BOURRACHE
BOURRACHF.
Gratis se BouyAwssoy, Dioscoride? 7Toupaxloy, Myrepsus. L BUGLOSSUM LATIFOLIUM, BORRAGO; Bauhin, [var , lib: 7, Sect.. 2: SR | BorrAGo; Tournefort,,clas. 3, infondibuliformes.
\ sorAco orrrcrnauis: foliüs omnibus alternis, calycibus patentibus ; Linné, clas. 5, pentandrie monosynie. Jussieu, clas. 8, ord. 9, borraginées.
Lialien...... BORRAGINE ; BORRANA.
Æspagnol... BOoRRAXA.
Français.... BOURRAGHE; BOUROCHE.
Anglais. ... BORAGE.
Allemand... BORETSCH; BURRETSCH.
Hollandais .. BERNAGIE; WERNAGE; BERNAZIE.
Polonais.... BoRAK.
DORANLINSE
Originaire du Levant, et plus particulièrement des envi-
rons. d'Alep, la bourrache est une plante annuelle que l’on * cultive dans nos jardins, où elle se propage avec une extrême
facilité. Elle est même devenue sauvage dans plusieurs pro-
vinces de France, et spécialement en Normandie (x).
La racine est à peu-pres de la grosseur du doigt, longue, tendre, blanchâtre, pivotante, et garnie de fibres.
La tige s'élève jusqu’à la hauteur de deux pieds : elle est rameuse, succulente, cylindrique, creuse, armée de poils courts et piquans. :
Les feuilles inférieures sont pétiolées , couchées sur la terre, larges, ovales ; les supérieures plus étroites, sont sessiles, amplexicaules : les unes et les autres sont alternes, ridées, vertes , hérissées de poils rudes.
Les fleurs naissent au sommet de la tige et des branches, portées sur de longs pédoncules recourbés vers la terre. «“ Leur couleur, d’abord purpurine dans les jeunes, passe successivement au plus beau bleu. Une variété se distingue par des fleurs entièrement blanches (2).» Chaque fleur présente : un calice monophylle, divisé profondément en cinq découpures oblongues, hispides, persistantes ; une corolle monopétale, dont le tube, plus court que le calice, forme à son orifice une petite couronne composée de cinq éminences qui en ferment l’entrée, et dont le limbe est partagé
(1) Duchesne, dans le Dictionaire des sciences naturelles ; tome 5, page27r.
(2) Ce passage du rouge au bleu dans les corolles, est commun à presque toutes les fleurs des borraginées; il donne aux épis, par celte transition de couleurs, un aspect infiniment agréable. - (F.)
20°. Ziyraison. b.
| - (68) en cinq divisions pointues, ouvertes en étoile; cinq étamines conniventes , dônt les filamens soutiennent des anthères alongées, coniques, àcuminées, qui forment une pyramide au milieu de la fleur; un ovaire supérieur, à quatre lobes, du centre desquels s'élève un style filiforme, terminé par un stigmate simple (3).
Le fruit consiste en quatre petites graines nues, noirâtres dans leur maturité, ridées,ovoïdes, osseuses, scrobiculeuses.
Toute la plante, mais surtout la racine jeune, les tiges et les feuilles contiennent un suc visqueux, fade, très-abondant. On le retire par expression; mais il est si épais, si mucilagineux, que souvent pour l'obtenir on est obligé d’ajouter : de l’eau. Ce suc déféqué par le blanc d'œuf, et évaporé en consistance de sirop, donne du nitre en cristaux par le refroidissement. La chaleur en sépare une substance muqueuse qui paraît avoir de l’analogie avec la matière albumineuse. Fourcroy dit que l’on prépare un extrait avec ce suc épaissi, quand on ne peut se procurer la plante fraiche (4), et c’est en eflet la méthode généralement usitée. Mais M. Couret s’est assuré que l'extrait fourni par la bourrache desséchée est plus homogène, et se conserve bien plus longtemps intact (5). D'un autre côté, M. Granet a trouvé le moyen d’avoir en tout temps du suc de bourrache, en délayant l'extrait dans une certaine quantité d’eau disullée (6).
Les médecins détous les temps et. de tous les lieux ont “accordé à la bourrache une confiance que des praticiens judicieux et des hommes de génie n’ont pas craint de partager. Le suc nitré dont la bourrache est imprégnée, dit Gilibert, rend cette plante très-précieuse dans les maladies inflammatoires, toutes les fois qu'il faut tempérer, surtout dans les phlegmasies pulmonaires. La décoction miellée de bourrache, ou le suc clarifié, facilite l’expectoration, calme les ardeurs d’urine. On l’adminisire avec succès, ajoute Fourcroy, dans les fièvres ardentes et bilieuses, les embarras du foie, les affections fébriles éruptives, les maladies lentes de la peau. Ces propriétés médicamenteuses ont été révo-
(3). Quelques espèces de borago, telles que l’officinalis et l’axiflora, offrent un caractère dont les autres espèces du genre sont entièrement dépourvues : c’est un long appendice, prolongement du filet delétamine, en forme de cornet 4 et placé derrière l’anthère, c’est-à-dire entre celle-ci et la corolle. Je crois, d après cette observation, qu’en refaisant le caractère du genre borago, on pourrait en établir un nouveau, composé des espèces à étamines simples: (EL)
(4) Encyclopédie méthodique : médecine; tome 4, page 151. à
(5) Journal de la Société libre des pharmaciens de Paris; 15 thermidor an vi; page 230.
(6) Même Journal, page 350.
quées en doute, et même niées formellement par divers thérapeutistes : ils se sont particulièrement récriés sur la vertu stimulante, exhilarante, cordiale, attribuée aux fleurs presque inodores et insipides; ils ont vu avec surprise cette propriété imaginaire consacrée par un vers devenu proverbe (7), et la bourrache lui devoir jusqu’à son nom (8).
Jepense avec Murray que la bourrache pourrait être bannie sans inconvenient de la matière médicale : elle est employée dans plusieurs pays comme plante potagère; on sert les ‘jolies fleurs en salade avec celles de la capucine. Toutefois cette brillante couleur bleue , qui semblerait si propre à enrichir l'art tinctorial, a trompé l’espoir de Dambourney; ce sont les végétaux les plus vils en apparence qui lui ont procuré les plus belles couleurs |
Les abeilles recherchent avidement les fleurs de bourrache, d'autant plus précieuses sous ce rapport qu’elles côntinuent de s'épanouir jusque vers la fin de l’automne.
(7) Dicit borrago : gaudia cordis ago.
(8) Borago ou borrago est évidemment une modification, une altération de eorrago, corago, cor ago.
{ La plante est de grandeur naturelle ) -