‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 33 sur 84 · HYSOPE · texte numérisé non relu

HYSOPE

er s n Grec........ UsowTos, Dioscoride.

HYSSOPUS OFFICINARUM COERULEAÀ , S€U SPICATAÀ ; HYSSOPUS

RUBRO FLORE; Bauhin, [ya > lib. 6, sect. 4. Tourne- Batin....... fort, classe 4, sect. 3, gen. 15. ; HYSSOPUS OFFICINALIS; spicis secundis, foliis lanceolalis, Linné, didynamie gymnospermie. Jussieu , el, 8, ord. 6, famille des labiées.

hFrancais. .... Hysopr.

Jialien ...... 1sop0o.

«Espagnol. ... uisoro.

Portugais. ... nissovo.

Allemand... :sop.

Anglais... ... nyssor.

«Hollandais... (nysop.

Danois ...... so.

Suédois.. ... xsop.

Polonais..... 1sorex.

… Il est très-probable que l’hysope des auteurs grecs et la-

tins n’est point la nôtre, encore moins celle dont il est ques- “tion dans les livres saints, et qui était employée dans les pu- Mrifications ordonnées par la loi de Moïse. il faut donc se igarder d’appliquer à notre hysope les propriétés que les an- Mciens attribuaient à la leur. Celle que nous connaissons par- Miume les coteaux de nos départemens du midi par son odeur Laäromatique ; elle les embellit par ses fleurs bleues, roses ou Mblanches. Son caractère essentiel consiste en un calice tu- Mbulé , à cinq dents égales ; une corolle à deux lèvres; la su- Lpérieure petite, échancrée, l’'inférieure à trois lobes, celui du milieu plus grand, crénelé, en cœur renversé : quatre élamines didynames, saillantes hors de la corolle ; un ovaire Supérieur à quatre lobes ; un style ; Le stigmate bifide ; quatre Losselets ou semences placées au fond d’un calice sans poils à son orifice,

Ses racines sont dures, ligneuses , un peu ramifiées, de la Lérosseur du doigt.

Elles produisent plusieurs tiges presque simples, ligneuses , autes d’un ou deux pieds, garnies de feuilles vertes » Oppo- Sées, lincaires-lancéolées , aiguës, à peine pileuses, légèreent ponctuées,

59e, Livraison, ‘ à.

Les fleurs sont presque sessiles, la plupart tournées du même côté, réunies par paquets dans les aisselles des feuilles supérieures , formant, par leur ensemble, des épis droits, : terminaux et feuillés. (RD

Cette plante exhale une odeur fragrante très-agréable , et offre une saveur chaude , aromatique, un peu amère. Lorsqu’on la mâche, dans l’état frais, elle détermine, sur la langue et dans l’arrière-bouche, un sentiment de chaleur analogue à celui que produit le camphre , mais plus faible. L'analyse chimique y a constaté la présence d’une huile volatile jaunâtre , très-aromatique et trés-âcre , d’un extrait spiritueux, Âcre et amer , et d’un extrait aqueux, amer , acerbe , et un peu salin. Lewis, Neumann, Cartheuser, varient seulement sur les quantités respectives de ces principes constituans. Au rapport de Baumé, vingt livres de cette plante en fleurs ont produit six gros d’huile essentielle. À l’exemple de la plupart des labiées, lhysope paraît contenir en outre une certaine quantité de campbre.

Si l’on examine attentivement les effets immédiats de cette plante sur l’économie animale , on ne tarde pas à reconnaître-qu’elle agit à la manière des substances aromati-" ques et balsamiques. Elle excite manifestement, mais d’une manière légère et instantanée , les diverses fonctions de la vie organique, et quelquefois même celles de la vie de rela-M tion. Sous ce rapport, on peut, avec raison, lui accorder les « propriétés toniques, stomachiques, diurétiques, sudorifiques, expectorantes et résolutives, qu’on lui attribue. Ingérée en infusion théiforme , elle augmente l’action de Pestomac et de l'intestin, et, pour cet effet, on lemploie fréquemment / chez les vieillards et les personnes faibles, contre l’inappé-M tence par atonie, contre les flatuosités des hypocondriaques, et dans la goutte atonique, ete. Au rapport de Rosenstein ‘+ cette infusion a détérminé, chez un enfant, l'expulsion d’une“ grande quantité de vers lombrics. Comme augmentant la n transpiration cutanée , elle est d’un usage fort utile dans les catarrhes pulmonaires chroniques, dans l'asthme muqueux ou pituiteux, dans la blennorrhagie et la leucorrhée ancien= nes. On s’en sert anssi avec avantage au commencement des ‘ exanthèmes aigus, chezles sujets fables, lorsque l’éruption lan guit, dans diverses maladies chroniques dela peau et dans … les rhumatismes d’ancienne date. L’hysope, administrée CD infusion , augmente en outre la sécrétion de Purine, et, dans cette vue, on a pu s’en servir quelqiefois avec avantage contre certaines affections çaleuleuses , où l'on emploie les amers et les aromatiques. Mais on sent qu’elle ne peut ètre

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utile, eomme diurétique, que dans les cas où les reïns et la yessie sont exempts d’inflammation et d’irritation. Comme résolutif, on en fait usage , en gargarisme, dans l’angine - muqueuse ; en fomentation, contre les ecchymoses et contre lophtalmie chronique. Rioland, Pauli et Rosenstein reconmandent méme de l'appliquer, en cataplasmes entre deux linges , sur les paupières , après l’action des sangsues , dans l’inflammation oculaire ; mais nous avons une foule de moyens beaucoup mieux appropriés à cette affection.

- L’hysope est administrée en infusion, à la dose d’une poignée pour un kilogramme ( deux livres) de liquide. On en prépare une eau distillée aromatique , qui jouit de la plupart des propriétés de la plante elle-même , et un sirop aro-

matique très-agréable, qui peut être employé intérieurement aux mêmes usages. L'huile volatile fragrante et âcre qu'on en relire, se donne par gouttes dans différens médicamens stimulans.

En Perse, l’hysope jouit de la réputation de donner de l'éclat au teint ; dans cette vue , elle est employée comme Leosmétique par les femmes de ces contrées.

( La plante est représentée de grandeur naturelle)

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