‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 8 sur 84 · CLXX VIL GARANCE · texte numérisé non relu

CLXX VIL GARANCE

” | Grec........ epuSpod'ayor ; epeuSod'avoy; TEUSproy. -RUBIA TINGTORUM SATIVA ; Bauhin, ITiweË , lib. 9, sect. 1. Tournefort, clas. 1, campaniformes.

batir 5.4. ren genre, foliis annus , caule aculeato ; Linné,

clas. 4, tétrandrie monogynie. Jussieu, clas. 11, ord. 2, rubiacées.

Htalien...... roBs:4; RUBIA:

Espagnol. ... rurtA.

| Francais . GARANCE; GARENCE® Anglais ..... MADDEr.

-Allëmand ... FÆRRBERRÆTHE; KRAPP; GRAPP.

\ Hollandais... KRaP; mesknap.

mi * :

Malgré les aspérités dont cette plante est hérissée , malgré son apparence sauvage et sans éclat, elle n’a pas moins fixé l'attention des anciens botanistes par la couleur rougeâtre de ses racines, employées depuis longtemps pour la teinture des laines en rouge. La garance était déjà cultivée du temps de Dioscoride : il la nomme epuSpod æyey : elle appartient à la famille des rnbiacées , se rapproche des asperula et des galium, s’en distingue par sa cotolle en cloche évasée, à quatre ou cinq divisions ; quatre ou cing étamines. Le fruit est Composé de deux baies glabres, arrondies et accolées , non couronnées par le calice. Dans les asperula, la corolle est en entonnoir , les fruits secs; dans les galium , les fruits sont capsulaires, non pulpeux.

La garance croît le long des haies, parmi les buissons, par ticuliérement dans le midi de la France , en Suisse , en [talie, dans le Levant : je l'ai trouvée à Laon, sur les vieux murs , et très-fréquemment sur Les rochers du mont Atlas.

Ses racines sont longues, rameuses, articulées, rongeâtres et rampantes ; ses tiges noueuses , tétragones , faibles, diffuses , longues de deux ou trois. pieds, hérissées sur leurs angles de petites pointes crochues. ,

Les feuilles sont grandes, sessiles, lancéolées, d’un vert luisant un peu cendré , au nombre de quatre ou six à chaque werticille , chargées d’aspérités à leurs bords et sur leurs nerivures. -

Les fleurs sont petites , jaunâtres , disposées en petites pamicules axillaires et terminales sur des pédoncules rameux, IL

47°. Livraison, a

(22) leur succède de petites baies noirâtres : souvent l’une des deux avorte, La corolle se divise en quatre ou cinqlobes profonds ; la même variété s’observe dans le nombre des étamines.

à 10 HPD

La racine de garance, beaucoup plus remarquable par son utilité dans les arts que-par ses propriétés médicamenteuses , est cylindrique, de la grosseur d’une plume d’oie, d’une couleur rouge plus foncée en dehors qu'in!

odeur est tres-faible , et sa saveur un peu amère, légèrement styptique. L’extrait muqueux, presque In odore, et l'extrait résmeux qu’on en a retiré , n’éc airent point assez sur la composition interne de cette racine, à l'analyse de laquelle il est désirable-de voir appliquertles modérnes procédés de‘la chimie. Lu. RE EUe :

Le phénomène organique le flus remarquable qui résulte de l’action de la racine de garance sur l’économie animale , est la coloration. en rouge des os, chez l’homme et les animaux qui en font usage. Ordinairement, cette coloration s’étend même à l'urine, au lait, à la bile , au sérum du sang, souvent à la graisse et quelque ois à la sueur. Ce phénomène, à la vérité, est produit par plusieurs autres plantes rubiacées , des genres galium , valantia , eu Ca mais ce qu'il y a deremarquable, c’estque les muscles , les aponévroses ; les ten-

: dons , les cartilages et lessmembranes , conservent leur cou-}

leur naturelle, et demeurent étrangers à cette coloration générale des os et de la plupart de nos humeurs. Cette pro-|} priété singulière de la garance fut découverte par Mizauld }| en 1756; et depuis elle a étéconstatée par Belchier, Basan, Duhamel, Boëhmer et autrés expérimentateurs qui en ont | tiré parti pour éclairer la doctrine de l’ostéogénie , et pour} jeter une yive lumière sur la nutrition des os. Toutefois on} a remarqné ue la garance, ‘éolorant ces organes, les| rendait dits durs: et plus fragiles ; que les animaux qu'on en] nourrissait pendant un certain témps, maigrissaient sensi-| blement , tombaient dans la langueur, et périssaiènt même souvent : désordres qui oût fait penser à l'illustre Cullen qu’elle ne pouvait guère avoir d'influence salutaire dans les maladies. » Fe 4 ta 4 A + #4

Cependant beaucoup d'auteurs anciens et modernes livrés à leur imagination , plutôt que guidés par le flambeau d’une expérience éclairée , ont attribué à cette racine les vertus les

plus merveilleuses. Hippocrate ; Galien, Dioscoride , Pline, ont cru qu’elle possédait la faculté d’exciter la sécrétiontdes urines, de guérir la dysenterie, épilepsie et la coxalgie. De ce que le principe colorant de la garance pénètre profondé=

crieurement. Son

ment dans le tissu osseux , et s’identifie avec ses dernières molécules, les modernes en ont conclu prématurément que celte racine devait exercer une influence prodigieuse sur les maladies des os, et, sans autre examen, on l’a préconisée comme un remède excellent dans le rachitis, et dans les fractures pour donner de la solidité au cal. Différens auteurs rapportent que son administration a été suivie de succès À dans des toux anciennes, des vomissemens chroniques et aûtres affections Andes de la diathèse pituitense, Mais

… quelles conséquences exactes peut-on tirer de faits aussi vagues et de rapports aussi inexacts en faveur des propriétés médicales de cette rubiacée Et pour quiconque n’est pas sservi en esclave à l’autorité des grands noms, quelle confiance méritent les éloges que Sydenham et Fréd, Hoffmann “donnent à cette racine pour la guérison de l'ictère, lorsqu'on «réfléchit avec le judicieux Cullen, qu'il n’y a rien d’erroné comme les idées qu’on s’est faites longtemps, sur la nature . “des médicamens propres à cette affection ? affection qui guérit constamment sans aucun remède , lorsqu'elle n’est point en- “tretenue par un vice organique , ainsi que J'ai eu bien sou-

« yent occasion de l’observer, et tout récemment encore à “l'hôpital militaire de Lille, chez douze sujets qui ont tous été guéris de l'ictère du vingt au tren tième jour , sans autre mé- “icament que la limonade ou Poxycrat. Les essais de Cullen “ont également prouyé que la vertu diurétique de la garance nayait pas de fondement plus solide que sa propriété anti- D Si Pon veut baser son jugement sur des faits précis,

- Al faut donc convenir 1°. que 1e coloration des os et de la plupart de nos humeurs par la garance , et les désordres proonds qu’elle introduit dans les fonctions des animaux qui en Mont un long et abondant®#usage , sont les seuls effets non “Cquivoques qui résultent de son action; °°: que tous les | joie ayantages' qu'on lui attribuedans les maladies sont ilusoires ; 39, enfin, que les vertus d rétiques , apéritives ,

’altérantes , emménagogues, ete., dont elle a été décorée

beaucoup trop libéralement , sont encore à constater.

Cette racine à été administrée en substance de deux à

Muatre grammes (demi à un gros), et de huit. à trente-deux

grammes en décoction ; elle fait partie des cinq racines apé-

Hilives majeures; mais n'ayant justifié, ainsi que le remarque

Peyrilhe, ni les promesses exagérées des uns, ni les espé-

rances trompeuses des autres, elle n’est presque plus em- Préc en médecine,

ultivée en grand dans plusieurs provinces de France , et

ns presque toutes les parties de l'Europe, la garance est

( 24) d’une grande importance pour l'agriculture , le commerce et les arts. L’herbe fauchée en septembre fournit un excellent fourrage aux bestiaux , sans que la couleur rouge qu’elle imprime au laït des vaches, altere en rien la nature salutaire de ce liquide. Les tiges.et les feuilles sont employées ayéc avantage pour polir et pour fourbir.les métaux; elles donnent surtout beaucoup de‘brillant aux vases d’étain., ba racine , objet d’une culture très” \ icrative et dan commerce trèsétendu , est une, des, substances les plus utiles à la teinture. Elle imprime aux.laines, à la,s ie et an coton une couleur rouge, qui est à la vérité: peu ée jante, mais qui a l’avantage de résister à l'action dé Pair, de la limière-et du lavage. On s’en sert aussi pour donner plus d'éclat et de solidité à plusieurs autres couleurs: que lon fixe sux différentes étoffes.

nette en nà Pers 3}, :

wurreain (rrédéric sigismond), De rubid tinctorid; Diss in-4°. Basileæ, 1707. ; RORHMER (1ean enjamin), De radicis rubicæ linctorum effectibus, in cor= pore animali , Diss. inaug. resp. C.. A Gebhard ; in-4°. Dipsiæ , 1751. — Prolusio analomica, qué callum ossium e rubicæainctôrum radicis pastu infectorum describit; in-ioefe a LipÉpal 7O RL srirho pe SU ‘: DENTLEFF ( pierre), De ossium Call ge eralione et nalur4 per fracla ue animalibus rubiæ radice pastis ossa demonstratä. Diss. in4°. Gottingæ, » ‘01 vu

1703. Ê - pe DUHAMEL DUMONCEAU ( HenrilLOuiS}) silémoreis rauce et sur sa culture, avec la description de léture pour la dessécher, et des mou ins pour la pulvé=

riser ; in-4°. fig. Paris, 19b7.— Nouv. édiuon ; in-12.fig. Paris, 1765, sous ce titre: Draité de la garance , etc. |

CosNIER (LONIS Jean Bap is) Ales jilirubia tinctorum ? affirm. Quest. meduinaug. resp. M. J. C. Rober RP ON Paris is TBE HMS

MILLER ( nie) , The niéthod'of cultivating madder;yas it ispractised | in Zeeland, with their manner of drying, Stamping and manufacturing it; c’est-à-dire, Méthode de cultiver la garance telle que e est pratiquée par les Zélandais, avec la manière dont ils sèchent et préparent cette racine pou Pasage tinctorial ; in=40: fig. Londres, 1758. — Traduit en allemand; in-4°. fig. Nuremberg, 1776. j T

cAnALSs (reanpaul}, Dissertacion sobre la rubia ; c'est-à-dire , Dissertation sur la garance ; 10-40. Madrid, 1563.

STEINMEYER ( George rrédérie) , De rubid tinctorum, Diss. in-49, Argento= rali, 1763. — Insérée dans le Delectus dissertalionum de Witwer.

LESBROS DE LA VERSANE ( LOUIS ), Traité te la garance, ou recherches sur Lout ce qui a rapport à cette plante ; in-80. Paris, 1768.

oërinGer (rerdinand christophe), De viribus radicis rubiæ tinctorum antizk rachilicis , à virtute ossa animalium vivorum tingendi non pendentibus ÿh Diss. in-4°. Tubingæ, 1769.—Insérée dans le Sylloge opusculorum de Baldinger , tom. v.

ReVELLI (Jean marie pie), {struzione sulla cultura e preparazione della $a\ ranza ; c’est-à-dire, Instruction sur la culture et la préparatio Ja garance; in=89. Turin, 1750.

aeuss ( chrétien Frédéric}, om Anbaw und Commerce des Krapps oder.

on ne

(25 ) der Færberræthe in Teutschland , als eines sehr nuetzlichen Landesprodukts; c’est-à-dire, de la culture et du commerce de la garance.en Allemagne , considérés comme un produit économique très-utile; in-8°. Leipsie, - FAR (sean de), De meekrapteler en Lereider, of volledige beschrysing van het planten, telen, reeden en bereidender meckrap ; c’est-à= dire, Description complette de la plantation , de la culture et de la préparation "dela garance; in-80. fig. Dérdreqht ; 1802: | Composé par un Zélandais, cet opuscule est sans contredit le meilleur traité que nous possédions sur les usages économiques dela garance. On trouve davs les collections périodiques et dans les mémoires des sociétés savantes, une foule de détails intéressans sur les propriétés très-singulières , très-variées et très-utiles de eette plante : la plupart ontété recueillis avec beaucoup de discernemeut/Ypar J° A. Murray, dans son excellent ouvrage intitulé : Æpparalusmedicaminum ; tom. 1, 1793, pag. 523 ad. 535.

sis, DHEA CR

( La plante est représentée de ndeur naturelle )

d'A L'TortoM: ds s ES REC à ; . 3. Racine. té 4h + L = rl ai

m2 2. Fleur entière, grossie. à À LES à Dix 3. Corolle ouverte , dans laquelle on distingue l'insertion des cinq étamines. C2 TA Le } ü vè DCR ANT! re A ï : T .# *

4. Pisil, | © 5. Fruit ou baie didyme de grosseür naturelle. - 6. Graincisolée. Re RE EE EN TS OT Ÿ A ais avast

OR" ral Put AE fs Sert LR — Obs. J’ai cru devoir figurer ce fruit A Grade ; son état Star | es de simple sous lequel on le rencontre presque. toujours. n'étant A qu'à l'avorte-

ment de l’ane desbaïes. | L- LRU? AYs alt e Qi tu ln wi 11 ; [TI grtoi TE? shot Gi | 4, al % Mn { >

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