PIN
LU
L'UPIN.
Grec...:.... Séppos , Théophraste.
LUPINUS SATIVUS; //ore albo. Bauhin, TliyeE, 1. 9, sect. 4. Tournefort, cl. 10, sect. 2, gen. 2.
Laiin.......4zurimus (1) AzBuS ; calyvibus alternis inappendiculatis : labio superiore biparlito, inferiore integro. Linné, diadelphie, décandrie. Jussieu, ch. 14, ord. 11, femille des légumineuses.
Français...., vurin.
Ttalien ..:...: zurino.
Espagnol... Arrramuz.
Portugais. ... ruprno.
Allemand... FEIGROHNEN; WoLFsnoHxen.
Anglais. .... WHITE LUPIN.
Hollandais, «. “VXYGEBOONEN.
Danois. ..... uLV-LOENNE. Polonais..... SLONECZIK STRONCZYsT y.
Les anciens , tels que Pline et. Théophraste, ont parlé très au long du lupin blanc, sous le rapport de sa culture et de ses usages. Considéré dans son état sauvage, il forme avec ses congénères, par ses grandes et belles fleurs, un des plus agréables ornemens de la nature agreste : tel le lupin jaune, si commun sur les côtes de Barbarie, où ses fleurs, d’une odeur suave, parfument l'air à de grandes distances, et couvrent de leurs épis dorés d'immenses plaines d’un sol sablonneux. Le caractère essentiel du lupin consiste dans un calice à deux lèvres; une corolle papilionacée; la carêne de la longueur des ailes, presque; entierement bifide ; l'étendard en cœur, arrondi; dix étamines diadelphes ; tous les filamens réunis à leur base; un style; une gousse coriace, alongée, ‘assez grande, uniloculare , renfermant plusieurs semences presque orbiculaires.
Les racines du lupin blanc sont dures , un peu grêles, médiocrement rameuses et fibreuses : elles produisent une tige droite, cylindrique, pleine de moelle » un peu velue, médiocrement ramifice,
Les. feuilles sont herbacées, alternes , pétiolées , digitées, composées de cinq à sept folioles molles, glabres, entières,
. (1) De lupus. Quoique cette étymologie soit incontestable, il est difficile. d’en indiquer l’origine , et de la justifier.
58°, Livraison. c.
d’un vert foncé en dessous, couvertes en dessus et à leurs bords de longs poils soyeux et couchés; deux stipules linéaires, presque sttacées à la base des pétioles.
Les ileurs sont blanches, alternes, pédicellées, disposées en une grappe droite, terminale ; leur calice est velu ; sa lèvre supérieure entière, l’inférieure à trois lobes ; les-gousses un peu épaisses, jaunâtres, larges, velues, aplaties , mucronées , longues de deux ou trois pouces ; elles renferment cinq à six semences blanchâtres, comprimées, orbiculaires.
On soupçonne cette plante originaire du Leyant : ee est aujourd'hui généralement cultivée, surtout dans nos départemens méridionaux. (P.)
Ses semences, désignées sous le nom deZupins, sont d'une couleur blanche à l'extérieur, jaunâtres intérieurement, inodores, d’une saveur désagréable, amère ét comme nauséeuse. À lexemple des pois, des féves, et autres fruits dé plusieurs végétaux papilionacés, elles contiennent, une grande quantité de fécule unie à une matière extraclive, et à un mucilage amer. Les lupins cèdent leur mucilage et leur amertume à l’eau par Vébullition; ils sont redevables de leurs propriétés nutritives à la fécule, et leur matière extractive est la source de leurs vertus médicamenteuses. 2 |
Leur action sur l’appareil digestif se manifeste quelquefois par le développement d’une grande quantité de gaz intestinaux, d’autres fois par la purgation. Cependant ces effets n’ont lieu que chez les personnes faibles, dont l’estomacet les intesüns sont doués d’une grande sensibilité. Les sujets forts, vigoureux , ét ceux qui digèrent avec énergie, n’en éprouvent aucune influence sensible. Quelques auteurs leur ont attribué des qualités vénéneuses , qui sont complétement démenties par l’usage alimentaire qu'en faisaient les anciens, et qu’on en fait encore parmi nous dans certaines contrées. On trouve en outre dans divers traités de matière médicale, qu'administrés en poudre ou en décoction, et même introduits dans l’économie animale par la voie de l’absorption cutanée, ils expulsent les vers intestinaux : ce résultut aurait besoin d’être confirmé par l’expérience, car il ne nous paraît pas plus certain que leurs effets purgatifs. Toutefois si ces semences possèdent réellement des propriétés cathartiques et antelmenthiques, il restera à déterminer quelle est celle de leurs parties intégrantes qui recèle ces propriétés, et auquel de leurs matéviaux: immédiats elles appartiennent spécialement. Je passe sous silence plusieurs autres vertus ou controuvées, ou com-
létement illusoires, attribuées sans fondement aux lupins, tn on ne fait plus usage de nos jours qu’à extérieur,
Sous ce rapport ils sont en effet bien plus utiles qu’admi-
nistrés intérieurement. À raison de la grande quantité de fécule qu’ils contiennent , réduits en farine, et cuits à l’eau , ils servent à faire des cataplasmes qui joignent à la qualité émol- ‘liente celle d’activer légèrement l’action des parties sur lesquelles on les applique. Ces:cataplasmes sont en grande réputation comme résolutifs, maturatifs, etc. ; et les chirurgiens les appliquent journellement avec succès sur les tumeurs inflammatoires parvenues à la deuxième et troisième période, sur les indurations lymphatiques, et autres engorgemens dont la douleur est modérée. La décoction de ces semences, appliquée sur Ja peau, soit en lotions, soit en fomentation, a élé vantée par quelques auteurs contre les dartres, la gale et autres affections cutanées chroniques , mais en des termes trop vagues ou trop absolus pour qu’on puisse y ajouter foi, L'usage des lupins est aujourd’hui entièrement tombé en désuétude, exceplé comme topique. Leur farine constitue une des quatre farines résolutives, qu’on emploie sous forme de cataplasmes.
Da temps de Galien, les Romains servaient chaque jour Jes Japins sur leurs tables, et en faisaient un grand usage alimentaire. Comme ils se dépouillént de leur amertume par l’ébullition dans l’eau ,on peut en préparer des mets fort agréables. Ils constituent même, pour les personnes robustes, un aliment aussi salutaire que les lentilles et les haricots. En Italie, en Espagne, et dans le midi de la France, on cultive le lupinen grand , et le peuple se nourrit avec avantage de ses semences , qui servent également de nourriture à la volaille et aux bestiaux. La plante entière verte, constitue, dit-on, un excellent engrais pour les terres. Pline la signale surtout comme trèspropre à engraisser les vignobles. Bourgeois rapporte que les Savoyards la cultivent spécialement pour fertiliscr leurs champs.
. ( La plante est représentée de grandeur naturelle )