‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 37 sur 84 · TS · texte numérisé non relu

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délivré de cette affection. La même substance à été admin:strée à divers malades , toujours avec le même résultat, de sorte que l’on peut considérer cette matière vomitive comme jouissant, à un haut degré, de toutes les propriétés de l’ipécacuanba , et pouvant le remplacer dans toutes les circonstances où on emploie ce médicament, avec d'autant plus d'avantage ; qu'à dose déterminée , elle a une action beaucoup plus constante que l’ipécacuanha lui-même. Seulement il paraît qu’on ne peut pas en augmenter impunément la dose ‘comme on le fait à l'égard de cette racine, dont la quantité peut être doublée ou triplée, sans inconyéniens. Dix grains de cette matière vomitive » ayant été adrhinistrés à un chien , ont produit en effet, comme à l'ordinaire, le yomissement et la somnolence , mais l'animal est mort au bout de quinze heures ; et a présenté des traces d’une vive inflam.. mation du tissu pulmonaire et de la membrane muqueuse de l'appareil digestif, depuis le cardia jusqu’à l'anus. Enfin les expériences de MM. Magendie et Pelletier » Ont prouvé que les effets de l’émétine sont absolument les mêmes, lorsqu’elle est directement introduite dans l'estomac , et lorsqu'elle est “… injectée en dissolution aqueuse ; soit dans le rectum, soit — dans les veines; soit dans la plèvre:

L’ipécacuanha , ainsi que l’émétine qu’on en retire , exercent particulièrement leur action sur l'estomac : léur effet primitif le plus ordinaire est de produire des nausées et le “. yomissement , quelle que soit la manière dont ces substances aient été introduites dans l’économie. Assez souvent, toutefois, cette racine agit ur le canal intestinal ; et détermine la purgation , surtout quand on la donne à haute dose. MM. Magendie et Pelletier ont constaté que l’émétne jouit en outre d’une propriété narcotique très-manifeste, et que; pour peu qu’on l’administre à dose un peu forte, elle agit à la manière des poisons âcres, en enflammant l'appareil digestif et les poumons , et en donnant là mort au

out de Yingt-quatre ou trente heures.

Comme vomitif, on emploie l’ipécacuanha avec avantage, et l’on Pourra, sans doute, administrer l’émetine avec le méme Succès, dans toutes les maladies, aiguës et chroniques où la médication vomitive est nécessaire, soit pour faire disparaître un embarras gastrique qui est la cause du mal, ou qui le complique » Soit pour opérer la diaphorèse ou tout autre phénomene consécutif du vomissement: C’est ainsi qu’on ladini-

-mistre chaque jour dans-les fièvres biliéuses » Mmuquenses et ‘Intermittentes , accompagnées de surcharge gastrique. On Y ? recours avec le même succès dans les phlegmasies mu:

-queuses ; Séreuses, cutanées et parenchyrateuses , éoit pour faire disparaitre l'embarras des premières voies qui les complique si souvent, soit pour rappelér la transpiration. C’est probablement au succes qu’on en a obtenu, sous ce dernier d'apport, dans la diarrhée et la dysenterie, que l’ipécacuanha estredevable de la réputation usurpée dont 1 a joui contre ces affections. On sait, en effet, que peu de temps après son introduction en Europe, par Pison, en 16/9, cette racine fut signalée comme un puissant antidysentérique , et précoaisée par uve foule d'auteurs, comme le spécifique de cette phlegmasie. Mais si la racine du Brésil est propre à combattre la complication gastrique qui accompagne sisouvent cette maladie, elle ne peut point en général être utile contre une affection semblable qui réclame l'emploi des moyens les plus adoucissans. L’ipécacuanha , à dose vomitive , peut être employé avec avantage dans toutes les maladies qui tiennent à l’affection primilive de l’estomac et que Stoll a si bien signalées Sous le nom de maladies bilieuses. À petites doses souvent répétées, et de manière à produire de simples nausées ou des. Yomiluritions, cette racine a été recommandée et produit chàque jour de bons effets, dans les engouemens du poumon et autres affections des voies aériennes, telles que le catarrhe pulmonaire chronique , l’angine trachéale , le croup, l'asthme , la coqueluche; mais si l’action de lémétine est propre à éclairer sur les effets qu’on attribue à l’ipécacuanha dans ces circonstances, elle n’est pas moins propre à inspirer june sage réserve sur l’emploi d’une substance aussi irritante dans les phlegmasies des poumons et de lintestin. Divers médecins anglais ont attribué ne vertu fébrifuge à la racine du Brésil ; toutefois si, administrée immédiatement avant Pac- cès , elle semble avoir guéri sans retour des fièvres intermit= tentes qui avaient résisté à d’autres moyens , il faut attribuer ce. succés aux effets perturbateurs du vomissement, et non point à une propriété fébrifuge de l’ipécacuanha. Il en est de même des qualités diurétiques et diaphorétiques qu'on lui. a accordées: : l'augmentation de la transpiration et de l'urine qui a lieu quelquefois à la suite de Padministration de cette substance, est un effet de l'excitation générale qu’elle produit, et non point le résultat d’une action spéciale sur les reins ou les exhalans cutanés. Quant à la vertu antclminthique que l’ipécacuanha à haute dose manie | feste dans certains cas, ainsi que le prouvent les succès aveû lesquels M. Coste s’en est servi pour expulser le ténia, elle tient probablement à l’action purgative de cette substance ;

(A LTD) et ne serait ainsi qu’un effet secondaire qûi appartient à presque tous les purgatifs extracto-résineux.

Je dois passer sous silence beaucoup d’autres vertus purement illusoires , faussement attribuées à l’ipécacuanha. On ne peut admetre, par exemple , comme une vérité démontrée, les avantages presque miracnleux qu’on lui a accordés contre les hémorragies utérines ; toutefois je dois rappeler que plusieurs auteurs dignes de foi, tels que Bergius et Dalberg lui donnent les plus grands éloges dans le traitement de ces affections. Ce dernier Padmimistrait à la dose d’un tiers de grain toutes les deux heures, et Bergius ‘assure avoir gueri par le même moyen plusieurs femmes atteintes d’une redoutable ménorrhagie. |

La racine du psychotria emetica peut être admimistrée en substance, en infusion, en décoction, eten teinturealcoolique. En poudre, on la donne comne yomitive, de cinq à treize décigrammes (dix grains à un serupule), en suspension dans un verre d’eau sucrée. Lorsqu'on veut provoquer la purgation, on en porte la dose à deux grammes ( demu-gros) et au-delà. Pour exciter de simples nausées, on l’administre à la dose de deux à cinq centigrammes {demi à un grain), répétée toutes les deux heures. L’émétine, comme vomitive, doit être administrée d’un à deux décigrammes (an à quatre. grains) en solution dans un ou deux verres d’eau. On peut incorporer celte substance tout comme la racine d’ipécacuanha pulvérisée, ayec la gomme et le sucre, et en faire des pastilles qui sont d’un usage aussi agréable que commode. Chaque pastille doit contênir une quantité du médicament ,

bien déterminée , par exe , un huitième ou un quart de grain d’émétine , ou un grain d’ipécacuanha. La teinture alcoolique de cette racine se donne depuis quatre jusqu'à trente-deux grammes (un gros à une once). On en prépare un sirop qui est très en vogue, et d’une administration facile pour les enfans, auxquels on le donne depuis seize jusqu’à trente-deux grammes (demie à une once) et plus. Cette racine est un des principaux matériaux de la fameuse poudre de Dover , réputée anodine, sudorifique , etc. En évapoant jusqu’à siccilé, un mélange de teinture alcoolique d’ipécacuanha et de sucre , M. Coldefy obtient un sucre d’ipecacuanha qui renferme toute la partie gommo-résineuse de cette racine dont il recele toutes les propriétés, et qui, sous £e rapport, peut être d’un emploi très-avantageux. {

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