‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 36 sur 84 · Feuille radicale au trait · texte numérisé non relu

Feuille radicale au trait

Obs. Les fleurs les plus extérieures de chaque ombellule se teignent de rose, \ ét ont deux styles longs et droits ; celles du centre ( étant le dernier terme de I végétation) restent blanches et dépourvues de styles. (T.)

IPECACUANHA,.

LU

IPÉCACUANIA.

: PSYCHOTRIA EMETIGA ; Linné, pentandrie 710n02ÿ nie: RER Greta aie Û à ô ml Jussieu, classe 11, ordre 2 ; famille des rubiacées.

Français. . .. 1pecACcuANrA.

Allemand... nrecuwunzer.

Portugais... 1pecAcUANEA (1)

Le nom d’ipecacuanha a été appliqué aux racines de plusieurs plantes, toutes douces de propriétés plus du moins émétiques , tellement qu’il est très-difficile de déterminer l'espèce à laquelle ce nom devrait être rapporté exclusivement. Les auteurs , qui ont traité de cette racine , Sont peu d'accord entre eux. Les uns ont attribué l’ipécacuanha blanc à une violette; d’autres ont cru que le brun appartenait au psychotria emetica : des auteurs plus modernes pensent qu'il est fourni par le callicocca » Seu céphælis emeuica , tandis que celui du psychotria emetica est gris. Le caractère de ce genre consiste dans un calice persistant , à cinq pe-

tites dents ; une corolle longuement tubulée, à cinq lobes - couris, cinq étamines insérées sur le tube ; un style, un stigmate bifide ; une baie couronnée par le calice, à deux loges, à deux semences.

Il paraït que l’on avait confondu le callicocca , seu cephælis emetica , avec le PSychotria emetica , d’a près les observations de MM. Humbold et Bonpland (P! æquin. 9, tab. 126), qui donnent de Ja dernière plante la description suivante :

Ses racines sont grises, plutôt que brunes, à peine rameuses; leur écorce épaisse. Elles produisent une tige ligneuse, haute de deux pieds, divisée en rameaux simples, droits, recouverts de petits poils bruns très-serrés.

Les feuilles sont opposées, pétiolées, très-ouvertes , lan céolées, acuminées, entources de trés-petites dents aiguës , qui les font paraître comme ciliées , glabres dans leur vieil : lesse, couvertes en dessous, lorsqu’elles sont jeunes , de petits poils bruns ; leur pétiole velu, ainsi que les stipules.

Les fleurs sont petites, blanchâtres, réunies en petites

(1) Cette dénomination , que les Portugais ont empruntée aux indigènes du Brésil, à été adoptée chez presque toutes les nations de l'Europe. 53°. Livraison. a.

. (.150%) grappes axillaires, de la longueur des pétioles : elles produisent de petites baies lisses, ovales, de couleur bleuâtre , contenant déux semences oblongues, convexes en dehors, planes en dedans.

Cette plante croît dans les contrées méridionales de l’Amérique ; elle porte, à la Nouvyelle-Grenade, le nom de r'aicilla. : 4 à 4 (P.)

L’odeur de lipécacuanha est faible, un peu nauséeuse ; ‘sa saveur amère, légèrement piquante; mais ces qualités ‘physiques appartiennent exclusivement à l’écorce ; car la partie ligneuse de cette racine est d’un goût purement vis- -queus. MM. Magendie et Pelletier, dont les travaux viennent de jeter un grand jour sur la composition chimique des ipécacuanhas, ont reconnu que la partie corticale en recèle toutes Les propriétés actives, et que, avec un peu d'acide gallique, de Pamidon, une matière ligneuse,. de la gomme et une-cire végétale, elle renferme deux subsiances: particulières , très-dignes d’attention. L’une est grasse , hnileuse, pesante , d’un jaune brunâtre , d’une odeur très-forte, âcre, et composée d’une huile volatile extrémement fugace, principe odorant de l'ipécacuanba , et d’une matière fixe, grasse, comme résineuse, à peine odorante. L’autre , lorsqu'elle est desséchée , se présente en écailles transparentes, d'une couleur brune rougeûtre, pres-. que inodore, d’une saveur amère, un peu âcre; elle est dissoluble dans l’eau, dans les acides minéraux, et inso- Juble dans les huiles et dans les éthers. Cette dernière matière sui generis, qui constitueen poids les 0,16 de la racine d’ipécacuanha brun, et qui est en moindre proportion dans les autres, est la source des propriétés médicales de ces racines, et a pour caractère spécial, de provoquer le vomissement : ce qui lui a fait imposer le nom d’émétine par les auteurs que je viens de citer. s

Administrée à des chiens et à des chats depuis un demi jusqu’à deux grains, cette matière a constamment produit Le yomissement d’abord ; l’assoupissement ensuite; et, au bout d’un temps plus ou moins long, ces animaux sont rentrés dans leur état naturel. Un des auteurs à jeun , en a pris lui-même trois grains; plusieurs étudians , témoins de cette expérience , l'ont imité, et tous ont éprouvé des nausées et des vomissemens suivis d’une tendance au sommeil. Un des auteurs du mémoire où nous puisons ces données, étant affecté | d’un embarras gastrique, a avalé quatre grains d’émétine en | deux prises, à un quart d'heure d'intervalle l'une de l'autre : et, au moyen des yomissemens qui en ont cté la suite, il a été

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