IF
Grec... .., Zpuinuë ; Dioscoride.
TAxUS; Banhin, [livaë > lib. x2, sect. 6. Tournefort, cl. 19, sect. 4, gen. 3.
TAXUS BACCATA ; foliüs approximat is, Linné, dioécie mo-
Balin.…. ..
- nadelphie. Jussieu, cl. 15, ovd. 5, famille des conifères.
Français... 1r.
alien .,.... TASSo.
mFspasnol.... Teso. :
Portugais. ,.. ‘TeIxo.
| Allemand... EIDENBAUM.
ÆAnglais...... YEW TREE.
Hollandais... TAxisoow > IBENNOOM.
Danois...... TÆXTRÆE, BARLIND.
Wuédois....,.. ID, BARRLING.
» Peu d’arbres ont été, plus que celui-ci, ealomniés par les ciens naturalistes, qui le regardaient comme vénéneux Dons toutes ses parties. Pline l’a beaucoup plus maltraité que Théophraste, qui s’était borné à dire que les feuilles de Pif donnaient la mort aux troupeaux. Cet arbre n’a pas oins été, pendant longtemps , lornement des jardins, où prenait toutes sortes de formes sous le ciseau du tondeur. 1 en est presque entièrement exclus aujourd’hui; on le. isse croître en liberté sur les montagnes de la Suisse, de Pltalie et de nos départemens du midi, qu'il ombrage par Ses rameaux nombreux, mais qu’il semble attrister par sa . erdure sombre et perpétuelle.
« Ses fleurs sont monoiques, quelquefois dioïques, compo- { ses de plusieurs écailles concaves, imbriquées, orbiculaires, » Qui tiennent lieu de calice. Point de corolle; huit ou dix } inc ; les filamens réunis en cylindre ; les anthères à une seule loge, s’ouvrant en dessous, disposées circulairement Len forme de bouclier : dans les fleurs femelles, un ovaire Mpercé au sommet d'un trou qui constitue le stigmate ; point Lde style. Le fruit est un drupe sphérique, monosperme, “formé par un renflement , creusé au sommet en forme d’om- ? bilic, dans lequel est placé un noyau monosperme. » Cet arbre s’élève à la hauteur d'environ trente pieds, re- Yétu d’une écorce raboteuse, s’exfoliant comme celle du b2°, Livraison. | tr
platane , soutenant une cime ample, très-rameuse ; ses rameaux sont souples et nombreux.
Les feuilles sont persistantes, d’un vert sombre, trèssrap-
prochées, linéaires ,: aiguës, rangées comme les dents d’un peigne sur deux côtés opposés.
Les fleurs sont petites , peu apparentes, presque sessiles, axillaires ; les fleurs mâles nombreuses; les femelles plus rares, ayant l’aspect d’un petit bourgeon verdätre, Elles produisent de petits drupes ovales, d’un ronge vif; leur péri= carpe est mou, et enveloppe le noyau en grande partie, de maniere à présenter l'aspect d’un gland entouré de sa cupule. (P.)
Cet arbre résineux exhale une légère odeur de térében= thine. Ses feuilles, toujours vertes, sont douées d’une saveur amère , un peu âcre, et ses baies rouges ont une pulpe douceâtre et fétide. Comme la plupart des plantes de l'intéres= sante famille des coniféres , l’if contient une certaine quantité de résine : du reste, l’analyse chimique n’a point encore déterminé la nature de ses principes constituans.
De temps immémorial, cet arbre a été regardé comme très-vénéneux. Les Grecs prétendaient même que l'ombre de Pif d’Arcadie donnait la mort aux hommes qui avaient l’imprudence d'y boire, d'y manger ou d'y dormir. Si lon en croit Matthiole, celui qui croît aux environs de Narbonné aurait la même influence pernicieuse lorsqu'on se repose sous son feuillage. Ces faits, s’ils ne sont pas entièrement fabuleux, sont évidemment exagérés. Cependant Galien, Pline, Dioscoride , s'accordent à attribuer à ce végétal des qualités délétères , et, selon Matthiole, les poisons, désis gnés par les anciens#sous le nom de taxica et par suite 1oxica , d’où nous avons fait notre mot toxicologie, avec les= quels on empoisonnait autrefois les flèches , pourraient bien proveuir de cet arbre résineux. Le assure que les jardiniers; employés à tondre un if très-touffu du jardin de Pise, ne purent rester plus de demi-heure à faire ce travail sans étre atteints de violentes douleurs de tête. Le jésuite Schott affirme , en outre, que ses rameaux, plongés dans l’eau dor= mante , étourdissent et assoupissent Le poisson, de maniere qu’il se laisse prendre à la surface du liquide, avec facilité:
Les feuilles de lif, que les animaux ruminans mangent sans aucun danger, passent pour donner la mort aux che= vaux. Leur simple odeur, suivant Matthiole , suffirait même pour tuer les rats. Valmont de Bomarre rapporte qu’en 17559 plusieurs chevaux périrent au milieu des convulsions, quatre heures après en avoir mangé, dans un parc de Bois-le-Duc;
Ch120)
“et qu'un âne mourut subitement au Jardin du Roi, à Paris ; apres avoir brouté les feuilles d’un if, auquel on l'avait attaché. Ces faits, sans doute, ne permettent pas de dou- “ter des effets délétères des feuilles de l’ifsur certains animaux : par analogie, on peut croire qu’elles sont également dangereuses pour l’homme; mais nous ne possédons à cesujet aucune observation directe.
Les baies de cet arbre, suivant Dioscoride, auraient la singulière propriété de noircir les oiseaux qui s’en nourrissent, et de déterminer d’abondantes évacualions alvines et Je flux de sang chez les hommes qui ont l’imprudence d’en “avaler. Au rapport du commentateur de cet ancien botaniste, ces accidens et diverses inflammations des viscères “abdominaux , ont été observés chez des bergers qui avaient mangé de ces fruits sur les montagnes. Mais on peut opposer à ces faits des observations qui prouvent que ces baies sont impunément ingérées par l’homme et par d’autres ani-
maux, sans quil en résulte aucun accident. Théophraste
assure positivement qu’elles ne sont point nuisibles. Au rap-
port de Lobel , elles servent de nourriture aux cochons dans plusieurs contrées de PAngleterre, où, chaque jour, les enfans en mangent de grandes quantités , sans en éprouver aucun mal. Bomare n'a jamais vu survenir le moindre accident aux enfans qui mangent souvent de ces baies sons les ifs du Jardin du Roi, à Paris. Et le botaniste anglais,
“Gérard, en a mangé lui-même avec plusieurs autres per-
Sonnes, sans aucun inconvénient. Îl paraît done que dans
mos contrées , les fruits de l'if sont dépourvus des qualités
délétères, dont sont manifestement doués les feuilles et les
rameaux. Mais, par suite de l’influence prodigieuse que le uclimat exerce sur les propriétés des végétaux , il est possible
que sous d’autres latitudes , ils participent aux qualités dangereuses de ces dernières. Toutefois les opinions contradicfoires des auteurs, sur les propriétés de Pif, laissent beaucoup de doute sur sa véritable manière d’agir, laquelle demanderait à être soumise à une série d’expériences cliniques.
La pharmacie ne fait presque point usage de ce végétal.
Ilest, en quelque sorte, réservé parmi nous à l’ornement des Parterres , des jardins , des parcs et des avenues. Il est peu d'arbres qui soient plus dociles aux, caprices des jardi- Mers , et qui puissent revêtir autant de formes varices , par le môyen de la tonte. Il sert aux agriculteurs, à faire des
aies et dés palissades toujours vertes et très-solides. Son bois, par sa PA excessive, et par l’espèce d’incorruptibi-
lité qui le fait résister avec avantage à toutes les causes de destruction , le rend précieux thecte de circonstances. Les anciens en fabriquaient leurs ares les plus estimés. Parmi nous, les menuisiers , les tourneurs et les tablettiers l’emploient à divers ouvrages. Les charrons en font des dents pour les roues des moulins, dés essieux de charrette , et autres objets destinés à présenter une grande résistance.
(La plante est représentée de grandeur naturelle)
1. Fleur mâle, composée d’un calice de 6-8 écailles, et d’une colonne portant à son sommet 8-16 anthères.
2. Fleur femelle, composée d’un calice écaïlleux , du centre duquel s’élève uu ovaire perforé au sommet.
3. Fruit coupé longitudinalement, dans lequel on voit le péricarpe.