‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 39 sur 84 · IRIS DES MARAIS · texte numérisé non relu

IRIS DES MARAIS

ACORUS ADULTERINUS; Bauhin, IltyæË , lib. r, sect G.

IRTS PALUSTRIS LUTEA ; L'ournefort , cl. 9, sect. 2, gen. 3.

1RIS PSEUDACORUS ; corollis imberbibus petalis interioribus sligmate minoribus, Joliis ensiformuibus , Linné, triandre monogyrie. Jussieu, cl. 3 , ord. 8, famille des iris.

Français...... IRIS DES MARAIS; GLAYEUL DES MARAIS. Italien... 2... *RDE GIALLA ; ACORO BASTARDO. ÆEspagnol..... ACORO BASTARDO; LIRIO ESsPADANAT. Portugais. .... LIRIO AMARELHO pos cHARGos.

Allemand....… WASSERSCHWERTEL.

Anglais. ..... YELLOW Ris.

Hollandais...: GEEL Liscu.

Danois...!.: SWÆRDLILIE.

Suédois...... SYARDSLILJA.

Polonais..... MIEczyr 2’orry.

Russe....... KASATNIK.

Hongrois. ... SARGA Vr21 LILTOw.

Halin. s...:

Ce groupe brillant de belles fleurs, auquel on a donné le nom d’iris ou d’arc-en-ciel , Si variées dans leurs formes et leurs riches couleurs , si nombreuses en espèces, en renferme plusieurs que la médecine sait employer avec avantage, et que nous allons faire connaitre. Toutes se distinguent par une corolle ( ou calice) à six divisions profondes, dont trois extérieures très-grandes, étalées; trois intérieures : droites et petites : point de calice ; trois étamines libres; un style ; trois stigmates très-grands, en forme de pétales , recouvrant les étamines : une capsule oblongue , à trois loges, à trois valves; les semences nombreuses » presque rondes, assez grosses.

L'iris des marais ou glayeul, paraît avec éclat sur le bord des étangs , où ses fleurs , d’un beau jaune , la font aisément distinguer.

Ses racines offrent une souche charnue , tubéreuse, horizontale, garnie de grosses fibres cylindriques , d’où s'élève une tige droite, presque cylindrique, un peu en zig-zag ers son sommet, glabre, haute de deux ou trois pieds.

+ Ses feuilles sont vertes, planes, ensiformes, strices, aiguës, Parfaitement glabres, souvent plus longues que les tiges , aigués à leur sommet.

Les fleurs , au nombre de trois ou quatre et plus , sont si- 55°, Livraison, tone

(156) tuées vers le sommet des tiges, portées sur des pédoncules alternes. La corolle est longue d'environ deux pouces ; ses trois plus grandes divisions ovales-spatulées , trés-entières , point barbues ; les trois intérieures courtes , fort petites. Les stigmates sont jaunes, obtus, un peu échancrés ou dentés, plus grands que les divisions intérieures ; le tube de la corolle court.. P.) La racine de cette plante est tubéreuse , annellée, d’une couleur comme ferrugineuse. Son parenchyme est charnu , fragile, d’un gris parsemé de rouge. L’odeur de marais qu’elle exhale dans l’état frais, se dissipe par la dessiccation, et alors elle est inodore , fade et styplique : son astringence est même accompagnée d’une cértaine âcreté. De méme que les racines de la plupart des autres iridées, elle ‘contient une matière extractive bruné, une huile grasse, âcre et amère , et une huile volatile qui se concrette.en lames brillantes. Mais elle en diffère par une plus grande proportion du principe extractif astringent, auquel sa décoction doit probablement la propriété de se colorer en noir par le sul- {ate de fer. i ts ie li} Cette racine, douée de propriétés beaucoup plus actives dans l’état frais que lorsqu'elle est sèche, exerce sur l'économie animale une impression tonique avec une légère astriction. Toutefois,ses effets varient selon les organes sui lesquels on la dirige spécialement. Ainsi , son suc introduit dans les narines, irrite vivement la membrane pituitaire , produit un sentiment d’ardeur dans les fosses nasales, le pharynx, ainsi que dans la bouche , et détermine un écoulement abondant de mucosités par le nez. Cet effet, au rapport d’Amstrong , a quelquefois dissipé des céphalalgies opiniâtres et des douleurs de dents qui avaient résisté à tous les autres moyens. Dans la même vue, divers auteurs ont recommandé la racine elle-même comme masticatoire, contre l’odontalgie et lés fluxions aux gencives. l’action purgative de cette racine , lorsqu’elle est récente, est surtout tres-remarquable. Lorsqu'on l’ingère, elle provoque d’abondantes évacuations alvines. Ce qui fait que le suc qu’on en etire a été préconisé comme hydragogue, et administré avec avantage par Ramsay, dans un cas très-remarquable d’hydropisie, et par Plater, contre l’ascite et l'anasarque. Etmuller dans certains cas, l’expulsion de plusieurs ascarides oïdes être la suite de l'administration de la racine es marais, Au rapport de Murray, Blair, médecin | anglais, attribuait au suc qu’elle fournit de bons effets contre | les scrofules des enfans. Rien ne s’oppose, en effet, à ce

( 157 ) que celte racine lonique, siyptique et purgative, ne puisse, ainsi que les autres substances de même nature , étre utile dans le traitement de ces maladies ; mais il n’est guère permis d'admettre son efficacité dans la diarrhée et la dysenterie , contre lesquelles on lui a prodigué de vains éloges, quand on réfléchit que ces phlegmasies reponssent tous - les excitans lorsqu’elles sont aiguës, et que lorsqu'elles sont chroniques, les astringens sont loin d’y produire les bons effets qu’on leur attribue faussement. En somme, on ne possède, comme on voit, sur les effets consécutifs de cette racine, que quelques faits épars , qui ne suffisent point pour fixer définitivement les idées sur son influence thérapeutique, ni pour lui faire accorder comme tonique, astringente ou purgative, aucune préférence sur une foule de substances où ces propriétés sont beaucoup plus développées.

En substance, on donne la racine d’iris des marais sous forme pulvérulente, de treize décigrammes à quatre grammes (un scrupule à un gros); et en décoction , de trente-deux à soixante-quatre grammes (une à deux onces) pour un kilogramme (deux livres) d’eau. La dose de son suc exprimé , est depuis seize jusqu’à soixante-quatre grammes (demi-once à deux onces).

Bouillie dans l’eau avec de la limaille de fer, cette racine produit une assez bonne encre, dont les montagnards d’'Ecosse se servent ordinairement, dit-on, pour écrire. On l'emploie aussi, dans le même pays, pour la teinture des draps en noir.

(La plante est représentée au liers de sa grandeur naturelle)

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