PAVOT
Maintenant si l’on veut connaître à quelle espèce appartient le pavot que l’on examine, on ÿ parvient par le même procédé :
Capsules glabres, point hérissées. j Fleurs rouges ou blanches,
Capsules velues ou herissees. (Fleurs jaunes, 3. | € ke Capsule ovale: fleur de deux pouces Calice glabre. de diamètre owfiplus.
Calice velu. Capsule allongée : fleur ayant à
peine ur pouce de diamètre.
PAVOT COQUELICOT (papaver rheas, Lin. ).
: La méthode analytique. est donc une conception tresingénieuse : son usage est d'autant plus facile, que l’on n’a jamais à choisir qu’entre deux caractères, dont lun-appartient à la plante à l'exclusion de l’autre, et dont la coexistence- dans le même. individu impliquerait contradiction. Je ne doute pas que nous ne devions en partie à cette heureuse découverte le goût de la betanique en France, si répandu aujourd'hui. Cette science a pu enfin être abordée par ce, sexe pour lequel il est bien plus agréable d'éparpiller les pétales d’une rose, et d'entretenir sa pensée des ‘plus, brillantes productions de la nature, que de mamier le compas sévère de la géométrie. tir .… Deux éditions de la Flore française, rapidement epuisées, en-exigeaient une troisième avec les additions nécessitées par les progrès de la botanique, et par les changemens survenus au territoire français; M. de Lamarck, chargé de fonctions étrangères à cette science, confia le soin de ce trayail à M. Decandolle, qui.s’en acquitia avec un succès digne de sa réputation : il trouva moyen deréunir, par.une heuveuse combinaison, la méthode naturelle de Jussieu à celle de l'analyse, et de présenter, par là, un double avantage aux amateurs de la science, travail que M. Dubois avait déja exécuté dans sa ZVore d'Orléans. Voici comme. M. Decandolle expose lui-même le plan.de cette nouvelle édition. « Pour distinguer les végétaux les uns des autres, deux routes sont ouvertes aux naturalistes : 1°. la méthode naturelle, qui tend à placer chaque être au milieu de ceux avec lesquels il a le plus grand nombre de ressemblances importantes; 2°. la méthode artificielle, qui n’a d'autre but que defaire reconnaître chaque végétal, et de Pisoler au milieu du règne. La première, qui est une véritable science, doitiser- | vir de base immuable à l’anatomie et à la physiologie; la seconde, qui est un art d’empirique, peut bien avoir quelque commodité dans la pratique, mais ne saurait agrandir le domaïne des sciences, et offre une multitude indefinie de combinaisons arbitraires : la première, ne visant qu’a la vérité, a établi ses bases sur les organes les plus importans à la vie des végétaux, sans considérer si ces organes sont faciles ou difficiles à observer ; la seconde, ne tendant qu’à la facilité, a établi ses divisions sur les organes les plus apparens et les plus faciles à étudier. |
« Faute d’avoir bien senti les différences essentielles qui
existent entre ces deux méthodes, la plupart des botanistes ont embrassé exclusivement lun ou l'autre de ces moyens d'arriver au but, et tous semblaient avoir oublié que l’une et l’autre de-ces méthodes ont leurs avantages, et que leur réunion pourrait concilier la vérité et la facilité. La Æore française est le premier ouvrägé où l'esprit de ces deux méthodes ait été nettement distingué, et où l’on ait présenté un moyen facile d'arriver à la vérité, en annonçant d’avance que ce moyen était artificiel : j'ai cru que l’on atteindrait encore au même but Eu autre disposition, qui paraît, au premier coup d'œil, une sirnple convenance de typographie, mais qui tient en réalité aux bases mêmes de la logique de la botanique. J’ai tenté d'employer la méthode artificielle comme clef de la méthode naturelle, etc. » .
… Il me paraît que M. Decandolle ne rend pas ici assez de justice aux méthodes artificielles : sans doute l’ordre naturel doit être le principal objet de l'étude du botaniste; mais il n'est pas moins vrai que les méthodes artificielles ont puissammeut contribué aux progres de la science, qui doit tant aux Tournefort, aux Linné, quoique ces célèbres botanistes v’aient employé que des méthodes artificielles. M. de Jussieu a senti lui-même la nécessité de lier ses familles naturelles par le moyen d’une méthode artificielle, pour faciliter les recherches. Quand on veut connaître le nom d’une plante, Pessentiel est de parvenir à le trouver, n’importe par quelle méthode : la meilleure est celle qui nous y conduit avec plus de facilité. Cette recherche ne s’oppose nullement à celle que Pon-doit faire ensuite des rapports naturels d’une plante, et de la place qu’elle doit occuper dans la série des êtres. M. Decandolle reconnaît un peu plus bas l'avantage du concours des deux méthodes.