JALAP
SONVPLYULUS.JALAPPA; foliis difformibus, cordatis, an- Matin gulatis, oblongis lanceolatisque, caule volubili, pe- 1'5ÿ ROC dunculis uni/loris. Linné, pentandrie monogyirie. Jus=
sieu, cl. 8 , ord. 10, famille des liserons. | E. “.. UUATDAP.
Jialien....... GIALAPPA, ;
Espagnol... JALAPPA; XALAFPA, OrtUSaIs ., .. JALAPPA.
* Allemand... . JALAPWURZEL,.
Anglais... ...\ jArap.
Hollandais .…:. JALAPPE,
MOIS SET. JALAPPE, Muédois.. ... jarApy.
Plusieurs auteurs, d’après Tournefort , avaient rapporté le “jalap à une espèce de belle-de-nuit, nommée mirabilés ja- «eppa, L., dont les racines sont douces de propriétés purga- “lives; mais il a été bien: reconnu depuis que le véritable “jalap était un liseron , le convolvulus jalappa, L., dont le » Caractère essentiel du. genre consiste dans un calice à çin | divisions ; une corolle monopétale , plissée, campaniforme ou infondibuliforme ; cinq étamines; un style surmonté de bdeux stigmates. Le fruit est une capsule supérieure, entou-
dite par le calice, à deux loges, renfermant chacune deux Semences,
Ses racines sont épaisses , alongées, compactes , blanches
Milextérieur, noirâtres en dedans, remplies d’un sue laiteux : Ses tiges sont très-longues, herbactes et grimpantes, cou Lvertes d’un léger duvet, ainsi que toute la plante, garnies Lde feuilles alternes, pétiolées, de formes différentes , légè- Mement ondulées sur leurs bords ; les inférieures triangu-
aires » Presque en cœur, les supérieures plus alongées, plus aiguës,
Les. fleurs sont solitaires ;.alternes, pédonculées , situées
Mans l’aisselle des feuilles ; Les pédoncules un peu plus courts ique les fleurs ; la corolle est assez grande , d’un jaune pale, en forme d’entonnoir ; les semences hérissées, : Cette plante croit au Mexiqué, aux environs de la Véra- - Elle tire son nom de Xalappa, ville de l'Amérique Espagnole , d’où elle nous est yenue pour la premicre fois.
54°, Livraison. Ce
Tellelqu’elle se présente dans le commerce, la racine de jalap est grosse, courte, arrondie , ou en tranches épaisses, esantes , orbiculaires , rugueuses ; d’une couleur jaune bru= nâtre à l’extérieur, et d’un gris veiné intérieurement, Sa | cassure ondulée et lisse est parsemée de points brillans; son | odeur est légèrement nauséeuse, et sa saveur âcre et piquante, On en retire une matière extractive , et une résine ! à laquelle le jalap doit toutes ses propriétés médicales. D’a= près Les analyses de Gmelin , Neumann, Bergius , Cartheu> ser, Spielmann, la quantité de cette résine varie beaucoup selon différentes circonstances qui n’ont point encore été déterminées , mais qui tiennent, selon toutes les apparences, à âge” de la plante, à l’époque à laquelle sa racine a été cueillie , à son état de fraîcheur ou de vétusté, etc.
Porte sur les fosses nasales , la racine de jalap. pulvérisée irrite la membrane pituitaire, et provoque l’éternuement: Introduite dans l’estomac, elle produit peu d’altération dans les fonctions de cel organe; mais elle agitavec force sur le | canal intestinal, et provoque d’abondantes évacuations al= vines. « Le jalap, dit Schwilgué, administré à petite dose et très-étendu, provoque une purgation sans coliques ni phé= | nomènes généraux notables; à grande dose, il peut occasioner les unes et les autres. Son action est assez promptes» elle est accompagnée de chaleur plus ou moins grande dans À l'intestin ; elle n’est pas accompagnée de vomissemens, quoiqu’elle trouble l’action de lestomac ; elle n’est pas suivie de constipation. L’extrait alcoolique de jalap peut dé terminer les mêmes effets que la racine ; il est susceptible k d’occasioner l’inflammation si on l’administre à trop grande dose ou trop peu étendu. Il agit d’une manière plus constante que la racine dont les matériaux ne sont pas toujours dans les mêmes proportions. J’ai souvent administré l'extrait & alcoolique de jalap à la dose de demi-gramme, soit sous forme de pilules , soit en suspension dans cent et deux cents fois son poids d’eau, sans provoquer de coliques ni de trouble général notable. Il est un des purgatifs qui méritent le plus d’être employés. On peut, en eftet, administrer sous peu de volume, et masquer facilement sa saveur ; son action est constante ; il peut convenir , et lorsqu'on veut provoquer une purgation sans phénomènes généraux , et lorsqu'on veut » déterminer un trouble général. » L outefois l'expérience sem # ble avoir constaté que le jalap, ainsi que la résine qu’on en | retire , conviennent peu en général aux temp ramens ners à veux, aux constitutions très-irritables, aux sujets secs, mai= gres et ardens ; on doit s’en abstenir dans les fieyres aiguës s
dans les maladies inflammatoires , et dans toutes les affections qui sont accompagnées d’une vive réaction Yitale » OU "de beaücoup d’irritation, En revanche, ce purgatif convient très-bien aux tempéramens lymphatiques, aux individus forts qui ont peu de susceptibilité nerveuse, aux femmes et aux enfans, chez lesquels les sucs blancs prédominent, et dont le canal intestinal est habituellement surchargé d’épaisses et d’abondantes mucosités. Le jalap, en un mot, est un des purgatifs les plus utiles à employer dans les maladies chroniques. On en fait spécialement usage dans les affections catarrhales rebelles et Jes écoulemens de vieille date, dans les rhumatismes anciens, la goutte atonique, le scorbut, la mélancolie et autres néyroses, contre lesquelles la Médication purgative est utile. On s’en sert surtout avec succès dans l'hydropisie, les scrofules et les maladies vermineuses. Divers | auteurs ont même préconisé l'efficacité du jalap dans Phydropisie ascite, mais il ne peut y avoir eu du succès que lorsque cette maladie ést essentielle et atonique ; car, si elle avait le caractère inflammatoire , ainsi que cela arrive quelquefois , ou si elle était Le résultat de l'inflammation du périloine, ce qui est le cas le plus ordinaire, on sent qu’un semblable purgatif y serait beaucoup plus nuisible qu’utile. Le seul inconvénient qu'on puisse reprocher à la racine de jalap , c’est que, selon la quantité plus ou moins grande de résine qu’elle renferme , elle produit , ainsi que le remarque Murray, des effets tantôt à peine sensibles, tantôt tellement intenses qu’il peut en résulter une inflammation fu este, et même la mort : circonstance qui doit engäger à ne de Préférence la résine qui, toujours identique, agit constamment de la même manière à la même dose, et produit d’ail: leurs les mêmes effets que la racine elle-méme. . Beaucoup plus activé que cette dernière, la résine de jalap ne se donne guère au-delà d’un gramme (dix-huit Srains) aux adultes. Aux petits enfans Âgés de moins de huit ans, on l’administre à la dose d’autant de grains qu’ils ont d'années, et de huit à dix grains à ceux qui sont âgés de bait à quinze ans. La racine est administrée, aux adultes ! d’un à deux grammes (seizé à trente-six grains). et aux enfans de vingt-cinq à cinquante centigrammes (cinq à dix grains). L’une et l’autre peuvent être données en suspension dans l’eau, le lait ou une émulsion, ou triturées avec du sucre, ou une poudre inerte, et: administrées sous forme pilulaire ou d’électuaire.
Il faut être prévenu que la racine de jalap est souvent ver- Moulue et détériorée par la vétusté dans les boutiques, et
(158 ) que sa résine est souvent sophistiquée par son mélange avec la colophane ou autres résines, Cette racine purga= tive entre dans la composition d’une foule de médicamens surannés, tels que les électuaires hydragogue de Sylius, et autihydropique de Charas, extrait catholique de ARol= Jincius, les pilules antigoutieuses de Scheffer, les pilules ca chectiques , Les sirops hydragogue et apéritif.de Charas, et autres préparations pharmaceutiques condamnées à un éternel oubli. On retrouve encore le Jalap dans un grand nombre de teintures stimulantes et purgatives, dont regorgent les pharmacopées et les formulaires français et étrangers.
Éd
(La plante est réduite au quart de sa grandeur naturelle)
x. Tube ouvert, d’une corolle, afin de faire voir le pistil et l'insertion des cinq étamines,