GROSEILLER
GROSSULARIA ; multiplici acino, sive non spinosa hortensis rubra.crossutARtA HORTENSIS; fruclu margarilis sémili; Baubin,Tliyeë, liv. 12, sect. r, T'ournefort. Bain: #44 cl. 21, sect. 8, gen: 8.
RIBES RUBRUM; inerme floribus paniusculis , racemis pendulis. Linné, pentandrie monogynie. Jussieu, elas. 14, ord. 3, famille des cactes.
Francais... cnosernrer COMMUN ; RIBETTE VIEUX. Lialien. ....., uva De’ rrart.
Espagnol... .. AGRAGErO ERCARNADO.
Portugais... crosecLnrira vermezna.
Allemand... soannisserre. .
Anglais... ..! RED CURRANTS; CURRANT TREE.
Hollandais... AALBEZIEBOOM; AALBESSENLOOM, Danois. ..... RiBS; soHANNISnæR.
Suédois... rova VINBAR; REPS.
SE..:.... SMORODINA KRASWÂJA.
Polonais... porzeczxr.
Le groseiller, longtemps Sauvage et ignoré sur les roches alpines, n’a été admis, que depuis quelques siècles, au nombre des arbres fruitiers de nos jardins. Quoique le nom de 7ibes soit employé par d’anciens botanistes, il est trèsprobable qu’il ne désignait pas alors notre groseiller , mais quelque autre arbrisseau à fruits acides. Dans l’ordre des familles naturelles, le groseiller en forme une particulière , intermédiaire entre les cactiers et les saxifrages. IL se distingue Par un calice ventru, adhérent, à cinq divisions ; cinq pétales, autant d’étamines » attachés au calice; un style, deux stigmates, une baie globuleuse, surmontée d’un Ombilic, renfermant plusieurs semences attachées à deux Placentas ; l'embryon muni d’un périsperme charnu, Le groseiller à fruits rouges est un arbrisseau très-rameux ; Pourvu d’épines, dont l'écorce est brune ou cendrée ; les euilles pétiolées , échancrées à leur base, à trois ou cinc obes dentés, divergens, vertes, glabres dans les individus Cultivés, pubescentes dans les sauvages.
Les fleurs sont disposées en grappes simples, pendantes, ‘oMaires ou fasciculées; la corolle Presque plane ; d’un vert anchâtre , les pédicelles courts, accompagnés de bractées ‘ort petites, Dr pare plus courtes que Les pédicelles. 20°, Livraison, a
Les fruits consistent en petites baies globuleuses , trèssucculentes, d’un beau rouge transparent , quelquefois blanches ou d’un blanc jaunâtre , selon les variétés.
Le cassis, groseiller noir, distingué par la couleur, la saveur de ses fruits, l’est encore par ses feuilles assez grandes ; anguleuses, à trois ou cinq lobes dentés , parsemées à leur face inférieure de points jaunes, glanduleux.
Le groseiller à maquereaux est une aulre espèce, armée d’aiguillons très-piquans ; ses feuilles sont arrondies, ineisées ou lobées, un peu velues ; les fleurs presque solitaires , inédiocrement pédonculées ; les fruits verdâtres , glabres dans leur maturité. Tous ces arbrisseaux croissent en France ; ce dernier parmi les haies. "TE
Parmi les variétés que la culture a introduites dans les fruits du groseiller, les plus remarquables sont celles des groseilles blanches et des groseilles rouges. Les unes et les autres sont inodores ; leur saveur, qui offre quelque chose de vieux et de sucré, est surtout caractérisée par uue acidité piquante très-agréable, etun peu analogue à celle du citron. L’illustre Guyton de Morveau y a reconnu, par l'analyse chimique, . 1°, du sucre ; 2°. un acide qui résulte du mélange des acides malique et citrique ; 5°. une matière colorante violette, qui doit la couleur rouge qu’elle présente dans/la groseille rouge, à son union avec l'acide de ce fruit : de sorte que, si on enlève l'acide par le moyen des réactifs, cette matière colorante cesse d’être rouge, et repasse au violet; 4°. une grande quantité de gelée très-soluble dans l’eau, mais beaucoup plus à chaud qu’à froid, susceptible de se précipiter par le repos et le refroidissement , en une masse gélatineuse tremblante ,
ourvu, toutefois, qu’elle n’ait pas été trop longtemps tenue en ébullition, car alors elle ne pent plus se figer complétement ; ainsi que cela arrive dans les confitures de groseilles, lorsque l'ébullition dussuc de ces fruits agté trop prolongée,
L'action particulière. de la matière colorante des groseilles’ sur nos organes n'a pas encore été étudiée ; mais la gelée, le sucre et l'acide qu’elles renferment , leur donnent manifes= tement des propriétés nutrilives , tempérantes , rafraichissantes, diurétiques et laxatives. Leur suc étendu d’eau, ek édulcoré avec une certaine quantité de sucre ou de miel, forme une boisson extrêémement agréable, et très-propre à apaiser la soif, soit dans l’état sain , soit dans le cours des » maladies. On s’ensert avec un grand avantage , surtout dans la plupart des pyrexies essentielles , telles que les fièvres in flammatoires , bilieuses , putrides , nerveuses ; dans la perte et dans le typhus. L’usage de cette boisson acidule n’est pas
moins utile dans les exanthèmes aigus , comme la rougeole, la variole, Pérysipèle , etc. ; il convient également dans les dartres , la gale, le prurigo , et autrés maladies chroniques de la peau, accompagnées d’irritation générale. Son emploi est extrêmement salutaire dans l'embarras gastrique, à la suite des empoisonnemens Par des substances âcres et narcotiques, dans certaines diarrhées, dans la dysenterie, dans la blennorrhagie et autres inflammations de l'abdomen ou de l’appareilurinaire., Très-certainement cette boisson est beancoup plus convenable dans la néphrite et les affections calculeuses que la plupart des médicamens prônés avec em phase comme des diurétiques par excellence, ou vantés comme lithontriptiques.
Toutefois les propriétés alimentaires de ces baies acidules sont bien plus remarquables que leurs qualités médicamenteuses, Comme aliment diététique , leur usage est éxtréme. ment salutaire dans le scorbut, dans les maladies cutanées rebelles, dans plusieurs autres affections organiqués, vague= ment désignées sous le titre d’obstructions et de cachexies, Ces fruits conviennent Surtout aux jeunes gens, aux sujéts secs et ardens , à ceux qui se livrent à de violens exercices du corps , surtout dans les pays chauds et secs. Les tempé= Tamens sanguins et bilieux sont ceux auxquels ils sont le plus fyantageux, Cependant, lorsqu'on en faitun trés-long usage, Ou qu'on en prend en trop grande quantité, ils troublent{x digestion, altèrent plus où moins profondément les fonctions de l’estomac, et cet effet se manifeste particulièrement chez … 2 personnes faibles et délicates. Sous ce rapport, elles sont Peu convenables aux vieillards, aux femmes chlorotiques , aux sujets qui digèrent mal, à ceux qui mêénent-une vie sédeñtaire , et qui exercent fortement leur intelligence. Elles Sont, par la même raison, un aliment moins avantageux aux tempéramens lymphatiques et nerveux, et dans les temps
oïds et humides, que dans les circonstances opposées,
On mange uelquefois les groseilles en grappes. Souvent » alors l’action it, leur acide sur le tissu dentaire, détermine
lagacement des dents ; sentiment pénible ; très-douloulEux même pour certaines Personnes , et que l’on prévient en les servant égrenées, humectées avec un peu d’éau, € vin ou de blanc d'œuf, et: saupoudrées de sucré. Leur suc, mélé à cette substance , et convenablement épaissi par Vébullition , forme ces gelées acidules et sucrées dont tout & monde connaît l'excellent goût, ainsi que les qualités Mourrissantes, et dont usage, aussi agréable que salutaire ÿ St si favorable aux convalescens, Les confiseurs et les limo- /
madiers, en les associant au sucre et à d’autres ‘fruits’ acides ou aromatiques, en préparent diverses confitures solides où liquides, des limonades, des sorbets, des glaces de très-bon goût. À l’aide de la fermentation, les groseilles fournissent ? du vin et du vinaigre de fort bonne qualité, et par la distile lation on en retire de l’alcool. ;
Le rob et le sirop de groseilles, décrits dans la pharma- . copée de Wurtemberg , la gelatine de groseilles de la pharmacopée, de Londres, médicainens d’un usage tres-avanta-
geux, sont les principales compositions pharmaceutiques
auxquelles ces fruits sont employés. | Les groseilles:à maquereaux, fruits du groseiller épineux, ribes glossularia, L., sont blanches, jaunes ou pourpres, beaucoup. plus grosses que.celles dont nous venons de parler, beaucoup plus douces, et à peu près exemptes d’acidité. : Elles sont nourrissantes et laxatives, mais elles sont privées » des autres qualités qui tiennent à la propriété acide des groseilles rouges. | Le cassis., fruit du groseiller noir, ribes nigrum; L:, à l'acide près qui s’y trouve en beaucoup plus petite quantité, contient les mêmes principes que les groseilles rouges; mais il renferme de plus une huile volatile, aromatique et amère, À qui.se retrouve dans l'écorce et,autres parties de cet arbris- »W seau, et qui donne à ce fruit l’'arome particulier qui le ca-
ractérise. C’est à l’action excitante que cette huile aroma- ” tique exerce sur nos organes, que le cassis doit les propriétés É | stomachiques qui ont été justement attribuées au rob et au- M tres liqueurs qu’on en prépare.
( La plante est représentée un peu plus petite que nature) %
2. Grappe de fleur. | 2. Fleurentière, grossie. “| 3. Etamine.