‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 2 sur 201 · DES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

DES VÉGÉTAUX

Quelques pensées sur l'histoirehatrelle;, et spécialement sur la botanique.

1. Lx physique naît avant le moral : le premier donne le second.

2. Plus Fhomme sait et embrasse de choses, mieux il explique celles dont il s'occupe.

3. Si je croyais aux distinctions tranchées, je dirais que, dans le règne inorganique, tout finit par une molécule, et dans le règne organique par une cellule.

4. Au moral comme au physique, l'observation comparée et philosophique nous porte toujours à parcourir un cerclé complet : arrivé à ce point, tout se confond. Cette grande vérité, peut-être au-dessus des forces humaines, nous fait reculer, et nous fait dire que presque toujours le mieux est l'ennemi du bien. C’est ainsi qu’en botanique les organes qui. composent l’être végétal le plus compliqué, considérés de cette manière, se réduisent à n'être plus qu'une grande feuille universelle.

5. Les sciences philosophiques ne peuvent être étudiées que dans la nature : les livres qui en traitent , utiles jusqu’à uï certain point, en imposent tous plus ou moins ; et pour-

16°. Livraison.

r (ed tant combien s’en tiennent à ce dernier moyen, et font leur science comme autrefois on étudiait le blason ! 6. On a dit qu’en croyance religieuse il y avait autant de nuances que d'individus : il en est de même dans les sciences; chacun en prend selon sa portée, et reste muré dans les bornes du cercle que la nature lui a tracé.

7. Dans l’étude des sciences physiques et morales, il faut. toujours marcher de l’analyse à la synthèse, et de la synthèse à l'analyse : cela seul peut donner des résultats satisfaisans. Un grand tableau ne peut être compris dans se détails et son ensemble, qu’autant que lon se place à des distances différentes : il en est de même de celui de la nature.

8. Trop généraliser , c’estse placer tellement au-dessus des objets, que la distance ne permet plus de rien distinguer : alors plus de bornes aux écarts de l’imagination. Frop distinguer, c’est se tenir si près des objets, que l'œil peut à peine saisir l’une de leurs parties : c’est l’insecte pour lequel toutes les fleurs de l'arbre.qu'il parcourt, paraissent autant d'êtres distincts, et quiyrenæaison de la petitesse de sa vue, n’aperçoit jamais le,tronc commun duquel ces fleurs émanent.

9. L'organe de première formation dans l'homme est le tube intestinal; une petite portion isolée de ce tube représente, dans son entier, l'être végétal ou l'animal le plus simple. C’est autour de-ce tube, qui, seul dans les animaux, constitue certains polypes, et, dans les végétaux, l’u/va ëntestinalis, que la nature surajoute et développe successivement les enenqpl distinguent l’homme du polype, et le végétal le plus comp: iqué, de l'ulva que nous venons de citer.

10. La science qui a pour but l’étude des êtres végétaux n'aura de base solide que lorsque nous aurons acquis les deux connaissances suivantes : celle comparéedes êtres entre eux et de leurs organes en particulier, et celle de la situation relative de ces mêmes organes. Hors de la, c'est édifier sur un sable mouvant.

11. Les sciences naturelles présentent deux parties distinctes, la partie naturelle au philosophique, et la partie artificielle ou de classification. La premiere, immua ble comme la nature-elle-même, ne peut s'acquérir que par la comparaison ; l’autre, entierement arbitraire, a été, est et sera toujours une affaire de goût; c’est-à-dire que chacun,

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