‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 72 sur 84 · LYCOPODE · texte numérisé non relu

LYCOPODE

Grec........ GpÜoy et GTA&Y vor , Dioscoride.

MUSGUS TERRESTRIS CLAVATUS; Bauhin, IliyeË , lib. 10,

sect. 3. : : MUSCUS SQUAMOSUS ; lenuior, capitulis incurvis. Tourne- Malin... fort, cl. 17, sect. 1, gen. 1.

LXCOPODIUM CLAVATUM; folis sparsis filamentosis, spicis Leretibus pedunculatis geminis. Linné, cryplogamie , mousses. Fete , Cl T1, oùd. 4, famille des mousses.

Français. .... LYCOPODE EN MASSUE; PIED DE LOUP.

Mialien....... ricoronro.

Espagnol. ...- ricuronio.

Portugais... ricoronto.

ZÆllemand.... BAERLAp».

Anglais...... common cLur-moss.

Hollandais ... GEKNODST WozrskLAAUw.

Danois ..:... rorDMos; ULVEFOEN.

Wuédois. ..... MATIEGRES.

Russe. ...... PLAUN.

Le port de ce lycopode est tellement remarquable, qu'il suffirait presque seul pour le faire reconnaître. Des tiges dures, rameuses , en Îongues traînasses rampantes , sont couvertes dans toute leur longueur, de petites feuilles nombreuses, éparses, imbriquées, d’un vert un peu jaunâtre, courtes, très-étroites, aiguës, Lerminées chacune par un poil très-fin.

De l'extrémité de chaque rameau s'élève un pédoncule droit, presque nu , long d’environ trois pouces, couvert de petites écailles distantes, linéaires-subulées, ordinairement terminé par deux épis droits, cylindriques, un peu comprimés , quelquefois trois, plus rarement un seul, d’un blanc jaunâtre, longs d’un à deux pouces, couverts de petites écailles imbriquées, dentées, et comme frangées à leurs bords, terminées par un poil.

Ces écailles renferment, dans leurs aisselles , de petites capsules sessiles, jaunâtres, presque en forme de rein, s’ouvrant en deux ou trois valves avec élasticité. Il s’en échappe une put jaunâtre, très-abondante, qui s’enflamme avec faciité, et que l’on nomme vulgairement soufre végétal.

Cette plante croît en Europe, dans les bois, les lieux monlagneux, pierreux et couverts.

58°. Livraison. d.

Les lycopodes , rangés d’abord parmi les mousses, forment aujourd’hui une famille particulière, sous le nom de lycopodiacées. Leur fructification est encore obscure. On a cru la r'econnaitre dans les capsules pulvérulentes, que les uns ont regardées comme l'organe mâle, d’autres comme autant de semences qu'ils avaient vu germer et produire des individus de la même espèce : dans certaines espèces de lycopode, on distingue d’autres CARARUES particulières, qui, au lieu de poussière, renferment deux ou trois corpuscules sphériques, qu’on a présumés devoir être l'organe femelle. M. Desvaux pense que ce sont des sortes de gemmes, qu’il appelle propagules; qu'il n'existe point, dans ces plantes, d'organes sexuels, et que les capsules à poussière, renferment également des gemmes d’une plus petite dimension, Cetie question délicate ne pouvant être traitée dans cet ouvrage, je renvoie le lecteur à ce que j'en ai

dit à l’article rycoronr, Encycl. supp., vol. 3, pag. 539. Et

Le lycopode est surtout remarquable par les différens usages auxquels on emploie la poussière qui,se trouye dans ses coques ou capsules. Cette poudre jaunâtre, inodore et sans saveur, est extrêmement fine, douce, etcomime onctueuse au toucher, Elle est immiscible à l'eau, et insoluble dans ce liquide, mais l'alcool en dissout environ la huitième partie de son poids. Mise en contact avec un corps en ignition, elle s’enflamme, et ‘brûle avec déflagration. M. Pelletier én a retiré, comme Bergius, une matière analogue à la cire; de plus, il y a constaté la présence du sucre, d'une manière extractive, et de plusieurs sels qui se trouvent dans la plupart des végétaux. Cette ana- 1yse semblerait confirmer l'opinion de ceux qui regardent Ja poudre de lycopode comme le pollen de cette plante ; manière de voir qui acquiert un nouveau degré de probabilité, ainsi que le remarque M. Decandolle, par l'usage où l'on est dans quelques provinces, et notamment aux environs de Narbonne, de recueillir le pollen des 4ypha, pour.s'en servir en guise de Iycopode. Celui du sapin, au rapport de Murray, est employé

A aux mêmes usages. | ;

La poudre de lycopode est essentiellement desséchante ; elle jouit, comme topique, d’une réputation méritée pour la guérison de la phlogose, et des ulcérations superficielles de la peau, connues sous le nom d'intertrigo, qui surviennent fréquemment aux jointures chez les jeunes, enfans et les personnes trèsgrasses, Les nourrices connaissent parfaitement cette propriété du lycopode, et chaque jour élles en font avec avantage des aspersions sur les parties de la peau de leurs nourrissons qui s'irritent et s’enflamment par leur frottement réciproque. On

pourrait lemploÿer de la même manière, et avec le mème. succès, contre la phlogose très-douloureuse, ét quelquefois

avec ulcération qui survient souvent au périnée, et à la partie interne des fesses, chez les sujets qui font de longues routes, soit à pied, soit à cheval. Helwic, au rapport de Murray, a même étendu l'asage de cette poudfe au traitement local des ulcères serpigineux. Son administration intérieure est loin d’avoir une utilité aussi marquée. Il est vrai qu’on lui attribue des succès contre plusieurs maladies des enfans, Mais tout ce que Wédel, Gessner, Garmann, et autres, rapportent de son efficacité contre la rétention d'urine, la néphrite, les calculs, l'épilepsie, et les coliques dans le premier âge, n’est appuyé d'aucun fait exact et positif, et ne permet point de croire à de semblables vertus dans une poudre qui, à en juügér par ses propriétés physiques, paraît ehtièrement inerte.

La plante entière a été rarement en usäge. Toutéfois elle parait exercer une action très-marquée sur l'estomac, puisque sa décoction aqueuse produit le vomissement. On a cru qu’elle Ctait propre à accélérer les accouchemens difficiles; on prétend aussi que sa décoction, employée en même temps à l’intérieur et à l'extérieur, est un excellent remède contre la plique ; qu’en fomentation elle a fait cesser des douleurs et des spasmes dont on n’indique ni la näture ni le caractère; mais on sent facilement que de semblables assertions ne méritent aucune confiance. Jusqu'à ce quedes observations bien faites aient mieux fait connaître l’action de cette plante, on doit donc placer au rang des fables tout ce qui a été débité sur ses propriétés médicales, et se borner, d’après les faits observés, à considérer la poudre qu’elle fournit comme siccative, et à admettre son utilité comme He our la guérison de l’inter- Wigo, et des ulcérations superficielles qui surviennent par le frottement aux plis de la peau.

A l'extérieur, on emploie cette poudre en aspersion avec une houpe, en quantité suffisante ; intérieurement on pourrait l'administrer de six décigrammes (douze grains) à huit grammes (deux gros). On s’en sert avec avantage dans les pharma- Cies comme de toute autre poudre inerte pour envelopper les Re On prétend que le lycopode, introduit dans le vin qui

le, où suspendu dans le tonneau qui le contient, fait disparaître ce genre d’altération. A l'exemple des Persans, les Russes en font un grand usage pour les feux d'artifice; il est fréquemment employé sur nos grands théâtres, pour imiter les éclairs par sa déflagration, et pour composer des torches qui répandent une lumière éclatante. M. Decandolle rapporte, d’après Westring, que les étoffes de laine qu’on fait bouillir

avec ce lycopode, acquièrent la RROBrIéte de se colorer en

bleu lorsqu'on les fait passer ensuite dans un bain de bois de Brésil,

EXPLICATION DE LA PLANCHE 224... À (La plante est représentée de grandeur naturelle)

Page 1