IRIS GERMANIQUE
IRIS VULGARIS GERMANIJCA, sive SYLVESTRIS, ‘Bauhin ,
[uvaË , lib. x, sect. G. Tournefort, el. O, sect. 2, gen. 3. Latin. ......./1r1s cerman:ca; corollis barbatis, caule foliis altiore ; mullifloro, floribus inferioribus pedunculatis. Linné, triandrie monogynie. Jussieu, cl. 3, ord. 8, Jamille des iris.
Français... ... IRIS GERMANIQUE; FLAMBE.
Ltalien. ... ... ciex10 CELESTE AZZURRo.
Æspagnol. . ... LIRIO DE ALEMANA.
Æorlugais.... LIRIO DOS MONTES.
Allemand... ... peursene 1ris. : Anglais. ..... BLUE FLOWER DE LUO&.
| Hollandais... purrscne tris.
Manois......: BLAA LILIE.
Duédois.. .... BLALILIA.
« En faisant naître cette belle espèce d’iris aux lieux incul- “tes, sur les vieux murs , et jusque sur les toits de chaume à semble que la nature ait cherché à masquer, par une de ses plus brillantes productions , les signes extérieurs de l’indigence, qu’elle ait voulu couvrir de fleurs l'habitation du pauvre , et nous offrir un de ces tableaux touchans que l’art lefforce envain d’imiter dans nos bosquets. En quittant son eu natal pour passer dans les jardins de l’opuience , elle n'est plus qu’une belle fleur.
Ses racines, en forme de souche, sont obliques, noueuses,
épaisses , charnues, garnies de fibres ; ses tiges , presque simples, droites, glabres, cylindriques , bautes d’un pied et : demi à deux pieds , nues dans leur partie supérieure.
- Les feuilles sont planes, glabres, ensiformes, succulentes ; | ba peu épaisses , plus courtes que les tiges, vaginales à leur | base,
Les fleurs sont alternes, pédonculées, terminales, peu | nombreuses, d’un pourpre violet ou bleuâtre ; les su périeu- L Les presque sessiles ; Les spathes membraneuses à leurs bords, Mioussâtres ou teintes de violet : le tube de la corolle est un (er plus long que l'ovaire ; les trois grandes divisions du
lmbe ovales , arrondies , munies vers leur onglet d’une raie le poils blancs ou jaunâtres : les trois divisions intérie ures, l Presque aussi grandes que les extérieures ; les sligmates d’un » Miolet mélé de blanc, dentés, très-aigus,
) 53°. Livraison. c.
Ceite plante fournit, par la culture , un grand nombre de belles variétés. (P.)
La racine de l'iris germanique, ridée, genouillée, charnue, de couleur fauve , exhale , lorsqu'elle es1 fraiche , une odeur forte et désagréable qui se change, par la dessiccation, en une agréable odeur de violette. Sa saveur äâcre, amère, nauséeuse, est légèrement styptique. Ses principes constituans paraissent être les mêmes que ceux de la racine du faux acorus. Toutefois, des qualités physiques plus prononcées semblent y annoncer des propriétés médicales plus énergiques, bien que de la même nature.
Les différentes vertus errhines, sialagogues , purgatives, cordiales, etc., etc., qu’on a attribuées à cette racine, découlent immédiatement deJ’action excitante qu’elle exerce sur les divers appareils de la vie organique, Dirigée dans les fosses nasales, sous forme pulvérulente , elle excite Péternuement et la sécrétion du mucus nasal. Mâchce, elle provoque l'écoulement de la salive par tous ses canaux, et c’est pour celle raison qu’on la fait entrer si fréquemment dans la composition des poudres sternutatoires et dentifrices. Toutefois elle est spécialement réputée par ses effets purgatifs. Lies observations de Plater, Rivicre, Ruffus, Lister, Werlhoff, attestent que son suc a été parfois employé avec succès dans J’ascite , l’anasarque et autres bydropisies , soit primitives , soit résultat des fièvres intermittentes. Ses succès, dans ces différens cas, tiennent essentiellement à son action purgative, ce qui explique, du reste, la réputation dont elle a joui comme hydragogue. Mais il est à regretter que les Se et autres snbstances toniques. et astrin= gentes auxquelles elle aété presque toujours associée par les auteurs que je viens de citer, ne permettent pas de déterminer la part que cette racine a réellement eue aux guéri sons qu’on lui attribue silibéralement. Cette vicieuse et funeste coutume d'associer ainsi une foule de substances plus ou Moins actives, qui fait le triomphe de la routine et la gloire des charlatans, est, sans contredit, le plus grand obstacle qui se soit opposé jusqu’à nos jours à la détermination précise des véritables propriétés des médicamens ; ct l'on ne peut point se flatter de parvenir à des idées exactes sur leur action, tant que celte pharmacomanie . digne des temps d’ignorance el de barbarie où elle a pris naissance, n@ sera P enticrement déracince. Murray observe judicieuse = ment, d'aprés Quarin , que la racine de iris germanique agit parfois avec tant de violence , qu'il en résulte une cha= leur brülante dans le pharynx et l'œsophage, de vives dou
leurs dans l'estomac et les intestins, et méme, dans certains cas , une inflammation mortelle de ces organes , ce qui doit rendre prudent et circonspect sur son emploi. Comme purgatif, on pourrait employer son suc exprimé de soixantequatre à quatre-vingt-seize grammes (deux à trois onces). En substance , elle est d’un usage beaucoup plus fréquent ; et, sous forme pulvérulente , elle fait partie d’une foule de médicamens dentifrices, sternutatoires et autres,
La racine de cet iris, comme celle de l'iris de Florence, est fréquemment employée par les parfameurs pour aromatiser des poudres, des pommades destinées à la toilette des femmes , et autres cosmétiques. Le suè , exprimé des corolles de cette plante , mélé avec l’alun , donne une couleur verte dont on se sert pour écrire en vert.
(La plante est réduite au tiers de sa grandeur naturelle)