‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 73 sur 84 · MARRONNIER · texte numérisé non relu

MARRONNIER

sect. 4. HIPPOCASTANUM VULGARE. Tournefort, classe 21, sect. 1 : Latin. .....,.4 gen. 5. . Ad ESA ÆSCULUS HIPPOCASTANUM.; floribus heptandris. Linné,

heptandrie monogynie. Jussieu, cl. 13, ord. 6, famille des érables. :

God Jfolio multifido. Bauhin, Ivaë, Ub. xx,

Francais. ... MARRONNIER D'INDE.

Italien...... CASTAGNO D’IND14.

Æspagnol.... GASTANO DE INDras.

Portugais . ... ,GASTANHELRO DA INDIA.

Allemand.... ROSSKASTANIENSAUM.

Anglais..... HÔNSECHESNUT.

Hollandais :. PAARDENKARSTENGEROOM.

Danois ..... HESTERASTAGNETAE.

Suédois. .... HÆSTKASTAGNIER:

Polonais, :.. KONSKIKASZTAN.

Russe...... KONSKOI KASTAN.

Nous ne possédons en Europe aucun arbre qui puisse être comparé au marronnier, surtout lorsque , au retour du printemps, il se montre paré de ses fleurs nombreuses, parsemées de taches roses sur un fond blanc, s’élevant en superbes panaches du sein d’un feuillage ample et touffu. Originaire, à ce que l’on soupçonne, des climats tempérés de l’Asie, le marronnier est aujourd'hui naturalisé dans une grande partie de l’Europe. Matthiole est le premier qui en aït fait mention dans ses commentaires sur Discoride, mais il ne lui était connu que d’après un rameau chargé de fruits qui lui avait été envoyé de Constantinople parun médecin nommé Quaccelbanus Flander. Il ne fut cultivé en Europe que vers l’an 1591, ayant été envoyé à Clusius, qui l’introduisit dans les jardins de Vienne en Autriche : un nommé Bachelier l'apporta de Constantinople à Paris. Le premier pied parut au jardin de Soubise , en 1615; le second, au Jardin du Roi, en 1656; le troisième, au jardin du Luxembourg.

On avait d’abord réuni le genre pavia , à celui-ci; on l’en a depuis séparé; et, d’après cette réforme, le caractère essentiel du marronnier consiste dans un calice campaniforme, à cinq dents; cinq pétales inégaux ; sept étamines inclinées,, inégales ;

59°. Livraison. a.

(238 ) un style; une capsule coriace, hérissée de pointes, à trois valves, à trois loges, renfermant chacure deux semences marquées d’une large cicatrice, et couvertes d’une peau coriace : souvent les semences et les loges du fruit avortent. Cet arbre, d’une très-belle forme , et d’un superbe feuillage, | s'élève à la hauteur au moins de soixante pieds, sur un tronc épais, d’un bois tendre, blanc et filandreux, soutenant une grande et belle cime, composée de feuilles pétiolées, palmées, à cinq ou sept folioles glabres, lancéolées , aiguës, dentées en scie.

* Les fleurs sont disposées en belles pyramides qui s'élèvent “verticalement à l’extrémité de chaque rameau à chargées d'un duvet court et roussâtre. ET prit Le calice est petit, très-ouvert, à cinq dents aigués ; les pétales finement ciliés, munis d’onglets de la longueur du calice :+ le limbe arrondi, un peu ondulé; es étamines ascendantes, au moins de la longueur de la corolle; les anthères à deux loges, d’un jaune orangé ; l'ovaire supérieur et velu, … (B.) Cet arbre, dont l'écorce et le fruit sont employés en médecine, a été introduit dans la matière médicale, vers le milieu du dix-huitième siècle. Son écorce, inodore comme ses fruits, se rapproche de celle du quinquina par sa couleur d’un gris foncé ou brunâtre, et par sa saveur astringente et amère. Les fruits analogues aux châtaignes par leur aspect, par leur couleur et par leur forme, quoique plus orbiculaires et plus volumineux, joignènt à une amertume extrême, une âpreté repoussante, el une grande stypticité, Ils contiennent une grande quantité de fécule amilacée, unie à un principe amer, à du tanin, et à de la potasse en assez grande quantité pour desrendre propres à servir de sayon. L'écorce fournit un extrait aqueux | et un extrait alcoolique : ce dernier est le plus abondant. Depuis 1733, époque à laquelle Zanichelli , pharmacien de Venise, publia un Ouvrage consacré à célébrer les vertus de l'écorce du marronnier contre différentes maladies, et partieulièrement contre les fièyres intermittentes ; la prétendue pro: priété fébrifuge de cette écorce n'a cessé d’être préconisée dans une foule de journaux et de recueils périodiques de médecine. A en croire Les éloges fastueux qui lui ont été prodigaés ar certains auteurs modernes, elle aurait en effet, contre les èvres intermittentes de tous Lypes , quels que soient leurearactère et leur gravité, une efficacité égale à celle du quinquina. Toutefois des observateurs moins enthousiastes et plus sewères dans leuxs jugemens, ont reconnu que l’écorce du marronnier est loin de réussir constamment dans ces maladies, et qu'à

(239 ) | lPexemple des fébrifuges les plus vantés, si on a pu, avec quelque vraisemblance, lui attribuer la guérison, de la fièvre dans certains cas , le plus souvent elle a été manifestement sans aucun succès. Moi-même, à mon début dans la ratique de la médecine, j'ai souvent employé cette écorce à la manière du

uinquina, dans les hôpitaux militaires, où l’on sait que les lèvres intermittentes se présentent sans cesse sous toutes les formes ; et, malgré l'attention que j'avais d’y préparer les malades, d’après les sages conseils de la thérapeutique, par la diète ou les évacuans , selon la disposition particulière des sujets, Je n’en ai que bien rarement obtenu des effets salutaires. Les bons observateurs savent, d’ailleurs, que la plupart de ces fievres guérissent d’elles-mêmes au bout d’un certain nombre d'accès; or il serait bien peu rationnel d’attribuer à la toute- Puissance du marronnier, une guérison qui est uniquement due aux efforts salutaires de la nature, et à la marche spontanée de la maladie. Cette écorce n’a pas été seulement préconisée contre les fièvres intermittentes : au récit de Murray , elle a été administrée par quelques praticiens, avec succès » Contre une fièvre lente, dans un cas de fièvre cardiaque avec déjections alvines, et contre la ARE et la pleurésie, Mais que Peut-on conclure de ces faits isolés? 11 est plus facile de croire à ses avantages contre certains écoulemens atoniques du canal de Purètre, et dans certaines épilepsiés, où l’on sait que les toniques sont employés avec succès. N "ÿ aurait-il pas cependant un danger réel à faire un précepte général de son emploi dans ces affections ?

- Les propriétés médicales des fruits du Mmarronnier d'Inde m'ont pas été plus exactement déterminées que celles de son écorce. T ESS ils sont employés de temps immémorial par les hippiatres, dans certaines affections pulmonaires des Chevaux; circonstance qui fait donner au marronnier le nom d'hippocastanum. On sait aussi que, réduits en poudre et introduits dans*les fosses nasales, les marrons d'Inde excitent Péternuément et provoquent la sécrétion d'une grande quan. tité de mucus nasal, ce qui à fait croire qu’on pourrait en tirer parti pour la guérison de l’hémicranie , de certaines cépha-lalgies et autres affections cérébrales. Mais ne sait-on pas que toutes les poudres éxcitantes produisent les mêmes effets lorsqu'elles sont mises en contact à la membrane muqueuse du nez. Parmentier rapporte que cette poudre a guéri l'épilepsie ; on Jui a également attribué une vertu fébrifuge. Néanmoins les faits sur lesquels reposent de semblables assertions, sont en trop petit nombre, ct ont été trop vaguement et trop inexacto-

(240) ment observés, pour ne pas faire désirer que ces fruits, ainsi que l'écorce de l'arbre qui les produit, soient soumis à de nouvelles expériences cliniques.

L'écorce du marronnier d'Inde, retirée des jeunes branches de l'arbre, et convenablement desséchée, se donne en substance depuis huit grammes (deux gros) jusqu’à trente-deux grammes (une once) et plus, en vingt-quatre heures. La meilleure manière de l'employer est en poudre très-fine, soit en suspension dans un liquide quelconque, soit associée avec le miel sous forme de bols, de pilules ou d'électuaire. On peut aussi l’administrer en décoction aqueuse, en macération wvineuse, et même en extrait; mais on a rarement recours à ces dernières préparations.

Le marronnier offre un accroissement très-rapide, et fructifie dans presque tous les terrains. Par la majesté L son port, l’épaisseur et la beauté de”’son feuillage, et par l’élégance de ses tyrses, au temps de Ja floraison, il est un des arbres les plus propres à ombrager les places et les avenues, à orner les jardins publics et les parcs. Son bois mou etspongieux est rarement employé dans les arts ,et n’est que d’une médiocre qualité pour brûler. Toutefois les pauvres gens recueillent avec soin, pour cet usage, jusqu'aux feuilles fanées , et aux enveloppes épineuses de

ses fruits. Ses feuilles desséchées plaisent aux cerfs. Les abeilles

puisent en abondance, dans ses fleurs, des matériaux pour la fabrication de la cire et du miel. Quoique d’une äpreté extrémement repoussante, les brebis, les chèvres, etmême les vaches, mangent ses fruits ; mais on assure que ces animaux maigrissent; quelques ‘auteurs préen en aussi que les marrons d'Inde empêchent de pondre les gallinacées , à qui on les donne pour aliment. Murray pense qu'au moyen de la greffe, d'un sol convenable et d’une exposition choisie, on pourrait modifier les qualités physiques des marrons d'Inde, au point d’enfaire un aliment utile et agréable pour l’'hommeet les animaux. Ré- ‘duits en pâte, on les a employés à la préparation d’une espèce de bougie à laquelle on a renoncé, à cause de sa lueur triste et sombre. La grande quantité de potasse qu’ils renferment les fait employer, dans certaines fabriques, comme décrassans, et l’on pourrait s’en servir en guise de savon pour le blanchissage du linge. On en retire de l'huile à brûler. Ils fournissent en outre une grande quantité d’amidon qui pourrait servir à la nourriture de l’homme, et dont on fait de la poudre à poudrer, et divers cosmétiques.

( La plante est réduite à lu moitié de sa grandeur naturelle )

r. Calice, pistil et étamines.

2. Capsule ouverte, dans laquelle on voit la disposition des graines,

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