BERLE
Gres ....s.. STOP.« É
soN, sive apium palustre, foliis oblongis ; Bauhin, Tlivaë, lib. 4, sect. 4. Tournefort ; clas. 7, ombellifères.
SIUM ANGUSTIFOLIUM ; foliis pinnalis , umbellis axillaribus pedunculatis, involucro universali pinnatifido ; Linné, clas. 5, pentandrie digynie. Jussieu, clas. 12; ord. 2,
| ombellifères.
Ltalien... ... S10; GORGOLESTRO.
Espagnol. . 10; SION.
Français... BERLE; ACHE D'EAU. |
Anglais... ... UPPER WATER-PARSNEP; NARROW-LEAVED SKIRRET, Wil-
5 à ich; WATER-SMALLAGE, C: .
Allemand... WASSER-PASTINARE; WASSÉREPPICH.
Hollandais .. ‘WATÉR-PASTINAKE; WATER-EPPE.
Platine.
Cette plante vivace, très-commune dans les climats chauds et tempérés, se plaît dans les ruisseaux, les fontaines, les fossés aquatiques , sur le bord des étangs.
La racine est blanche, fibreuse, rampante , noueuse.
La tige droite, cylindrique, rameuse, s'élève à la hauteur d’un pied et demi.
Les feuilles sont alternes et simplement ailées : les inferieures composées de treize ou quinze folioles ovales serretées, les supérieures plus petites, plus profondément dentées, quelques-unes presque laciniées.
Les fleurs sont disposées en ombelles pédonculées, qui sortent des aisselles supérieures des feuilles, et leur sont opposées. La collerette universelle est formée de cinq ou six folioles lancéolées , inégales, la plupart pinnatifides. Les cinq pétales sont blancs, subcordiformes; les cinq étamines portent à l'extrémité de leurs filamens des anthères arroudies; l'ovaire inférieur est chargé de deux styles courts.
Le fruit est sphéroïde, strié, composé de deux graines plano-convexes, appliquées l’une contre l’autre.
Comprise dans la même famille que l’ache, la berle se rapproche également de cette plante par ses qualités physiques et ses propriétés médicamenteuses : aussi l’appelle-ton communément ache d’eau. Les, feuilles, dit Macquart, ont une légère âcreté qui n'empêche pas de les manger en Salade. Leur suc et leur décoction, rarement employés, passaient pour antiscorbutiques, fébrifuges, apéritifs, eminénagogues , diurétiques, et même lithontriptiques (1). Les
(1) Certains étymologistes apercoïvent dans cette vertu l’origine du mot Sium, $€1@ AUBoY , je remque, je chasse la pierre : d’autres y voient l’agitation 19°. Livraison. a.
re, (36)
graines ont l’odeur aromatique et la saveur piquante qui
distinguent la plupart des ombellifcres.
Parmi les autres espèces du genre sium , il en est plusieurs qui méritent d’être signalées : telles sont principalement Ja berle des potagers, sium sisarum , plus connue sous lé nom de chervi, et à laquelle je cansacrerai un article; et la berle de la Chine, sium ninsi, dont je parlerai eu traitant du ginseng.
perpétuelle de la plante elle-même par l'effet des vents et des ondes. Théis aime mienx y reconnaître le terme celtique siw , eau. Quant à moi, je regarde tout simplement $40Y comme une denomination grecque radicale.
M. 'Fhéis fait pareïllement venir berle du-celtique beler ou veler, cresson ou plante analogue. Peu de personnes adopteront cétte étymologie.
(£a plante est de grandeur natureile
. Feuille radicale,-au trait. .
: Fleur entière, grossie.
. Fruit de grosseur naturelle,
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. Le mêmegrossn
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BIETIET .
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; LXNTIET BETEL.
BETRE sive TEMBUL ; Bauhin, TliyaË , Nb. 17, sect. 3 (1). PIPER NETEL; foliis ovalis, oblongiusculis, acuminatts, septinerviis, petiolis bidentatis ; Linné, clas. 2, diandrie trigynie. Jussieu, elas. 15, ord. 3, orties. 1% Français..... VETEL.
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Les Indes orientales sont la patrie du betel, qui croît de
référence sur les bords de la mer.
Les tiges pliantes, lisses et striées, s'appuient et se fixent sur les corps voisins. s
Les feuilles , alternes, assez grandes, subcordiformes, acuminées, glabres, marquées de sept nervures d’inégale longueur , sont soutenues par des pétioles canaliculés à leur base, et munis supérieurement de deux dents. j
Les fleurs sont disposées en un épi cylindrique, étroit, serré, pendant vers la terre à l’extrémité d’un long pédoncule opposé aux feuilles : autour de l'axe dé cét épi sont rangées alternativement de petites écailles; dans l’aissellé de chacune est placée une fleur composée de deux squamules calicinales, contenant deux étamines courtes, et un ovaire sphérique surmonté de trois styles en alêne, légèrement plumeux,
Le fruit consiste en petites baies globuleuses, verdâtres, monospermes, fixées et comme aglomérées le long de l’épi, spadice ou chaton, qui ressemble à la queue d’un lézard (2).
Si le betel préfère généralement les plages maritimes, on le voit prospérer, à l'aide de la éulture, dans l’intérieur des terres. Sarmenteux comime la vigne, il exige à peu près les mêmes soins, grimpe également le long des échalas ou des arbres. On le marie par fois à l’aréc , avec lequel il forme de jolis berceaux, d’agréablés tonelles. Cette union, d’ail-. leurs, associe, en quelque sorte d'avance, deux plantes qui dans l’usage ordinaire de la vie ne sont presque jamiais employées l’une sans l’autre, En effet, les Indiens mâchent
(1) Les noms de betel, betle, betre, adoptés pat les Européens, sont: em. pruntés , et presque littéralement copiés de l’idiome malais, comme ceux de tembul où tamboul le sont de Y'Arabe,
(2) Toutes les parties de la fructification du-betel sont tellement -exigués, qu il fañt une forte lentille pour les bien observer; encore cela ne peut-il se faire que sur le vivant. ) $
Le dessin qui représente ce végétal exotique est de grandeur naturelle.
| (Tr) 15°. Livraison. é b.
continuellement une préparation qu'ils désignent sous le nom de bete!, bien que les feuilles brûlantes de ce poivre en forment à peine le quart; la chaux vive y entre dans la même proportion, tandis que la noix d’arec constitue la moitié de ce masticatoire , qui est devenu pour les habitans des contrées équatoriales un objet de première nécessité. On mâche du betel pendant les visites; on entient à la main; on s’en offre en se saluant et à toute heure; lorsqu'on se quitte pour quelque temps, on se fait présent de betel, renfermé dans une bourse de soie. Ou n’ose parler aux grands sans avoir du betel dans la bouche. Les femmes, et surtout les femmes galantes, sont passionnées pour cette drogue, qui, suivant elles, dispose merveilleusement aux plaisirs de l’amour (3). |
« Ce masticatoire donne à la salive et aux autres liquides /
animaux une couleur rouge de brique qui se transmet aux. excrémens : 1l stimule fortement les glandes salivaires et les
organes digestifs, diminue la transpiration cutanée, et prévient ainsi lés affections atoniques qui résultent, dans les
pays chauds, de cette évacuation trop abondante. Le betel est si irritant, qu'il corrode par degrés la substance den-.
taire , au point que les personnes qui en mâchent habituellement sont privées, dès l’âge de vingt-cinq à trente ans, de toute la partie des dents qui est hors des gencives; mais cet inconvénient n'empêche pas que son usage soit univer-
sellement répandu dans toutes les iles de la mer des Indes,
11 semble que les habitans de ces ardens climats sont invités par la nature à faire usage des aromates et des épices qui croissent abondamment sous leurs pas : de la, sans doute, l'usage de ces cariks d'une excessive âcreté, que lon sert sur la table du prince et sur celle de l’esclave (4). »
Les docteurs Hallé et Nysten pensent, avec Peron, que .
les Européens, à leur arrivée dans les pays chauds, n’ont
pas de moyen plus puissant pour conserver leur santé, que :
dè se soumettre à l'emploi du betel, ou d’un autre stimulant
\ . r [à PP sr analogue. Après avoir tracé avec autant de fidélité que d’é- ,
nergie le tableau des accidens auxquels expose le passage
subit d’une température modérée à une chaleur dévorante,
MM. Hallé et Nysten condamnent notre obstination à re-
pousser les habitudes des peuples étrangers, lors même
qu’elles nous deviennent le plus nécessaires.
* (3) Ray, Historia lantarum , Y716. Poe 2 5 Macquart, dans l’£ncyclopédie méthodique : médecine; tome 3, page 704. (4) Hallé et Nysten, dans le Dictionaire des sciences médicales, tome 3,
page 92.
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J’attache le plus grand prix au témoignage de ces médecins illustres, sans néanmoins adopter leur prédilection pour le betel. Cette substance extrêmement âcre, porte sur l'appareil digestif une irritation vive et perpétuelle, une phlegmasie permanente qui se propage jusqu'aux extrémités du tube alimentaire. Ce canal irrité sans cesse, épuise en quelque sorte sa tonicité ; son mouyement péristaltique, d’abord accéléré outre mesure, se ralentit et s’altère; une faiblesse indirecte se déclare, des vices organiques se manifestent; souvent une phtisie gastrique porte le dernier cou à ia machine, dont le principal ressort a été muiné par l'abus. des stimulans. Je viens, sans m'en apercevoir, d’ébaucher l’histoire de Peron lui-même, mort dans un état de consomption épouvantable, au printemps de son âge, peu de temps après son retour des terres australes; tandis que lillustre Adanson dut à la tisane émolliente de baobab, ainsi qu’à l’abstinence du vin, la santé dont il jouit pendant son séjour au Sénégal, et qu'il conserva inaltérable jusqu’à près de quatre-vingts ans. |
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BETOINE,
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EXIX. :
BÉTOINE.
Grec... HESTPOY; NESTPAV; UXOTPOGOY ; CeToyinn. BETONICA PURPUREA ; Bauhin, Iivaë, lib. 6, sect. 5.
4 Tournefort, clas. 4, labiées. 4
Latin... .<BETONICA OFFICINALIS; spicd inlerrupté, corollurum labii ‘Jacinid intermedid emarginat&; Linné, clas. 14, didynamie gymnospermie. Jussieu, cas. 8, cd. 6, labiées.
Jialien...... BETTONICA. |
Æspagnol:... MmETONICA.
Francais... .. BÉTOINE.
n Anglais..... BETONY,
Allemand... BETONIK; BETONIE; 2EHRKRAUT , Hagen.
Hollandais... BETONY.
Polonais. ... BuxwixA, Erndiel.
On trouve communément cette plante vivace dans Îles endroits ombragés, les Laillis, les prairies : les Grecs ayant observé qu’elle croissait de préférence dans les lieux les moins échauffés par les rayons solaires, la désignaient quelquelois sous le nom de AvxoTpogor (1).
La racine, grosse à peine comme le doigt, est coudée, fibreuse, chevelue, brunâtre.
Les tiges, qui s'élèvent jusqu’à un pied et demi de hauteur, sont simples, droites, quadrangulaires , légèrement velues.
Les feuilles sont opposées, en cœur oblong, ridées, crenelées, portées sur des pétioles qui, très-longs dans les feuilles inférieures, diminuent , et finissent en quelque sorte ON LE à mesure qu’elles approchent du sommet de
a tige, ;
Les fleurs purpurines, sont disposées en épis terminaux ; chacune d’elles présente : un calice monophylle, tubulé, dont le bord est divisé en cinq dents aiguës; une corolle monopétale, dont le tube est cylindrique, courbé, le limbe
partagé en deux lèvres, la supérieure plane , entière, droite, obtuse, l'inférieure plus large, divisée en trois lobes, dont l'intermédiaire est légèrement échancré; quatre étamines didynames ; un vovaire supérieur quadripartite, au centre duquel naît un style filiforme, terminé par un stigmate bifide.
. Le fruit consiste en quatre graines nues, ovoides, brunes, situées au fond du calice persistant, qui leur sert d’enveloppe.
(1) nuyos , froid ; TPaGN , nourriture.
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Les qualités physiques de la bétoine sont généralement assez faibles , et différentes selon la partie de la plante qu’on examine. Les racines ont une saveur amarescente > Tauséeuse ; les feuilles joignent à cette amertume peu prononcée un goût âpre et comme salé. Les fleurs exhalent une odeur à peine sensible. Plusieurs pharmacologistes assurent pourtant que ceux qui récoltent la bétoine éprouvent des étourdissemens, des vertiges, une sorte d'ivresse.
Peu de plantes ont joui d’une réputation plus brillante et moins méritée : Dioscoride et Galien exaltent ses vertus puissantes et variées; elle est offerte par Antonius Musa, ou plutôt par Lucius Apulée (2), comme un remède infaillible contre quarante-six maladies, dont plusieurs sont extrêmement graves, et d’autres absolument incurables, telles que la paralysie, la rage, la phtisie purulente. Cette énumération aussi ridicule que fastueuse , est précédée d’un début apologétique véritablement curieux : azimas hominum et corpora custodit, et nocturnas ambulationes à maleficiis et periculis, et loca sancta et busta etiam à »visibus metuendis tuetur et defendit , et omni rei sancta est. Des médecins judicieux ne retrouvant aucune analogie thérapeutique entre notre inerte bétoine et la merveilleuse bétoine des anciens, ont pensé que nous avions faussement appliqué la dénomination antique (5). J'aime mieux croire qu'ici, comme dans beaucoup d’autres cas, nos bons ayeux ont donné une carrière trop libre à leur imagination poétique; car la description tracée par Dioscoride et par Apulée, bien que courte et incomplette, peut très-bien se rapporter à notre bétoine. J’ajouterai que l’enthousiasme des Grecs s’est transmis en quelque sorte aux Espagnols et aux Italiens. Ces derniers ont regardé longtemps la bétoine comme une panacée, comme un trésor, et cette opinion favorable, ou plutôt exagérée, conserve encore chez eux de nombreux partisans (4). Les médecins anglais, allemands et français n’ont point été séduits par ce concert de louanges. Cullen la juge indigne de figurer parmi les substances médicamenteuses (5) ; Hil-
(2) J. C. G. Ackermann, Parabilium medicamentorum scriptores antiqui; 1788, pag. 128.
(3) Murray, Apparatus medicaminum, tome 2; 1704, pag. 197. c (4) Pour signaler une personne ou une chose douée de qualités ares; On dit proverbiaiement : ka più virlë.che bettonica. Un: second proverbe également usité et on moins expressif est celui-ci :; : l’ende la tonica , Æ compra la bettonica.
(b} 4 treatise of the mat. med., tom. 2; 1589, pag. 98.
Lu
denbrand ne Jui accorde pas même les honneurs de la citation , dans sa Pharmacologie; Spielmann ne la cite que pour en déconseiller l’usage. Murray , un peu plus indulgent, n'ose révoquer en doute les observations de crop qui tendent à établir l’emploi avantageux de la bétoine dans les affections muqueuses, dans les catarrhes atoniques. Tels sont aussi les cas dans lesquels le docteur Gilibert a éprouvé l'utilité de cette plante; mais en revanche il n’ajoute guère de confiance à la propriété émétique et purgative de la racine, et sur ce point 1l est d’accord avec M. Bodard. Celui-ci ne considère la bétoine que comme un sternutatoire susceptible de remplacer le tabac, dont toutefois elle est loin d’égaler l'activité. *
Le fameux emplâtre de bétoine, vanté jadis pour la guérison des plaies de tête (6), et même pour consolider les fractures du crâne, est avec raison banni de nos dispensaires. L'eau distillée, le vin {7), le sirop et la conserve, sont pareillement tômbés en désuétude, sans que la théra- RE y dit rien perdu. Les tanneurs ont aussi renoncé à ‘usage de la bétoine, qui n’est point assez astringente : elle s'est montrée plus utile à l’art tinctorial; elle communique. une couleur brune, belle et solide aux laines préalablement imprégnées d’une faible solution de bismuth.
La bétoine blanche est une simple variété de celle dont je viens d'exposer l’histoire. Quelques espèces sont cultivées dans les jardins d'agrément : tels sont la bétoine velue, l'orientale et la grandiflore.
BLEECR (sean), De betonicd, Diss. inaug. præs. Joan. Phil. Eysel; in-40. Erfordiæ, 1716. :
(6) « Pline rapporte que le nom de betonica ou vetonica vient des Vetons, peuples qui habitent au pee des Pyrénées, et qui les premiers la mirent vu usage, C’est une erreur, dit M. Théis; bentonic est le vrai nom ds: la bétoine en langue celtique; il vient de ben, tête, et ton, bon : chacun connaît les qualités céphaliques de cette plante. »
L'étymologie donnée avec tant d'assurance par M. Théis mé semble aussi Êes Se que celle proposée par Pline, adoptée par Bauhin, Tournefori,
entenat. ,
(7) Betonicam ex duro prodest assumere baccho.
SERENUS SAMMONICUS.
EXPLICATION DE LA PLANCHE Go.
(La plante est représentée de grandeur naturelle}