‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 124 sur 201 · CHAPITRÉ NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ NEUVIÈME

Sécrétions, excrétions. Du cambium.

Lx renouvellement habituel de la sève, la formation de plusieurs substances différentes des sucs propres, la création de la matière végétale, sont dus à des opérations particulières désignées sous les noms de sécrétions et d’excrétions. Mais

lus nousavançons dans ces mystères obscurs, plus lanature échappe à nos recherches. Quoique nous n’ayons que peu d’espoir de pénétrer dans ces secrètes opérations, essayons de saisir quelques rayons de lumière fournis par l’observation : elle nous apprend que les plantes, ainsi que les animaux, exhalent, par une transpiration insensible, une partie

du superflu de leurs principes alimentaires ; qu’elles en re-

jettent uue autre partie par des excrétions fluides ou concrêtes, et qu’elles produisent des sécrétions propres à chaque espèce de plante.

On doit entendre par sécrétions toutes les substances particulières qui diffèrent de la sève et des sucs propres, mais qui, la SRE doivent être regardées comme le produit de ces deux fluides, et peut-être de quelqu’autre principe qui s’y réunit. Ainsiil faut ranger, parmi les substances sécrétées, ces vésicules remplies d'huile essentielle, répandues sur les feuilles, sur l'écorce des fruits et des tiges; ces liqueurs mielleuses, concentrées dans les nectaires ; le pollen renfermé dans les anthères ; les sucs divers que contiennent les glandes et les poils; des gommes, des résines particulières ; des matières sucrées de diverse nature , telles que la manne, eic., qu'on peut, à la vérité, confondre avec les Sucs propres, mais qu s’en distinguent lorsqu’elles occupent des organes yarticuliers. La plus remarquable et la plus essentielle de ces sécrétions est celle qui a recu le nom de

cambium.

Le cambium est une substance mucilagineuse , transpa-

rente, sans couleur ni odeur, d’une saveur assez semblable à celle de la gomme, très-abondante entre l'écorce et le bois,

( 82) surtout en été. Le cambium paraît destiné à former de nouveaux organes, à se convertir en matière végétale : c'est à lui qu'on attribue la production des nouvelles couches d’écorce et d’aubicr. Il est d’abord fluide, peu à peu ils’épaissit, passe ainsi à un état plus solide, et s'organise en tissu membraneux : c’est du moins lPopinion de très-habiles physiologistes, et de Duhamel en particulier, qui a vu le cambium se former en gouites mucilagineuses, et régéuérer l'écorce sur le corpsligneux du tronc d’un cerisier.

La nature lournit aux végétaux des sucs nourriciers en si grande quantité, que leur surabondance augmentant continuüellement surchargerait les plantes, et occasionerait, dans leurs organes, les mêmes ravages qu’éxerce, dans ceux des animaux, le superflu des- humeurs, s'il n'existait, dans l'écorce des tiges et dans les feuilles, des issues par où s’échappeleur surabondance au moÿen d’émanations, la plupart insensibles à tous les sens, d’autres sensibles à l’odorat, a la vue, etc. : telle est la sueur et la transpiration insensible dans les animaux. Cette opération a été nommée excrétion : tantôt ce sont des dejections liquides ou concrètes, tantôt des déperditions vaporeuses ou gazeuses.

« Les déjections, dit M. Mirbel, sont des sucs plus ou moins épais ou fluides, rejetés à l'extérieur par la force de la végétation : ces sucs sont de la nature des résines, des “huiles, de lamanne, du sucre, de la cire, etc. Dans le ptelea trifoliata ; de petits grains de résine s’échappent en crevant Vépiderme; dans le rosier et le drosera, des sucs visqueux s’écoulent par l'extrémité des poils ; dans les mimosa glandulosa, julibrissin, etc., des glandes à godet, placées sur les pétioles, distillent diverses liqueurs; dans le méleze, le tilleul , le saule, Pérable, le figuier, l'olivier , etc., des matières visqueuses,et sucrées suintent par les pores invisibles des feuilles, et ces matières paraissent peu différentes de la manne qui couvre les feuilles du frêne; dans une multitudé de fleurs, des glandes ou des pores excrétoires rejettent des humeurs dont les propriétés varient autant que les especes : une liqueur sucrée se re au fond du tube du jasmin ; une liqueur beaucoup plus abondante, et d'une saveur aussi agréable, remplit la corolle du gesnéria tomentosa. Le mélianthe ne porte ce nom que parce qu'une des divisions de

son-calice sert de réservoir a uii SUC mielleux. Aiton a trouvé

du suc cristallisé dans l'appendice coñcave de la brillante fleur du sérelitzia reginæ. Les six pétales de impériale ont chacun, à leur base, une ou cavité qui fait la fonction de glande excrétoire; mais la liqueur qu’elle distille a Podeur de l'ail, tandis que sa saveur, d’ailleurs assez douce, a quel- que chose de nauséabond. » rent sRüvE

- On doit encore rapporter aux déjections végétales cette poussière glauque qui couvre la surface des feuilles, des tiges, et même des fruits dans certaines plantes, tantôt en poussière fine, tantôt en couche épaisse, que l’on considère comme une matière analogue à la cire, indissoluble à Peau ,

| presque entierement soluble dans lesprit de vin. Au reste,

il existe, dans la nature de cette poussière glauque, des différences assez remarquables, ainsi que l’a observé M. Decandolle : celle des prunes renaît en peu de temps lorsqu'on lenlève; celle des cacalies charnues nerenaît point lorsqu’elle: a été une fois enlevée. Il y a des feuilles qui sont glauques, parce que leur surface est couverte de petits poils extrêmement courts, visibles seulement an microscope : telle est celle des feuilles du framboisier. Ces petits poils retiennent autour d’eux de petites bulles d’air; de sorte que, lorsque lon trempe la feuille dans l’eau, la surface glauque ne peut se mouiller; en général aucune de ces surfaces glauques ne se mouille par le contact de l’eau. I] paraît que l’usage de cette poussière est de garantir de l’humidité-et de la putréfaction les feuilles et les fruits charnus, sur lesquels ie existe en plus grande abondance.

: La déperdition la plus habituelle consiste dans la transpiration aqueuse : elle est formée d’eau réduite en vapeurs, et d’une petite quantité de principes immédiats, solubles dans l’eau , ou susceptibles de se vaporiser par la chaleur. I n’est personne qui nait remarqué le matin, dans la belle saison, des sucs limpides sur les feuilles de beaucoup de plantes. Les feuilles des graminées sont terminées par une gouttelette :oinq gouttelettes paraissent à l’extrémitédes cinq nervures des feuilles de la capucine; une quantité d’eau assez notable s’amasse à la surface des féuilles du chou, du pavot, etc Musschenbroeck a prouvé le premier que ces liqueurs ne RE pas de k rosée, comme on l'avait

| ui, mais de la transpiration condensée par la

cru os fraicheur de la nuit.

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