‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 20 sur 71 · Graine grossie · texte numérisé non relu

Graine grossie

(Tous ces détails sont réduits à la moitié de leur grandeur naturelle) |

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BOUIHAU BLANC.

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LXX V. Re. |

BOULEA Ü.

Grec... ... smgos; sauud\a , Théophraste. | BETULA; Bauhin, Thide » lib. 11, sect. 5. Tournefort,

clas. 19, arbres amentacés. Mo :

Latin......:.4verura Aura; foliis ovatis, acuminatis, serratis; Linné, clas. 21, monœcie tétrandrie. Jussieu, elas. 15, ord. 4,

%: amentacées.

Ttalien...... HErurÀA; sETULrA.

Æspagnol,. .…. -ApEDuL.

Français... BOULEAU; BOULEAU BLANC; BOULEAU COMMUN.

Anglais. .... BIRCIH; DIRGI-TREE.

Allemand... BIRKÉÈ; BIRKENBAUM. : - Hollandais .. BErkENBcoOw. < #

Polonais. ... nrzoza.

Au milieu des arbres de nos forêts, dont l'écorce rembrunie offre à nos regards les rides de la vieillesse , le bouleau, dit M. Poiret (1), s'annonce au loin paré d’un épiderme lisse, satiné, d’une blancheur éclatante.

Le tronc s'élève, dansles bons terrains, j usqu’à la hauteur de soixante à septante pieds; droit, cylindrique, sans difformités et sans nœuds, il ne pousse que vers son sommet des branches qui se divisent en rameaux souples, pendans, eflilés. x |

Les feuilles sont alternes, ovales-pointues, presque triangulaires, denticulées et comme serretées » Vertes ent dessus, d’un vert blanchâtre en dessous, portées sur des pétioles assez longs.

. Les fleurs, petites, amentacées, sont monoïques, c’esta-dire mâles et femelles séparées sur le même pied : les chatons mâles, plus lâches, plus longs, se composent d’écailles ternées, qui tienuent lieu de calice, et renferment douze étamines, dont les anthères sont groupées par quatre ; les chatons femelles, plus serrés, plus courts, sont formés d’écailles trilobées, dont chacune recouvre deux fleurs qui consistent en un petitovaire surmonté de deux styles sétacés, Persistans , et à stigmates simples. | |

Le fruit est une petite graine nue > bordée de deux petites ailes membraneuses (2,.

(1) Encyclopédie méthodique : botanique ; supplément ; tome 1 > page 686.

(2) Aspice telluri data semina parva betullæ, Quæ , düm rura Jerunt, flexilis arbor erunt,

20°, Livraison. : a.

« Peu délicat sur la nature du sol, le bouleau végète davs les terrains arides, pierreux, crétacés; il porte la fertilité et la vie dans ces contrées qui semblaient devoir être frappées d’une éternelle stérilité. 11 est peu de végétaux moins susceptibles des impressions de l’air et de larigueur du froid. On le retrouve dans les Alpes, audessus de ces régions où äucun autre arbre ne peut plus exister : il s’avance jusque vers les glaces du pole arctique; il est le dernier que produise le Groenland. Mais sur les montagnes glacées il n’est plus qu'un arbrisseau bas, tortueux, rabougri. À la vérité, il acquiert en dureté ce qu’il perd en hauteur, et son bois n’en est que plus propre à fabriquer divers ustensiles de ménage : il s’y forme des nœuds d'une substance rougeâtre, marbrée, très-recherchés des tourneurs (3). »

Les Suédois et les Lapons tirent un grand parti du bouleau. Son écorce, qui souvent survit longtemps à la destruction complette de l’intérieur de l'arbre, sert à la couverture des cabanes; on én fait des corbeiïlles , des chaussures nattées, des cordes, des filets, des bouteilles, des assiettes. Lorsqu’elle est encore remplie de ses sucs à demi résineux, elle fournit des torches qui éclairent bien; on en retire, à l’aide du feu, une huile poisseuse, qui donne aux cuirs de Russie une qualité supérieure et une odeur particulière. Enfin les Kamischadales trouvent dans cette écorce un aliment et une boisson; ils la mêlent à leur caviar, et en préparent une sorte de bière. L’épiderme sert encore de papier à divers habitans du nord, comme il en servait plus généralement à nos ancêtres (4).

Avec des jeunes bouleaux courbés graduellement, on fait des jantes de roues; âgés de dix ans, ils donnent des cerceaux pour les futailles; un peu plus forts, on les emploie à relier les cuves, et les gros sont mis en œuvre par les sabotiers. Les menues branches sont employées deptus un temps immémorial à faire des balais et des verges; elles étaient la base des faisceaux qu’on portait devant les premiers magistrats de la république romaine. J'aime entendre M. Poiret s’écrier à ce sujet : Quand ne verrons-nous plus des maîtres ou des parens assez ignorans et assez barbares pour croire former la jeunesse à la vertu et aux sciences, par les moyens avec lesquels on punit le crime (5)?

(3) Poiret; ibid. e (4) Duchesne, dans le Dictionaire des sciences naturelles ; tom:5, pag. 261. (5) Emendat rigidos puerorum betula mores.

Les Allemands, chez lesquels règne encore plus que chez nous la criminelle

-À (657) * Les expériencés nombreuses etintéressantes de Dambourney assignent au bouleau une place éminente parmi nos végétaux colorans, Diversement apprêté , il communique aux étoiles une multitude de nuances : brune, jaune, noisette, fauve, mordorée, Ce n’est pas tout; il a le précieux avantage d’aviver et de fixer la couleur des bois de ‘Campêche et de Fernambouc (6). | Je viens de tracer une longue, .et pourtant très-incomplétte énumération des usages économiques du bouleau, avant de parler des propriétés médicales. Celles-ci m'ont paru ne devôir occuper que le second rang, parcequ’elles sont beaucoup. moins nombreuses et:moins importantes. Toutefois elles ont été fastueusement célébrées par le docteur Leopold, et chantées parle poète Vanière: : 7: ec bétulle fluet membris minus utilis ægris ; ù S'eu stomacho diros calor eruplurus in ignes Incuübat, infestus renes seu calculus rit.

. Ces trois vers élégans (7) peignent à merveille les principales vertus attribuées à la sève extrêmement abondante du bouleau (8). Salzmann, Riedlin, Paul, Werg, la conseillent à titre de dépuratif contre les éruptions cutanées, dartreuses et psoriques ; Matuioli, Tabernæmontanus ,-Charleton, Bartholin, Darel, la prescrivent comme diurétique êt hthontriptique; Rosen et Bergius la disent vermifuge: on en fait prendre trois onces par jour aux enfans, et six à sept aux adultes. ,

, huile de bouleau est employée à l'intérieur et à l’extérieur par le peuple russe pour guérir la blennorrhagie et les ulcères vénériens,

habitude de frapper les enfans , ont fait du: vers de Lauterbach une sorte de proverbe : ‘

Line gute Birken-Ruth Macht die bæsen Kinder gut.

Calepino et d’autres érudits voient dans ce coupable, mais fréquent usage du bouleau , l’origine de sa dénomination : betula, suivant eux, est une altération . une modification légère de batula, qui vient de batuere, battre, J’adopterais plus volontiers cette étymologie que celle proposée par Mattioli et par Bauhin (de la substance bitumineuse qu’on extrait de cet avbre). Théis , d’après Bullet Meaage, Littleton, dérive betula de betu Où betw, nom celtique ou bas— breton du bouleau.

(6) Recueil de procédés, etc., an n dela république ; pages 5r ;6r et 113.

: (7) On a pu remarquer, €n-comparant mes citations, que les poètes ont modifié à leur gré la prosodie du mot betula, selon le besoin de la mesure,

(8) Les voyageurs et les agronomes décrivent la manière d'extraire ce suc

analysé d’abord par Marggraf, puis plus exactement par le professeur Van

quelin : Journal de la société libre des haimaciens Ï ne pharmaciens de Paris, 15 ventose an v1r ;

Bergius assure que l’épiderme du bouleau, porté dans fes

souliers, détermine infailliblement une sueur des pieds qui

peut devenir salutaire dans plusieurs maladies chroniques. Les feuilles exercent pareillement une action sudorifique très-marquée ; aussi les paysans suédois et moscovyites couvrent-ils de ces feuilles leurs membres affectés de douleurs rhumatismales, arthritiques , ou gonflés par des infiltrations, des épanchemens séreux , lymphatiques. |

La plupart des autres espèces de bouleau jouissent de propriétés analogues ; j'en signalerai quelques-unes :

1°. Le bouleau noir, ou à canot, betula nigra, XL. est recouvert d’une écorce presque incorruptible, avec laquelle les Canadiens font des pirogues. Les teinturiers et les peintres retirent des feuilles une belle couleur jaune.

2°, Le bouleau nain, befula nana, L. très-commun dans les marais de la Suède, couvre les Alpes de Laponie, qui sont sa véritable patrie. Il est presque le seul bois de chauffage pour les habitans de ces climats glacés. Les feuilles et les téndres rameaux sont broutés par les moutons; le lago-

ède se nourrit des chatons nouvellement éclos, et pendant

tout le reste de l’année, des semences, qui sont aussi la

principale nourriture du lemming.

5°, L’aune, ou vergne, betula anus, 1. était connu des

anciens, qui savaient utiliser ses diverses parties. Du temps de Théophraste, l'écorce servait à teindre les cuirs. Pline

et Vitruve disent que les pilotis d'aune sont d’une éternelle

durée, et peuvent supporter des*poids énormes : on Fem-

loyait alors, comme aujourd'hui, pour faire ‘des conduits

d'eau souterraine; mais il faut avoir soin de le préserver

du contact de l'air, qui l’alière rapidement. Murray assure ue les feuilles fraîches, appliquées chaudes sur les ma-

melles, sont le meilleur topique pour chasser le lait. Les

propriétés fébrifuges de écorce indiquées par Fabregon, ont été confirmées par le docteur Roussille-Chamseru, qui ne connaît guère de meilleur succédané indigène du quinquina.

KOENIGSMANN (audré LOUIS); __que sacrarum universæ, Diss. in-40. Éiloniæ, 1707. . LeopoLD (Jean pietrich), Z#{40A0Y14, seu discursus medico-botanicus de betulà, præs. El. Camerarius ; in-4°. Tubinse, 28 jul. 1727. Kzase (u. m.), Betula nana, Diss. inaug. pres. Car. Linné; in-4°. Upsaliæ, 30 jun. 1743:

ECS ut : à

De antiguitate betulæ pentecostalis frondiun-,

( La plante est représentée de grandeur naturelle)

r. Rameau portant des fruits mûrs.

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