‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 49 sur 84 · JUSQUIAME · texte numérisé non relu

JUSQUIAME

Gréct ossi dosxdapos (1), Dioscoride.

HYOSCYAMUS VULGARIS, vel NIGER, Bauhin, ITivaë, 1.5; sect. 1. Tournefort, clas. 2, sect. 1, gen. 4. Latin..…......{uxoscxamus nicen; folits amplexicaulibus sinuatis, floribus sessilibus. Linné, pentandrie monogynie. Jussieu, cl. 8; ord. 8, famille 22 solanées.

Français... JUSQUIAME ; HANEBAXE.

Italien ...... œiuscuramo.

Æ£spagnol. .. . vereno.

Portugais... MEIMENDRO ; YOSCIAMO.

Allemand... wirsenxkraur.

Anglais... HENBANE.

Hollandais... Birsenvrrutn.

J'uédois.. ... . BOLMORT.

Danois ...... Eurue.

Polonais. .... pBIELUN.

Russe ......, BELENA.

Tout, dans la jusquiame, contribue à nous donner, sur les qualités de cette plante, des idées peu favorables. Un feuillage d’un vert pâle et livide, couvert d’un duvet visqueux , la couleur triste et sombre de ses fleurs, l'odeur repoussante qui s’exhale de toutes ses parties, sont autant d’attributs qui écartent de cette plante ces attraits répandus sur la plupart des autres fleurs. Elle appartient à la famille suspecte des solanées , et se caractérise par un calice tubulé, persistant, à cinq lobes; une corolle presque campanulée : le tube court; le limbe partagé obliquement en cinq découpures inégales ; cinq étamines ; un .ovaire supérieur, surmonté d’un seul style, et d’un stigmate en tête. Le fruit est une capsule ovale, obtuse, renflée à sa base, creusée d’un sillon sur chaque côté, s’ouvrant horizontalement vers son sommet, en forme d’opercule , partagée en deux loges ; les semences nombreuses,

Ses racines sont épaisses, ridées , peu ramifiées , brunes en dehors, blanches en dedans : elles produisent une tige velue, haute d’un à deux pieds , épaisse, rameuse, cylins drique.

e LA (1),De VS, cochon, et XUa4y0$ , féve.

55°. Livraison. Le

obtenus. Stoerck a procédé beaucoup plus sagement dans l'administration de cette plante. Il a pris lui-même, et a administré à différens malades l’extrait des feuilles de jus- .Quiame seul , et il assure en avoir obtenu beaucoup de succès dans les convulsions et l’épilepsie, dans Les palpitations du cœur , la céphalalgie invétérée, contre la manie, la mé- " lancolie et l'hémoptysie, Collin et Greding en ont fait usage dans les mêmes Aaladiose ils ont même été beaucoup plus hardis ; puisqu'ils en ont porté la dose jusqu’à vingt et quarante grains par jour, tandis que Stoerck se bornait ordinairement à la dose de huit à dix grains, et dépassait rarement celle de quinze grains dans le même espace de temps. Quels que soient les ayantages que ces auteurs , et beaucoup d’autres médecins paraissent avoir obtenus de l'emploi de cet es- : trait, contre les maladies précédemment indiquées, il ne faut pas se dissimuler que certains malades n’en ont retiré aucun soulagement , et qu’il a déterminé chez plusieurs des accidens tout aussi redoutables que la maladie qu’on avait en vue de guérir. |

À l'extérieur, la jusquiame noire exerce, comme sédative, des effets non douteux. Sa décoction chaude a été employée avec avantage en fomentations dans les entorses, les w diastasis et Les contusions. Ses feuilles cuites dans l'eau, et appliquées en cataplasmes, ont été vantées contre la podagre, et ont quelquefois réussi à calmer d’horribles douleurs de goutte, à faire disparaître d’anciennes douleurs rhumatismales rebelles , et à résoudre l’inflammation et les engor- À gemens douloureux des mamelles. On a recommandé contre. les douleurs de dents, de retenir dans la bouche la fumée de cette plante sèche; mais ce préeepte téméraire , suivant la remarque judicieuse de Murray, peut être suivi d’accidens tout aussi graves que Podontalgie.

L’extrait de jusquiame se donne d’abord de cinq à dix centigrammes (un à deux grains) par jour, et on en augmente graduellement la dose; jusqu'à un gramme (vingt grains). On peut également administrer le suc dépuré , on la plante elle-même pulvérisée, mais on y a rarement rêcours. On en prepare, avec l’axonge , un onguent, et avec | ‘diverses résines, un emplâtre ; réputés contre les douleurs. Les feuilles de jusquiame entrent en outre dans la composi= M tion de l’onguent populéum , etses semences dans un grand M nombre de préparations vieillies, et heureusement condame= nées à pourrir dans la poussière des officines : tels sontentre M autres le requies de Nicolas Myrepsus, le philonium romar,

Page 1