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D’après cet exposé, il est facile de reconnaître que, malgre “le but de l’auteur, cette méthode est loin d'offrir des rapprochemens naturels, excepté dans sept ou huit classes : elle à ‘été cependant adoptée par Sloane, dans son /istoire des ‘plantés de la a ; par Petiver, dans son'Æerbarium “britannicum ; par Martyn, dans son Methodus plantarum circa cantabrig, eïc.; par Dillen, dans son Synopsis stirpium britarnicarum,, etc.
Plusieurs autres botanistes très-distingués, la plupart contemporains de Tournefort, convaincus de la nécessité d’établir une niéthode générale pour la distribution des plantes, s’en sont occupés par des travaux et avec une con$tance
‘louables, tels que Hermann, Rivin, Boerhaave, Knaut, “Ruppius, Pontedera, Ludwig, Haller, etc; mais, faute d’avoir suivi la marche de la nature, il n’est résulté, de ‘leurs efforts, que des méthodes défectueuses, détruites les “unes par les autres, et qui ont subi le-sort commun à la plu- -part des systèmes fondés. sur des principes arbitraires : il faut eu excepter la méthode de Tournefort et le système “sexuel de Linné, la première encore employée aujourd’hui dans plusieurs jardins de botanique, avec quelques modifications ; le second , généralement adopté par tous ceux quiont trouvé trop de difficultés, pour la pratique, dans la distri- -bution des plantes en failles naturelles, malgré sa supériorité sur toute méthode artificielle. Je n’en dirai rien ici, me réservant d’en présenter l’analyse à la fin de ce volume, ainsi que l'explication des méthodes de Tournefort ét de Linné, Nous ne devons pas oublier que Magnol, célèbre
professeur de botanique à Montpellier, fit de louables efforts pour réuuir les plantes en familles naturelles, basées sur d’excellens principes, mais dont il ne fit pas toujours une application très heureuse, telle que celle, par exemple, d’avoir séparé les herbes des arbres et des arbrisseaux. De nos jours, Adanson publia des Familles naturelles, dispo sées dans un ordre qu’il regardait comme à l'abri de toute idée systématique : il faisait consister la méthode naturelle dans la disposition de ces familles, en une série ou gradation fondée sur tous les rapports possibles de ressemblance. « Maïs cette gradation, qu'il admet, est-elle autre chose qu'un système, dit M. Mirbel? Si l’on examine le règne végétal, on voit que souvent les mêmes plantes, selon le jour sous lequel on les considère, se rapprochent ou s’éloignent par une multitude de points; qu'il n'existe pas de chaîne principale, mais de nombreux chaïnons, qui se ramifient, se croisent, reviennent sur eux-mêmes, forment un lacis inextricable; et qu’enfin, quelle que soit la direction que l’on suive, on ne trouve jamais cette série continue dont parle Adanson, » Au reste, les Familles des plantes d’Adanson seront toujours un des plus savans ouvrages qui aient été publiés sur la botanique. Il n’est pas autant consulté qu'il devrait l'être : il est vrai que lui-même y a mis obstacle, en changeant les noms d’un très-grand nombre de genres, et n'ayant point, d’après ses propres principes, établi de caractères assez simples, ni assez précis pour fixer les limites de chaque famille, et les circonscrire d’une manière distincte. | 6
Des que les méthodes furent inventées, et que, basées sur de meilleurs principes, elles eurent éclairé et frayé le chémin qui devait conduire à la connaissance des plantes, dès lors leur étude devint une véritable science : les beaux phénomènes de la nature dans la production des végétaux réveillèrent la curiosité, et frapperent les esprits d’étonnement et d’admiration. On reconnut que l'étude des plantes pouvait procurer bien d’autres jouissances que celles que lon y attachait, en n’y recherchant que des remèdes ou les secrets du charlatanisme. Devenue plus facile, elle fut aussi beaucoup plus cultivée : Tournefert l'avait rendue aimable, en établissant la distribution de ses classes sur les parties les plus brillantes des fleurs, sur les formes élégantes de la co-
rolle. Les amateurs de cette science devinrent encore plus nombreux lorsque Liuné eut publié ses immortels ouvrages.
Mais les jouissances de cette étude semblaient être réservées. particulièrement à ceux-là seuls qui connaissaient la langue latine, les ouvrages élémentaires étant presque tous écrits en cette langue. [l nous manquaitlun bon ouvrage francais : le premier, et sans contredit le plus utile sur cette partie, fut publié en 1778, par M. de Lamarck, sous le nom de Flore française. À l'avantage d’offrié un livre à la portée de tous les lecteurs, cet ouvrage réunit encore celui de présenter les végétaux disposés d’après une méthode telle, qu'il n’est point de plante indigène de la France que l'élève le plus novice ne puisse déterminer presque dès ses premiers pas dans cette carrière.
Cette méthode, sous le nom de méthode analytique, consiste à conduire l'élève, en quelque sorte pas à pas, jusqu’au nom de la plante qu’il veut connaître, en lui présentant d’abord deux caracières tellement opposés, qu'il est forcé, d'après la plante qu'il a sous les yeux, d'admettre l’un et de rejeter l’autre : celui qu'il retient éprouve une nouvelle division, qui exige la même opération, tellement qu’étant toujours obligé de choisir eutre deux caractères opposés, Pélève arrive enfin à une dernière division, dans laquelle le-caractère retenu amène le nom de la plante que l’on cherche; mais, pour y arriver, il a fallu faire l'analyse de presque toutes les parties de la plante. Ce travail, dès que Pon est parvenu à comprendre les principaux termes de Part, n'offre ‘rien que de facile et d’agréable : c’est un exercice d’autant plus seduisant, qu’il flatte l’'amour-propre par le plaisir de découvrir, par soi-même et en peu d’instans, le nom d’une plante observée pour la première fois. Pour donner un exemple de Ja marche à suivre dans cette méthode, je suppose que la plante que je veux connaître soit le pavot : voici comment je procéderai, en allant de division en division, n’en admettant qu’une seule à chaque coupe ou dichotomie. Celle qu'il faut rejeter est ici en caractères italiques :
€ : Te P 2. 3.
Fleurs distinctes. $ Fleurs conjointes. ( Fleurs unisexuelles.
Tleurs indistinctes. À Fleurs disjointes. À Fleurs biséxuelles.
PR h, Fleurs pétalées. { Ovaire dans la corolle.
* * Fleurs non pétalees. À Ovaire sous la corolle, 6 7.
Fleurs complettes. Dix étamines ou moins, Fleurs incomplettes. Onze étamines ou plus, 8. 9- Petales insérés sur le calice. Etamines réunies en un seul fuisceau. Pétales non insérés sur le calice. Etamines libres, non réunies. - 10. 11.
Corolle régulière. Un seul ovaire très-simple. Corolle irrégulière. Ovaires nombreux et ramasses. 12. x 18.
Ovaire sessile. Ovaire chargé de style.
Ovaire pedoncule. À Ovaire privé de style.
Quatre pétales. | Calice de deux feuilles.
Plus de quatre pétales. Culice de quatre feuilles.
ro:
Stismate à deux ou trois divisions.
Stigmate à plateau ETS à plus : de trois divisions.