisées en rameaux très-nombreux , étalés en tous sens. Les feuilles sont opposées ; lancéolées, dures, épaisses, obtuses, tres-entières. li Les fleurs sont sessiles , axillaires , disposées deux où“ trois ensemble, monoiques ou dioiques , chacune d’elles “ munie d’un calice tres-petit ; le limbe à peine sensible ; la corolle, sous l'apparence d’un calice, est composée den quatre pétales courts ; réunis par leur base ; quatre antheéres sessiles , situées vers le milieu des pétales : dans les fleurs fe melles , un ovaire inférieur couronné par les bords du calice ; un style à peine sensible ; un stigmaie. Le fruit consiste en une baie globuleuse, MOnOSpETmME ;« blanchâtre , remplie d’un suc visqueux. A Le gui croît sur les troncs et les rameaux des arbres frui= tiérs, des pommiers , des ormes, des tilleuls, et sur tous les larbres qui ne sont ni laiteux , ni résineux. (P.) { Cette plante inodore et d’une saveur visqueuse, un peu austère dans l'état frais, présente , quand elle est sèche, une odeur désagréable, et, lorsqu'on la mâcbe, elle offre un goûütl} amer légèrement âcre. On y trouve une grande quantité de 4 matière glutineuse, très- analogue au caoutchouc, insolu< ble , à froid, dans l’eau et dans Pa un extrait muqueux et un principe astr neux est beaucoup plus £t Pautre sont'amers ; et en beaucoup moims gran dans la partie ligneuse que dans l'écorce , ce qui fait qne la à plus gran de partie des propriétés actives du gui est renferméeM} dans cette dernière. # On a cru longtemps que les propriétés médicales de cette" plante parasite étaient relatives à celles du végétal sur lequel elle se nourrit, et c’est probablement sur cette opinion qu'est, fondée la préférence dont a joui, el qu’on donne-encore dans plusieurs traités de matière médicale, au gui de chène sur tous les autres. Toutefois l'analyse chimique n’a manifesté aucune différence entre le gui de chéneet celui du pommier, du poirier ou du tilleul. Les expériences de Cartheuser ; de
PES ET CT LR Cle tes TT Ve el 2e 2
tn on
Kolderer et de Colbatch, ont prouvé d’ailleurs que, quel que fût l'arbre sur lequel le gui avait pris naissance, il présentait constamment les mêmes propriétés.
. Cette plante exerce une action légèrement tonique sur nos organes. L’excitation qu’elle détermine sur le‘canal intestimal provoque méme quelquefois des évacuations alvines; ces effets excitans qui lui ont dû les vertus antispasmodique et résolutive dont elle a été décorée, ne permettent pas de la iregarder comme inerte. Il ne serait cependant pas plus ra- ‘tionnel d'admettre, comme des actes de foi, les propriétés merveilleuses qui lui ont été accordées par une foule d’auteurs anciens et modernes, Pline, Théophraste, Matthiole, IParacelse, ont vanté son efficacité contre lépilepsie. Dalechamp, Boyle, Koelderer, Colbatch, Cartheuser, Loseke , Van Swiéten, Dehaen, etc. , assurent en avoir:obtenu de tgrands avantages contre cette redoutable maladie et autres vaffections convulsives. Outre les succès que Golbatch en a “obtenus dans le traitément de Pépilepsie, cet autéur prétend s’en étre servi avec avantage pour combattre la chorce. Koelderer atteste s’être bien trouvé de Pemploi de l’infusion vineuse et aqueuse dû gui dans l'asthme convulsif et dans un cas de hoquet. Bradley se loue des bons effets de ce égétal dans l’hiystérie , la paralysie et autres affections nerveuses. Divers auteurs ont vantéses succès contre les flux de ventre ; li ménorrhagie , les écoulemens hémorroiïdaires ; et quelques autres mêrnes dans les vertiges , l’apoplexie, la dyenterie , la goutte ét autres maladies variées. À l’extérieur À On à recommandé és cataplasmes faits avec le gui où ses se- Mmences pour calmer les douleurs de goutte et résoudre cer faines tumeurs. Toutefois les faits allégués en fivéur de lefficacité de cette plante contre ces différentes moladiés, sont. loin d’être concluans. Presque toujours, en effet, les auteurs
ntnégligé de déterminer, avec la précision €onvenable, le caractere spécial des maladies dans lesquelles ils éh ont fait sage, ét les circonstances particulières dans lesquelles se trouvaient les malades, D’autres fois l’a Administration du gui
été accompagnée ou suivie de médicamens ‘plus où moins açu!s , de sorte qu’il est impossible d’assigner à chacun de £es moyens la part qu’il a eue à la guérison, En ontré plusieurs
édecins recommandables, tels que Tissot, Cullen, Desbois de Rochefort, Peyrilhe, n’ont point obtenu de l'emploi du gui. les résultats avantageux que d’autres prétendent en avoir tirés. De sorte que, malgré fs asserlions exagérées de plu- Bleurs auteurs en faveur dé ce végétal, il faut convenir que Aous sommes très-peu éclairés sur ses effets secondaires ét
.(86) | que ses propriétés médicales ont besoin d’étre soumises à de * nouvelles expériences cliniques. Ceux qui tenteront cett 7
entreprise, ne doivent pas perdre de vue, suivant la re marque judicieuse de M. Guersent, que la maniere dent on administre le gui, comme tous les autres médicamens y» doit influer sur-ses effets-immédiats, et que les résultats; produits par l'administration de l’écorce, doivent être irès=« différens de ceux obtenus par l’emploi de sa partie ligneusew Pour avoir’, dans cette plante, un médicament identique ,4 et dont les effets soient comparables entre eux, il faut, sui=« vant Colbatch , cueillir le gui entier à la fin de l’automne# le dessécher exactement avec beaucoup de soin , le pulvérisk ser et le renfermer dans un vase de verre hermétiquemenb bouché, .que l'on place dans un.lieu très-sec: Gette poudre peut étre administrée en substance de quaire à douze gram mes (un à trois £ros) par jour, en infusion vineuse ou € - décoction-aqueuse de trenté-deux à soixante-quatre gramm (une à deux onces), et en extrait , de quatre à huit gram= mes (un. à deux gros) : elle entre dans la composition de la poudre épileptique de Guttete. : UE - ,dhes baies de gui servent d’aliment à plusieurs oiseaux. OM ditique les daims etles biches s’en nourrissent. Les oiseleurs en préparent la glu destinée à la chasse des oiseaux. Le plus” ordinairement, on emploie à cet usage le gui entier. Pour cela on met une certaine quantité de cette plante, pendant huit à dix jours, dans un lieu humide; quand elle est pourrie on la pile jusqu’à la réduire en bouillie, on la pacs ensui ‘dans une terrine avec de l’eau fraiche, et on lagite fort ment jusqu’à ce que la glu s'attache à la spatule. On-la alors cette substance dans un autre vase avec de nouve eau, ét on la conserve dans des pots pour l'usage.
corrArcæ (5.), Dissertation concerning mislelo, a most wonderful spe Jick remedy jo the cure of convulsive distempers : c’est-à-dire, DIS sertation sur Je gui, spécifique merveilleux pour la guérison des maladies, convulsives; troisième édition, in-80. Londres, 1723. vevexvez (cbr. rr.) De spasmis visco allo persanatis ; in-4°. Zènæ , 178 ne (2-3), Analysis visci ejusque in morbis usus ; in-4°. Havni 17534 BAIER (3. J.);, Monographia de visco ; in-40. Altdorfii, 1506. KOELDERER (1. GCOrgius) , De visco dissertalio inauguralis ; in-4°. Arge Loratr, 174%: |
CSC EnL LE cr dr he
a TS" ”
EXPLICATION DE LA PLANCHE or.
( La plante est représentée de grandeur naturelle)
z. Bout de rameau portant troisifleurs mâles, sessiles.