ORGANES APPENDICULAIRES
Feuilles.
Ces organes, ordinairement laminés, servent d’abord à protéger l'enfance des rameaux et des fleurs qu’ils contiennent dans leur aisselle, et ensuite à pomper dans l’atmosphère les fluides nécessaires à l’entretien du végétal, dont ils sont en même temps la parure la plus durable.
Le caractere essentiel de la feuille, comme organe appendiculaire, et que personne n’a encore présenté, consiste dans sa situation relative sur l'axe du végétal. Ainsi, toute partie qui n'appartient point au rameau-fleur, le plus souvent articulaire; quelles que soient ses dimensions, sa forme, sa figure et sa consistance; qui borde la partie extérieure d’un nœud-vital, est une feuille.
Les feuilles remplissant dans l’aix les mêmes fonetions que le chevelu dans le sein de la terre, on peut dire de celui-ci qu'il forme des feuilles souterraines, et de celles-la qu’elles sont des racines aériennes : toutefois, il est utile de se rap- peler que ces deux parties n’ont d’analogie que dans leurs fonctions seulement.
La disposition des feuilles sur les tiges fournit des caractères plus importans que la présence ou l’absence de l'organe lui-même; car nous le voyons queen disparaître, en allant de la base au sommet du végétal, tandis que les points d'insertion ou nœuds-vitaux, toujours bordés extérieure-
(38) ment par la base de la feuille, lorsqu'elle n’est pas avortée, sont invariables dans leurs dispositions. Ils présentent trois modes ; savoir, alterne en spirale, alterne distique et opposé. Ces nœuds-vitaux sont la répétition de ceux que protègent Les feuilles cotylédonaires de l'embryon.
Les nœuds-vitaux ne communiquent point avec la moelle; ils coupent, au contraire, le canal médullaire en autant de compartimens, et donnent naissance aux rameaux.
Ceux-ci doivent être considérés comme une suite de nouveaux êtres dont se compose, par exemple, l’ensemble d’un grand arbre : ils ont un canal médullaire qui leur est propre, et qui ne s’abouche jamais avec celui de la tige sur laquelle ils ont pris naissance. Ils peuvent se présenter sous quatre aspects différens, je veux dire qu’ils peuvent être feuillés : auquel cas, ils contribuent à augmenter la masse commune de l’arbre; ou épineux, lorsqu'ils avortent ; ou bulbifères, quand ils se montrent, à l’aisselle des feuilles de plusieurs plantes monocotylédones, sous une forme plus ou moins sphérique :; ou enfin florifères, lorsqu'ils terminent la végétation; mais alors ils contiennent dans des cavités ovariennes certains corps destinés à reproduire la plante-mère.
Les feuilles varient infiniment par leurs dimensions , leurs figures et par leurs formes. À l’égard de leurs dimensions, on voit les feuilles passer insensiblement par tous les degrés, quand on observe successivement les soies qui accompagnent extérieurement chaque fleur dans Pinflorescence compacte des synanthérées, les bases pétiolaires et écailleuses (feuilles rudimentaires ) des asperges, des fragons, des xylophylla et des cuscutes ; enfin les feuilles des bananiers , des palmiers
1 Les rameaux bulbifères, que lon pourrait ASRE par le nom d’embryons-bulbifères, tiennent le milieu entre les em ryons-graines et les embryous-fixes (bourgeons). Comme ceux-ci, l’embryon-bulbifère nait d’un nœud-vital et se compose également d’un axe très-court, au tour duquel émanent des feuilles rudimentaires, écailleuses, charnues, situées alternativement et en spirale; mais il se rapproche des embryonsgraines, en ce qu'il n’adhère que très-faiblement à la plante-mère; ec est, comme eux, destiné à s’en séparer naturellement, et à aller au lon donner naissance à un nouvel individu. re
Si l’on examine ces embryons-mixtes dans quelques liliacées, comme, par exemple, ceux du lis tigré GES tigrinum ), on y Me rit comme je J'ai déjà dit en parlant de la disposition des feuilles écaiileuses des bourgeons, des plantes monocotylédones, que la plus extérieure des écailles qui composent ce bourgeon est adossée à l'axe principal de la plante. ”