‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 23 sur 84 · GUIMAUVE · texte numérisé non relu

GUIMAUVE

[24 VATA

CLLCIT. GUIMAU VE,

Grec. 7 A'ASale, iRicros ; Dioscoride.

ALTHÆA DIOSCORIDIS ET PLINII, Bauhin, Tivaë, lib. 17, sect. 5.

ALTHÆA DIOSCORIDIS ET PLINIT, Folio magis angulato ; Latin. .......4 Tournefort, clas. 1 sect. 6, gen. 2, ALTHÆA OFFICINALIS ; foliis simplicibus tomentosis, Linné, monadelphie polyandrie, Jussieu, clis. 13, ord. 14, famille des malvacées.

Francais... curmauve.

dtalien:...... marvavisco; nrsmazya.

- Espagnol. .... marvayisco, Portugais. ... MALvarsco.

Ællemand..…... rimscu.

Anglais... + MARSII-MALLOW.

Hollandais... uremer, Danois.....: .1B1sk.

Russe. .... ++ PODSWONOK.

Hongrois .... FEJÉR MALVA ( guimauvé blanche).

La guimauve. est une très-belle plante, de la famille des malvacées : elle a conservé en latin le nom qu’elle porte dans Dioscoride. Théophraste lui donne celui d'hibiscus. La douceur de son duvet blanchâtre et soyeux, l'élévation de ses iges, ses paquets de fleurs légèrement purpurines , lui don-

pent un port agréable. Du bord des ruisseaux ét des lieux humides qu’elle habite , elle est passée dans nos jardins, mais plutôt comme plante médicale que comme fleur d’ornement : très-rapprochée de la mauve par son caractère générique, elle s’en distingue par son calice extérieur , à six ou neuf divisions profondes , au lieu de trois.

Ses racines sont longues, cylindriques, blanches, pivo- Mantes, contenant un mucilage douceâtre et gluant.

Ses tiges , légèrement cotonneuses , sont droites, hautes de trois ou quatre pieds, garnies de quelques rameaux al- 1ernes,

Les feuilles sont alternes, pétiolées, molles, d’un, vert blanchâtre , ovales, élargies, un peu en cœur, dentées à leur contour , à trois ou cinq lobes anguleux , chargées d’un

UveL cotonneux » presque soyeux.

Les fleurs sont presque sessiles , réunies en petits paquets

bo*, Livraison. C LA

dans les aisselles des feuilles supérieures, accompagnées de” stipules subulées et caduques. -

Leur calice est double; l’intérieur à cinq divisions, l’ex-" térieur à six ou neuf découpures profondes : cinq pétales en cœur réunies par leur base; les anthères nombreuses, placées à l’extrémité d’un tube cylindrique; un ovaire surmonté d’un style à stigmates nombreux, sétacés. |

- Le fruit consiste en plusieurs capsules monospermes, sans rebord membraneux, réunies en plateau autour! de la base du style. «à (13

Laracine de guimauve est de la grosseur du doigt, gris sâtre en dehors, blanche intérieurement. Son‘odeur est nulle; Sa saveur est fade , muqueuse et douceûtre. Elle contient uE peu d’extrait résineux et plus de la moitié de son poids d’un mucilage doux et visqueux ; qui se trouve également dans les autres parties de la plante, mais en beaucoup moins. grande quantité, puisque les feuilles et les fleurs n’en renfer: ment que le tiers ou le quart de leur poids. Ce. mncilage qu’on obtient très-facilement par la décoction dans Veau où il est entièrement soluble, se précipite par le refroidis=u sement en une matière tremblante et demi-transparente. 4 raison de la plus on moins grande quantité de mucilages qu’elles contiennent , les différentes parties de la guimauve jouissent toutes des mêmes propriétés émolliente, adouceis= sante , invisquante , lubréfiante, relächante , rafraichis=, sante ; éte.; mais on sé sert plus ordinairement ;: et presque “exclusivement, de la racine, comme étant la partie de cette ‘plante où le mucilage est le plus abondant: $ “+

Cette racine, soit fraiche, soit sèche, administrée sous forme molle où liquide , à une douce température ; exerce, une action émolliente et relcliante sur l'économie animales lle caline lirritation des organes, diminue la tension, l& chaleur, la douleur des parties enflammées, et raniène les: propriétés vitales à leurétat ordinaire, dans tous les cas où elles sont portées à un trophaut développement. Directe ment ingérée en infusion, en décoction, où sous toute autre forme liquide, elle convient d’une manière’spéciale dans toutes les phlegmasies aiguës, pendant leur première période, dans les hémorragies’ actives, dans Îles empoisonnemens produits par des substances Âcres et corrosives , €t dans les irritatione dues à la présence des corps étrangers: Ainsi chaque jour on l'administre avec ävantage en boisson, au commen» cement des angines et des catarrlres pulmonaires ; dans la pleurésie et la péripnenmonie , dans la gastrite ; la diarrhées la dysenterie, la néphrite, la péritonite, la blennorrhagie

(or)

+ aiguë et antres inflammations de l’abdomen et de l'appareil urinaire. Son usage n’est pas moins utile pour calmer Ja strangurie qui résulte de laction des cantlhiarides ou de la présence d’un calcul. |

À l'extérieur la guimauve est employée dans une foule de cas ayec le plus grand succès: On se sert de sa décoction pour fomenter les yeux dans l’ophtalmie aiguë ; on l’introduit dans la bouche sous forme de gargarisme pour apaiser les douleurs des gencives, et calmer l'irritation de la bouche dans la salivation mercurielle, les aphtes et lesquinancie. Sous forme de pastilles ou de pâte, on la maintient long-

temps en contact avec larrière-bouche et l’orifice de la glotte, pour agir sympathiquement sur la trachée et les bronches dans les catarrhes pulmonaires. En lavement, elle est d’une très-grande utilité dans la dysenterie, la diarrhée, la péritonite «et l’inflammation de la vessie. Les fomentations faites avec la décoction de guimauve, etles cataplasmes qu’on. en prépare en y mélant des fécules amilacées, sont appliqués chaque jour avec avantage sur les tumeurs inflammaioires pour les résoudre ; sur les plaies et les ulcères dont les surfaces sont douloureuses, sèches etarides, pour y ramener la suppuration; sur les chancres douloureux, pour s'opposer à leurs progrès; enfin on s’en sert avec avantage contre les brûlures, contre les dartres et autres affections locales, ac- Compagnées de chaleur , de tension et de douleur.

Dépouillée de son épiderme, et comprimée entre les mâchoires, cette racine paraît beaucoup plus propre à soulager la douleur des gencives qui accompagne.la dentition que les corps durs qu’on a coutume de mettre pour cet objet entre les mains des enfans. En un mot , de toutes les substances que la matière médicale nous fournit , la racine de-guimauve est une des plus propres à opérer les médications émollientes Ou atoniques, soit générales, soit locales, et, sous ce rapport, elle peut remplacer avec avantage presque toutes les substances mucilagineuses. 11 ne faut point cependant perdre de Yue que pour qu’elle puisse pleinement opérer ses effets émolliens et relâchans, il est absolument nécessaire qu’elle soit administrée sous forme molle ou liquide, et que, dans ce dernier cas, elle soit à une douce température de vingt 4 trente centigrades. L'espèce d’excitation qu'une température plus basse imprimerait aux organes , nuirait à son action émolliente, s’il ne la neutralisait pas entièrement, Il faut remarquer en outre que l'usage exclusif trop

longtemps continué de cette plante, trouble ee fonctions de

Slomac, et que lorsque son mucilage est en trop grande

quantité dans les boissons qu’on en prépare, elles restent longtemps dans l'estomac, déterminent de la pesanteur à lépigastre, de l'anxiété et du malaise, ce qui oblige ordinairement de les aromatiser. és

En infusion ou en décoction, cette racine se donne de huit à seize grammes ( deux à quatre gros) dans cinq hectogrammes (une livre) d’eau, que l’on édulcore ordinairement avec une certaine quantité de miel ou de sucre. Cette décoction, mélée au sucre, et convenablement épaissie, forme le sirop de guimauve dont l'usage est si commode et si avantageux dans les maladies aiguës. Le mucilage de cette racine sert à faire des pastilles, des lochs, des juleps; elle entre dans la composition de la pâte de guimauve, dont les effets lubréfians et adoucissans égalent l’excellentgoùt. Elle fait également partie du sirop d’althéa de Fernel, de longuent d’althéa, dés emplûtres diachylon simple et composé, mais elle n’est qu’un des moindres ingrédiens de ces médicamens compliqués. L

La racine de guimauve est très-nutritive, surtout pour les-estomacs robustes. Son mucilage est employé dans les pharmacies pour rendre les gommes résines solubles, et à beaucoup d’autres usages.

(La plante est représentée aux deux liers de sa grandeur naturelle)

Calice double.

. Corolle et tube staminifère ouvert.

. Pisül. s

Fruit molticapsulaire dont on a enlevé quelques-unes des capsules, Capsule isolée.

Graine.

. Racine.

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