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Chef, de la brillante famille à laquelle il a donné son nom (les liliacées) , le lis est un des plus beaux ornemens du règne. végétal, En respirant l’odeur suave dont il parfume l’air, nons nous c'oyons transportés dans ces riches contrées de l’Orient ; qu’il a quittées pour venir habiter parmi nous : on croit cependant qu’il se trouve également dans l’'Eugope. Haller l’a découxert dans la Suisse ;: Decandolle sur le Jura, dans. des lieux sauvages, éloignés de toute habitation. Û
Sous le rapport de ses caractères génériques, le lis se distingue par une corolle ample, campanulée, à six pétales ou six divisions profondes, distinctes, creusées chacune par un sillon longitudinal plus marqué vers la base, à bords dentelés; point de calice; six étamines : les anthères oblongues et versatiles ;, un ovaire supérieur, oblong, à six cannelures ; un style Cÿlindrique , le stigmate épais, à trois lobes. Le fruit est une capsule trigone, à six sillons, oblongue, obtuse, à trois loges, à trois valves polyspermes.
Sa racine est ovale, bulbeuse, jaunâtre, écailleuse en dehors,
:garnie en dessous de grosses fibres fasciculées > Qui constituent
la véritable racine.
Sa tige,est simple, droite, cylindrique, longue de deux ou
Ltroïs pieds, garnie Presque dans toute sa longueur de feuilles
58°, Livraison. a,
(228 9 éparses, sessiles, nombreuses, oblongues, très-lisses, ondulées, et un pe algues.
* Les fleurs soñt remarquables par leur grandeur, leur éclatante blancheur, par leur odeur exquise : elles sont pédonculées, disposées en une grappe lâche et terminale, d'abord droites sur leur pédoncule, puis inclinées à mesure qu’elles se développent. AE
Le lis blanc a joui autrefois de beaucoup de réputation en
médecine; mais depuis que l’on commerice à observer avec attention l'action des médicamens, son usage est entièrement tombé en désuétude, Excepté la fleur , qui exhalé, dans l’état frais, une odeur suave, fragrante, étowrdissanté , toutes les parties de cette plante sont inodores, et offrent une saveur fade, douceñtre, un peu amère, extrêmement visqueuse. Toutes contiennent une grande quantité de mucilage, qui forme, suivant Spielmann, environ le quart du poids des bulbes de cette, liliacée. Ces bulbes renferment.en outre de la fécule et de légèrestraces du principe amer qui se retrouve dans les racines de la plupart des plantes de la même famille. Les fleurs recélent en particulier un arome suave et fragrant, qui dispa= raît par la dessiccation, et dont l’eau, l'huile et l'alcool, s'emparent par la simple infusion. *
Les bulbes du lis, comme les plus abondantes en mucilage, sont éminemment émollientes et adoucissantes. On ne $’en sert cependant point à l’intérieur, maïs eXtérieurément on en fait très-souvent usage pour cälmer Fa douleur , pour favorisér Ja résolution et la suppuration dans les inflammations locales de la peau et du tissu cellulaire, dans lés timeursinflammatoires,
- les éngorgemens douloureux , et dans les plaies et les ulcères compliqués de vive douleur 6w d’infflammation. Cés bulbes m'agissent cependant pas autrement, ét n’ont pas plus dé vertu -que les autres substances mucilaginéuses, qu’on peut par conséquent leur substituer avec avantage dans tous les cas où on des emploie. Ti |
À raison du principe aromatique, et en quelque sorte vireux, qu’elles exhalent dans l’état frais, les fleurs du lis, quoique également mucilaginenses, paraissent agir sur le système ner-, veux avec énergie, de manièré que par leurs simples émanations elles sont susceptibles de produire la syncope, et même la mort, ainsi que plusieurs auteurs’, et Murray en particulier, en rappottent des exemples. Toutefois elles perdent cetté pre priété excitante par la coction, ét sont employées alors à l'ex= térieur comme les bulbes, soiten décoction , soit en cataplasmes, pour produire des médications atoniques locales, dans les affections inflammatoires on douloureuses. On les admi-
(anse)
nistre aussi en lavement dans certains cas, et en collyres, dans diverses maladies de l’œil. Leur infusion dans l'huile a été préconisée contre les douleurs et les engorgemens rebelles , et contre le squirre de l'utérus en particulier. L'eau distillée. qu’on en retire a eu également des prôneurs contre la toux, l'asthme et autres affections pulmonaires; cependant rien n'est moins constaté ni plus douteux que les effets qu’on attribue à ces différentes préparations.
A l'égard des anthères qui paraissent être le siége principal de l’arôme du lis, elles ont été décorées de propriétés anodines, antispasmodiques et emménagogues. Certains auteurs les ont même préconisées d’une manfère spéciale pour favoriser l'expulsion du fœtus dans les accouchemens difficiles, et pour provoquer la menstruation dans l'aménorrhce. Mais rien ne justifie les éloges qu’on leur à donnés à cet égard.
À l'extérieur , les buibes et les fleurs de lis s’emploient à dose indéterminée, soit en cataplasmes, soit en décoction dans l’eau ou le lait. Les anthères ont été administrées soit en substance, soit en infusion, depuis treize décigrammes (un scrupule) jusqu’à deux grammes (demi-gros). L'huile de lis, qu’on obtient par la macération des fleurs récentes dans l’huile douce, d'amandes ou de lin, etc., n’a pas plus de vertu que l'huile pure; elle fait partie de l'emplâtre de mucilage, et de celui de grenouilles avec le mercure.
Par l'élégance de son port, la beauté de sa fleur, et la blancheur éclatante de sa coroile, le lis est un des plus beaux ornemens de nos jardins. Mais il est dangereux de le conserver, surtout pendant la nuit, dans des apppartémens dont l'air est difficilement renouvelé, à cause des accidens auxquels ses
émanations odorantes peuvent donner licu. L’eau distillée
qu’on en prépare, jouit, comme cosmétique, d’une réputation que rien ne justifie. Les parfumeurs l’'emploient souvent pour parfumer des pommades, des essences, des huiles, et autres préparations destinées à la toilette des couitisanes et des femmes qui les imitent.
(La plante est réduite au tiers de sa grandeur naturelle)