IVRAIE
GRAMEN LOLIACEUM; angusliore Jolio et spicé, Bauhin, [liveË, lib. r, sect. 1. lournefort, cl. 15, sect. 3, 0. 8. . d TE 88 à - 2 JC Latin... ..{rorrum.Peñenne: s C4 mulicé, spiculis compressis mul- RE Re D) CE TEN WA : L tuftoris. Linné, triandrie digynie. Jussieu , cl. 2, ord. 4; Jamille des graminées.
Français. .... 1yRAïE VIVACE; FAUX FROMENT.
Bidliens. .. .. Loco VIVACE.
Espagnol. ... parmco.
Portugais +... JOYO VIVACE.
Allemand. …. . WINTERLOLCH ; SUESSERDOLCH.
PAnelais:..... RAY GRASS, nds +++ ENGELSCH RYEGRAS.
ATIOIS ES NT COUR AIG RE
Muédois.. .... RENREPE.
MUSSe DE me. PSCHANEZ.
Y-grass, cultivé en Angleterre , comme rrages, est une gramincée très-commune lieux incultes , le long des chemins et
Sur les pelouses; elle est facile à reconnaitre par ses tiges
roides, très-simples ,» lerminées Par des épis alongés, tresmetroits : elle présente, pour caractère générique , des épil-
D. ; = els composés d’ane seule valve calicinale subulée » persis-
“tante, opposée au rachis, dont la concavité forme comme
une seconde valve, et recoit plusieurs fleurs sessiles, imbri- = , renfermées dans la longues ; la corolle bivalve ; trois étamines ; dune semence nue, alongée.
.. Ses racines sont dures » VLivaces Mnes et fibreuses. Elles produisent plusieurs tiges haute$ d’un à deux pieds, la plupart couchées à leur base, glabres, très- Msses, dures , rarement ramifiées.
= Les feuilles radicales s
valve calicinale, quelquefois plus deux styles ;
; Un peu traçantes, ,:touf-
Ér. . chiRe
ont planes, très-étroites, lisses à
Meurs deux faces ; celles des tiges un
8 peu plus larges, rudes
ben dessus , plus courtes que les tiges.
simple, fort étroit, composé d’épi
par la culture, se change en froment, Mre, et se transforme en ivraie vivace.
es fleurs sont disposées en un Ing épi droit, comprimé, ets alternes , sessiles , !
(1) C'était antrefois une croyance vulgaire, que l’ivraie vivace, améliorée
et que ce dernier grain, négligé, se dété-
54°. Livraison, b,
( 15213 placés sur deux rangs opposés, appliqués contre un axe (Île rachis) un peu flexueux, creusé en canal à ses côtés. Chaque cpillet contient environ six à douze fleurs comprimées, imbriquées, très-serrées, dépourvues de barbes, ou quelquefois terminées par une arête courte.
Cette plante offre plusieurs variétés remarquables, qui l'ont fait confondre quelquefois avee Le lolium temulentum , et lui attribuer les qualités délétères de cette dernière, qui s’en distingue par ses tiges rudes au toucher, ainsi que la face interne de ses feuilles, par ses épillets très-ordinairement munis de longues arêtes droites, par ses semences acides, au point de rougir les couleurs bleues végétales.
Parmi les variétés du lolium perenne, on en trouxe dont les fleurs sont vivipares; dans d’autres, l’épi se ramifie à sa partie inférieure, et présente l'aspect d’une panicule, où bien les épillets élargis, rapprochés, forment un épi court, | ovale, obtus. Le lolium tenue , beaucoup plus grêle , et ce souvent ne renferme que trois fleurs dans sa valve calicinale, est considéré par les uns, comme une espèce distincte, par d’autres comme une simple variété. Le grand nombre des fleurs, légèrement aristées, caractérise le lolium Re col
L’ivraie vivace, très-importante pour lécanomie rurale, n’intéresse que médioerement le médecin. Cette plante engraisse promptement les chevaux et les bœufs qui s’en nour= rissent; il est probable que sa graine ne conviendrait pas moins aux oiseaux de basse-cour, et même que l’homme pourrait la manger sans inconvénient. ce
Mais il n’en est pas de même de l'ivraie annuelle, lolium temulentum. Celle-ci présente un des faits les plus remarquables qu'on puisse citer comme exception à la loi de l'analogie des propriétés médicales dans les plantes de la même famille. Les. semences de toutes les graminées auxquelles cette plante appartient, sont en effet constamment nntritives : partout l'homme y puise ses plus utiles comme ses plus précieux alimens , tandis que celles de livraie, loin d’être propres à réparer ses pertes et à le nourrir , agissent sur Jui à la ma= nière des poisons (1). Je ne sache pas que les chimistes mo= dernes aient employé aucun moyen d'analyse à la recherche des principes composans des emences de cette plante, mais V’exp‘rience a constaté ses effets pernicieux sur l'économie animale,
(1) Cette plante a été ainsi nommée, parce qu’elle détermine des vertiges, des tiemblemens, et une sorte d'ivresse chez les personnes qui en font usages
Cr58)
Aristote, Théophraste , Pline, Dioscoride , Ont connu les BÉORItRS déléteres de l’ivraie ; les naturalistes, les historiens, es poètes de l'antiquité, nous parlent des aceidens auxquels elle donne lieu. Les anciens croyaient même que son nsage rendait aveugle, Lolio victitare était, chez les Romains, une expression familière, synonyme de devenir aveugle. Virgile lui donne le nom de sinistre, énfelix lolium. Les, modernes ont confirmé les effets dangereux des stmences de cetie graminée, et c’est surtout à Seeger que l’on doit les données les plus positives sur leur action médicale. In chien, auquel cet auteur avait fait avaler trois onces de bouillie faite avec la farine d’ivraie et l’ean, éprouva, au bout de cinq heures, un tremblement général ; il cessa de marcher, la respiration devint difficile. Au bout de neuf heures, iltomba dans l’assoupissement , et devint insensible = mais il fut rétabli le lendemain, Chez d’autres animaux soumis à la même expérience , il y ent des yomissemens ‘des convulsions, et une abondante excrétion d'urine et de sueur. Le même auteur rapporte que cinq personnes , ayant mangé ensemble cinq livres de pain d’avoine mélée d’ivraie , furent toutes atleintes, au bout de deux heures, d’une céphalalgie frontale, de vertiges, de tintement dans les oreilles. L’eslomac était douloureux , la langue tremblante , la déglutition et la prononciation singulièrement difficiles. Il y eut quelques vomissemens aqueux avec beaucoup d’efforts, de fréquentes envies d’uriner, une grande lassitude, des sueurs froides , et surtout un violent tremblement de tout le corps. Divers auteurs assurent que l’ivraie a produit quelquefois la Paralysie, un délire furieux, et méme la mort. On lui at- “ribue en outre des fièvres épidémiques de mauvais caracicre. Ces derniers faits sont sans doute exagcrés. M. Decandolle remarque , en effet, que l’ivraie, mélée au pain, ou introduite dans la bière, donne rarement lieu à ces accidens ; il prétend même que, dans des temps de disette , plusieurs individus en ont mangé sans inconvéniens. Mais ces faits négalifs ne détruisent pas les observations positives faites en
emagne, par Seeger ; de sorte qu'il paraît incontestable que livraie agit sur l’économie animale , à la manière des PoOisons narcotiques-irritans , en excitant l'appareil gastrique d’abord, et ensuite le système nerveux et les autres , d'où - résultent les effets narcotiques et enivrans qu’on lui reconnait, On pourrait facilement remédier à ces accidens par le moyen d’un vomitif, à la suite duquel on administrerait des boissons délayantes et acidules, ou quelques toniques diffu-
sibles, selon la nature des symplômes qui auraient été produits. Du reste on ne s’est livré à aucune recherche clinique sur les effets consécutifs de cette substance dans les maladies. On s’est borné à en faire, dans certains cas, des applications locales, généralement regardées comme détersives et résolulives ; on a également prétendu que ces applications d’ivraie étaient propres à s'opposer à la gangrène : mais aucune expérience directe ne vient à l’appui de cette assertion. 1. La dose à laquelle on pourrait administrer l’ivraie, n’est pas mieux déterminée que l'influence qu’on peut en espérer dans le traitement des maladies ; maïs, à raison de ses propriétés dangereuses, si l’on voulait y avoir recours, il faudrait commencer par une très-petile dose ; celle de quelques grains, par exemple, qu’on aurait soin d'augmenter peu à peu, à mesure qu’on en suivrait les effets avec attention. Si ce que rapporte Bourgeois, de Pusage de la pâte d’ivraie pour engraisser les chapons et les poulardes, est vrai, cette . substance n’exercerait point, sur les oiseaux, la même action qu’elle exerce sur l’homme et sur les chiens, et on pourrait l’employer avec avantage à la nourriture de la yo- . Jaille et autres usages économiques.
. (La plante est représentée de grandeur naturelle )
1. Epillet composé d’une glame uni-rabiée et de sept fleurs. a. Fleur entière détachée d’un épillet.