‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 35 sur 201 · mimosa. Glande cupulaire, sessile · texte numérisé non relu

mimosa. Glande cupulaire, sessile

7. INGA ailé (inga vera, Willd.). Glande cupulaire, stipitée, au sommet de laquelle on remarque une goutte de liqueur.

8. cAssE à grandes fleurs ( cassia grandiflora). Glande conique.

9. cuscuTE à petites fleurs (cuscuta minor, Bauh.; cuscuta Europæa, Lin.) : a, suçoirs.

Obs. Ces organes, dont la formeet la situation, dans les cuscutes, rappellent parfaitement les ventouses placées le long des bras ou tentacules des poulpes et des seiches, ont beaucoup de rapports avec les glandes : comme celles-ci, les suçoirs présentent dans leur centre une bouche ou un pore; mais ils diffèrent des glandes en ce qu'ils sont aspirans et doués d’une forte succion, que leur bourrelet est une spongiole qui représente l’extrémité d’une racine très-raccourcie, et qu'au lieu de servir à jeter au dehors l'excédent des fluides du végétal, comme le font la plupart des glandes, des poils et des pores, ils absorbent au contraire ceux destinés à son entretien. |

10. PALMIER Cro-cro (bactris major ). Aiguillon détaché du tronc ou stipe. Ces aiguillons sont noirs, luisans et trèsdurs : les bétioles communs et les spathes de ce végétal en sont également pourvus.

Obs. M. Desvaux, dans un opuscule très-rémarquable (Nomologie botanique), parait ignorer qu’une plante monocotylédone peut donner naissance à des aiguillons, puisqu'il énonce ainsi sa dix-neuvième loi : « Zoute plante ou arbre pourvu d’aiguillons est dicotylédone. » L'auteur, n'ayant point voyagé dans la patrie des palmiers, pouvait bien ne point connaître l'existence des aiguillons dont un assez grand nombre de ces végétaux sont armés; mais il ne pouvait en être de même de ceux que présentent les smilax.

11. ROSE de chien (rosa cauina, Lin.). Aiguillons caulinaires, réfléchis. On en a détaché un, afin de faire connaître que ces organes n’adhèrent qu’a l’épiderme, dont ils ne sont qu’une simple expansion, dans laquelle abonde le tissu cellulaire.

12. ZANTHOXYLUM à gros aiguillons ( zanthoxylum clava-herculis, Lin.). Aiguillon caulinaire, conique.

13. BompAx ceiba, Lin. Aiguillon caulinaire, conique, réfléchi.

14. sApuxer élastique (hura crepitans, Lin.). Aiguillons caulinaires, coniques, légèrement réfléchis, à base élargie. è

15. NÉrLwEr aubépine (mespilus oxyacantha, Lin.). Epine simple, caulinaire et axillaire. Dans ce cas, elle est un rameau avorté.

16. rÉvier à grosses épines (gleditsia ferox, Lin.). Epine rameuse, caulinaire. ae DE

17. cacrus mélocacte (cactus melocactus, Lin.). Epines fasciculées, caulinaires. ue |

Obs. Il est presque impossible de décider si les piquans des caotes sont des aiguillons ou des épines. C'est ainsi que tous les organes des êtres vivans , étudiés comparativement , se trouvent liés par des nuances insensibles, et qu’ils repoussent toutes les définitions que nous cherchons à leur appliquer. | an

Je ne puis m'empêcher de transcrire ici une très-courte observation de M. Mirbel, et qui renferme, en quelque sorte, toute la science philosophique des végétaux : « Il n’y a pas de limite bien certaine entre les épines et les aiguillons, il n’y en a pas davantage entre les aiguillons et les poils. Les nuances infinies qui, dans tout le règne végétal, unissent les différens organes, contrarient sans cesse la rigueur de nos définitions : c’est ce qu’il faut bien entendre pour ne pas être La dupe des livres. »

Ce principe, appliqué seulement ici à la science des végétaux, prouve combien l’auteur, dégagé de tout ce qui vient des hommes, a observé et profondément médité son sujet dans la nature même, et:combien il sent qu’il n’est d'autre étude digne du penseur, que celle qui a pour but la connaissance des analogies, connaissance qui tend à rattacher sans cesse les parties au tout. |

Ce grand principe fondamental, auquel la nature toute entière est soumise, repousse et détruit toutes nos distinetions de bon et de méchant au moral, de long et de court au physique, dès que sérieusement nous voulons remplir, par les innombrables modifications, l’espace qui sépare ces extrémités.

18. cyprÈs chauve ( cupressus disticha, Lin. ; schubertia disticha, Mirb.; taxodium distichum, Rich.). Exostose radicale, pyramidale.

. Obs. L’exostose peut se développer sur toute la partie Jigneuse des végétaux ; elle a quelques rapports avec l’épine : comme celle-ci, elle est une dépendance du tissu ligneux, qui, pour les former l'une et l’autre, semble saillir et se replier. | , 19 ROBINIA faux acacta (robinia pseudo-acacia, Lin. ). Épines stipuléeunes, biparties, latérales.

, 20. GROSEILLIER à Mmaquereau (ribes uva-crispa , Lin.). Epines stipuléennes, triparties, inferaxillaires.

Obs. On a eu tort d’assimiler les piquans de quelques espèces de groseilliers aux stipules endurcies et spinescentes du robinia faux acacia : l’analogie et la situation relative de celles-ci nous prouvent qu’en effet ces organes ne sont rien autre chose; mais il n'en est pas de même dans les groseilliers, dont le plus grand nombre des espèces qui composent ce genre sont dépourvues de stipules : leurs piquans sont tout simplement des expansions, sortes d’exostoses qui, par leur situation, ne peuvent être ni des feuilles ni ee stipules, mais seulement des parties proéminentes et dépendantes des nœuds-vitaux. {| faut encore prendre garde de confondre, comme on le fait dans d’excellens ouvrages, ces productions, le plus souvent trifides , avec les piquans des épines-vinettes, qui sont de vraies feuilles spinescentes, molles et vertes dans leur jeunesse, élargies, munies de nervures médianes et à bords roulés en dessous dans quelques espèces. Une seule observation suffira pour démontrer que les piquans des groseilliers et ceux des vinetiers n’ont aucune analogie, malgré leur grande ressemblance de forme et de situation apparente.

Guidé par cette grande loi qui assujétit la presque totalité des organes appendiculaires à la situation alterne dans le sens longitudinal des tiges, il sera très-facile de s’apercevoir, en comparant la situation relative des épines des deux plantes dont il vient d’être question, qu’elles n’ont aucun point de ressemblance. Dans le groseillier, immédiatement au-dessus et opposé à l’épine simple ou trifide, paraît la vraie feuille, celle qui dépend du même axe qui produit le piquant, et celle en même temps qui représente rigoureusement la feuille spinescente des vinetiers. Si, partant de ces deux sortes de feuilles, dont l’une est laminée et lobée, tandis que l’autre est réduite à la nervure médiane endurcie, nous examinons les bourgeons où embryons-fixes placés à l’aisselle

de chacune‘d’elles, nous verrons que, dans l’un et l’autre, les feuilles les plus inférieures de ces bourgeons ont une situation latérale, relativement aux feuilles dans l’aisselle desquelles ils sont nés. : |

Une autre considération qui me paraît bien importante et qui en même tèmps vient à l'appui de la différence que je viens d'établir entre deux parties qui n’ont rien de commun, est que les piquans des groseilliers, qui n’ont point d’analogue dans les vinetiers, de trifides qu’ils sont vers la base des rameaux, se simplifient à mesure qu'ils s'élèvent vers le sommet, où enfin on les voit disparaître entièrement de la base des feuilles, qui continuent de se développer sans ct appendice inutile.

Il n’en est pas de même à l’égard de la feuille spinescente des vinetiers : comme organe plus important, elle ne disparaît point de cette manière, et c’est au contraire au sommet des rameaux qu'il faut aller étudier sa véritable forme et ses véritables fonetions. 7

21. VIGNE cultivée ( vitis vüuufera, Lin. ). Vrille ou cwrhe oppositifoliée, pédonculéenne, multifide.

Obs. Les vrilles représentent toujours, sous l’état rudimentaire où d’avortement , d’autres organes plus développés : g’est ainsi que le pétiole commun de quelques papilionacées et le cobæa scandens, les stipules des srulax et les bourgeons axillaires des passiflores, se convertissent en ces sortes d'organes filiformes, simples ou rameux, et plus ou moins susceptibles. de se rouler autour des corps voisins. IL s'en trouve qui sont munis de sucoirs semblables. à ceux que l’on. remarque sur les tiges des cuscutes. |

22. PTERIS atgle impérial (pteris aquilina, Lin.). Feuille trés-jeune roulée en crosse, et recouverte d’écailles imbriquées.

23. cHou-PALMIER (areca oleracea, Jacq.). Cette figure, où les folioles, pliées à la manière d’un éventail, contrastent avec celles de la figure précédente, représente une jeune feuille de palmier, celle qui. occupe toujours le centre de l’ample faisceau qui couronne si majestueusement le stipe de ces végétaux, et à laquelle on donne le nom de flèche.

24. PorRIER Commun (pyrus communs, Lin.). Bourgeon écailleux.

25. MAGNOLIER & grandes fleurs (magnolia grandiflora). Bourgeon enveloppé par deux stipules soudées. |

26. PLATANE d'Orient ( platanus Orientalis, Lin. ). Portion de branche représentant un nœ@ud-vital entièrement entouré ou bordé par la base du pétiole de la feuille, dans Pintérieur duquel est né le bourgeon. Le wirgilia lutea, Mich"., 4rb., offre également dés bourgeons rénferinés, pendant quelque temps, dans l'intérieur de la base renflée du pétiole.

Obs. Dans mon mémoire ayant pour titre : De l’inflorescence des graminées et dés cypérées , comparée avec celle des autres végétaux sexifères, ete., lu à l’académie des sciences en sa Séance du 19 avril 1819 ', j'ai fait connaître que la en de la première écaille des bourgeons, c’esta-dire de l’écaille la plus extérieure, présentait constamment trois modes distincts ; savoir :

1°. Æcaille ou feuille rudimentaire, extérieure, interposée entre le bourgeon qui la porte ét la tige de La plante à laquelle elle s’adosse.

Toutes les plantes monocotylédones présentent ce premier mode. |

2°. Ecailles extérieures, latérales. Elles peuvent être dans cette disposition alternes ou opposées, quelquefois soudées par leur base. |

Le plus grand nombre des végétaux dicotylédons sont soumis à celui-ci.

3°. Ecailleextérieure, regardant le pétiole de la feuille, dans V’uisselle de laquelle est né le bourgeon.

Ce troisième mode, dont le caractère est diamétralement opposé à celui que présente le premier, est propre à beaucoup d’amentacées, peut-être à toutes. Dans les saules, cette première écaille enveloppe la totalité du bourgeon, et contraste plus tard d’une manière remarquable, par sa couleur brune et lisse, avec les écailles plus intérieures, qui sont soyeuses et d’un blanc argenté. à

Obs. Ces trois modes existent dans la nature tels que je viens de l’énoncer : les caractères qu’ils présentent sont constans et peuvent être bons comme objets de signalement, et servir avéc avantage dans les distinctions que nous avons besoin de faire dans l’étude des êtres; mais, 1l faut l'avouer, ces caractères contrarient l’une des plus grandes lois de la végétation, et cachent en même temps une vérité philoso-

1 Mém. du Mus. d’hist. nat., tom. v.

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TABLAAU Dis position des feuilles. Phyllodes ; Stipule s.

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phique qui serait bientôt dévoilée, si je ne me faisais mMOimême un devoir de faire connaître que les écailles extérieures des premier et troisieme modes, toujours bicarénées, ne sont que le produit de deux écailles latérales, soudées en leurs bords intérieurs dans les monocotylédones, et à l’exterieur dans les amentacées : de sorte qu’il faut en conclure que ces écailles , en redevenant latérales, et éconséquemment alternes, rentrent dans le second de ces modes, et restent d'accord avec la disposition alterne des feuilles dans le sens longitudinal des tiges, et qu’elles se conforment des lors aux vœux de cette grande loi dont nous avons parlé plus haut.

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