HIÈBLE
Dee. . Xe&tl4X TH , Dioscoride.
SAMBUGUS HUMILIS, Sen EBULUS FOLIO LACINIATO ; Baubin, à, ù \ è TiyaË, lib. 12, sect r. à
]SAmeucus Humition FRUrESCENS ; folits eleganter varie Nain. is... €. gatis, Tournefort ; clas. 20, sect. 6, gen. 1. 4 : . ASAMBUGUS EBULUS; cymis tripartitis, slipulis foliaceis, À caule herbaceo, Linné, pentandrie FA Jussieu, | clas. 11, ord. 3, famille des chèvrefeuilles. t … Francais..... Hièpre.
let ...... EBBIO.
Espagnol... yErzco.
- Portugais. ... rpuro.
Allemand... ATricu.
Anglais... ,.. DWARF ELDER.
Hollandais... mAnpic; LaAcA vrren. Danois... ... sommenkyzD; aTTik.
* Suédois... ... SOMMARHYLL.
Polonais..... curen.
bliusse..... ++ WASOWNIK.
RBTOIS .... FOLDI-BODZA,
- L’hièble diffère peu du sureau; mais ce n’est qu’une | Plante herbacée , tandis que le sureau est un grand arbris- Seau : le caractère générique est le même dans les deux
Plantes. Il consiste en un calice à cinq divisions courtes ;
une corolle en roue, à cinq lobes ; cinq étamines alternes : axec les divisions de la corolle; trois stigmates sessiles, ob- L Aus ; Le fruit est une baie inférieure » à une loge, contenant Litois semences ridées, attachées à l'axe du fruit.
: « Ses racines sont alongées, rameuses, étalées , de la gros- LSeur du doigt, d’un blanc sale. See
Ses tiges sont droites, herbacées , fortement cannelées, Mautes de deux ou trois pieds, vertes, médiocrement ra- L Meuses, garnies de feuilles opposées, pétiolées, ailées, com- Lpôsées de sept à neuf folioles glabres, étroites, lancéolées , Laiguës, d’un vert foncé, finement dentées en scie à leurs : bords.
Les fleurs sont blanches, disposées en cime ou en une 1 Sorte d’ombelle ample et touffue , accompagnée de petites | bractées filiformes. Les fruits sont des petites baies noires, glabres, pulpeuses, (P.)
| 51°, Livraison, 6,
Cet arbrissean, dont on emploie en médecine la racine, l'écorce , les feuilles, les fleurs, les baies et les semences, exhale une odeur vireuse très-fétide. Une saveur amère, âcre, désagréable, caractérise toutes ses parties , excepté les fruits dont le goût est amer et acidule. [’écorce verte est toutefois la partie la plus amère et la plus âcre de l'hiéble; elle renferme une matière extractive qui jouit de la même qualité. Les fleurs contiennent une huile essentielle d’une odeur fragrante. Le sue que les baies recèlent en abondance , est d’une belle couleur pourpre, et colore en violet la salive et les corps blanes sur lesquels on l’applique. Les semences, enfin, fournissent par là simple expression, une certaine quantité d'huile fixe. ( .Æ
À raison de la nature des divers principes constiluans qui dominent ‘dans lés différentes parties du hièble, on pourrait croire que chacune d’elles possède des propriétés médicales particulières. Cependant elles exercent toutes des effets anaz ‘4 logues sur les organes vivans. Toutes produisent sur l’éco-m nomie animale une excitation plus ou moins remarquable,« qui se manifeste, dans l'appareil digestif, par le. vomissement et la purgation; sur les voies urinaires , par la sécrétion d’une grande quantité d’urine; sur le système exhalant par l'augmentation de la transpiration. Aussi les auteurs de ma-" tière médicale s'accordent-ils à décorer ce végétal des pro priétés vomitives, purgatives, sudorifiques et diurétiques Poutefois la racine amère et vireuse a été spécialement vans tée comme hydragogue. et préconisée contre l’hydropisies À la dose de déux drachmes en décoction dans l’eau, elle excite en effet la sécrétion de l'urine et d’abondantes éva cuations alvines, effets qui sont très-propres, comme on sait à favoriser la résorption de la sérosité épanchée dans le péri toine et dans le tissu cellulaire. La propriété drastique est cependant beaucoup plus développée dans le livret ou l'écorcêm verte de l’hièble , que dans aucune autre partie de ce végétal Et de plus, cette écorce, dépouillée deson épiderme, excite IA sécrétion de l'urine, etmême les vomissemens ; triple manières d'agir, qui fait qu’elle a été recommandée dans plusieurs mas ladies chroniques rebelles, telles que les dartres, V'épilepin sie, etc. , et qu’elle a été plusieurs fois employée avec suce { contre l’hydropisie essentielle avec atonie, ainsi que l'attes® tent Brockleshy et lillustre Sydenham. Les feuilles jouissenin à peu près des mêmes propriétés que l'écorce ; mais on les a. spécialement recommandées comme résolutives, en applicasn tions locales et sous forme de cataplasmes , à la suite des CR torses et des contusions , et contre les tumeurs et les engoRs
A Su,
( 107) gemens œdémateux. Les fleurs de l’hièble,, comme celles du sureau, exercent plus particulièrement leur action sur le système exhalant cutané. Elles agissent en outre sur le sysième nerveux d’une manière qui n’a pas encore été convenablement étudiée, quoique ce dernier effet ait été assimilé - à une action anodine et légèrement narcotique. Comme diaphorétique, leur infusion chaude est très en ‘usage au commencement des affections catarrhales légères, dans la première période des exanthèmes aigus, dans les rhumatismes , la goutte, et dans beaucoup! de maladies chroniques , telles jee la gale , les dartres , et autres affections où Pon a en vue augmenter l’action de la peau, où desrappeler la‘transpiration. Mais on ne peut que condamner l'usage de cette infusion excitante en fomentations, dans l’ophtalmie aiguë et dans lérysipèle, dont elle ne peut qu’entraver la marche, et augmenter les accidens. Les baies, dont plusieurs auteurs “ont vanté l'efficacité contre lhydropisie et contre les ohstructions des viscères , sont douces des mêmes propriétés laxative , diurétique et sudorifique que les autres parties du hièble. Au rapport de Haller et de Scopoli, le rob qu’on én prépare est d’un usage familier , et en quelque sorte populaire en Suisse et dans la Carniole , Comme purgatif. Parmi nous, 1l est fréquemment employé comme diaphorétique dans les maladies où les fonctions de la peau languissantes ont besoin d’être excitées, comme dans la syphilis et les affections cutanées chroniques. Quarin s’en servait souvent en boisson, dans les rhumatismes aigus, et en gargarisme, dans angine. Pour que ce rob produise l'effet diaphorétique, il faut l’administrer à doses fractionnées, et étendu dans une grande quantité d’eau chaude ; Car, administré d’une maniére rapprochée et plus concentrée, il porte toute son ac= Mon sur Île canal intestinal, et produit la purgation, action qui exclut nécessairement l'effet sudorifique, À l'égard des Semences désignées dans les pharmacies, sous le nom de prana actes, elles purgent avec d'autant plus d'efficacité , qu’elles sont plus récentes. Elles augmentent ainsi la sécrélion des urines. Haller a même observé que , lorsqu'il les administrait dans cette vue , elles produisaient quelquefois le vomissement. En résumé , quoique les faits sur lesquels repose la réputation de l’hièble, ne soient ni assez nombreux , Ju assez posilifs pour admettre , comme une vérité démon- | trée, sa toute-puissance contre l’hydropisie, les obstructions c | les flueurs blanches, les dartres, la gale, l’épilepsie, ete., ses | effets immédiats ne laissent aucun doute sur les avantages qu'on pourrait en retirer dans plusieurs de ces affections,
(108 ) dans les cas où l’on viendrait à manquer des purgatifs, des diurétiques et des sudorifiques, beaucoup plus puissans, que nous fournit la matière médicale,
L’écorce et la racine d’hièble se donnent en infusion vineuse, ou en décoction aqueuse, de huit à trente-deux grammes (deux à huit gros). Le suc qu’on en exprime se prescrit à la dose de quatre à huit grammes (un à deux gros). Le rob qu’on prépare avec ses baies est administré depuis seize jusqu’à soixante-quatre grammes (demi à deux onces). La dose de ses semences contuses est de seize à trente-deux grammes (demi à une once) en infusion. Ses fleurs se prescrivent en infusion théiforme de quatre à huit grammes (un à deux gros). L'eau distillée, le miel, le vinaigre, le rob et l’on-
* guent d’hièble , sont les principales préparations pharmaceu-
tiques où l’on fait entrer ce végétal.
Les baies sont en usage dans la teinture pour colorer différens tissus en violet. Au rapport de Murray, les feuilles. vertes, répandues dans les greniers, mettent les souris en fuite. On prétend aussi qu’elles font périr les charançons qui dévoreni si souvent les graines céréales dans les magasins.
(La plante est réduile aux deux tiers de sa grandeur nalurelle)