‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 23 sur 71 · D VUI · texte numérisé non relu

D VUI

EXXVIIT.

BRYONE. à

Grec....... auTEnos AeUxn; Bpuovie.

NRYONIA ASPERA, Sive. ALBA, baccis rubris ; Bauhin, Tlivaë , lib. 8, sect. 1. Tournefort, clas. 1, campaniformes.

pryonra AzPA B ; foliis palmatis, utrinque calloso-scabris ; Linné, clas. 21, monœcie syngénésie. Jussieu, clas. 15 ord. 2, cucurbitacées.

eryon1A pioica; Willdenow, Poiret.

Ztalien....:. BRIONIA; FESCERA ; RORASTRO.

Espagnol... NUEZA. à

Français.... BRYONE; BRIOINE; COULÈUVRÉE.

ÆAnglais..... BRYONY. .

Ællemarnl... ZAUNRUEBE; GICHTRUERE.

Hollandais .. BRYONIE; WILDE WYNGAERD, Wauters.

Polonais.... rrzesrar; Erndtel.

JL DORE SIENR

Linné regarde la bryone dioïque comme une simple variété de la blanche, dont pourtant elle se distingue, selon M. Poiret, par des caractères spécifiques tranchés : en effet,

les fleurs mâles et femelles ne se trouvent jamais sur le

même pied (+), et les fruits sont constamment rouges.

Cette plante vivace, extrêmement commune dans presque tous les climats, croit principalement dans les haies.

La racine fusiforme, souvent rameuse , longue, charnue, blanche-jaunâtre, marquée de stries transversales superfcieiles, est ordinairement grosse comme le bras; mais elle peut acquérir un volume beaucoup plus considérable,

Les tiges, qui ont cinq ou six pieds de longueur, sont grêles , herbacées, sarmenteuses, grimpantes (2), canelées, chargées de petits poils roides et distans.

Les feuilles sont alternes, palmées, à demi-divisées en cinq lobes anguleux, calleuses et rudes au toucher sur l’une et l’autre face, soutenues par des pétioles à la base de chacun desquels nait une longue vrille simple et roulée en spirale.

Les fleurs mâles, portées sur de longs pédoncules axillaires , sont disposées par bouquets , et présentent: un calice

- (1) L'intercalation forcée d’une plante dioique dans la monœcie est sans doute ua vice réel, ‘une irrégularité choquante dn système knnéen ; et pourtant ce système, malgré ses lacunes et ses imperfections, est encore le plus philoso= phique et le moins défectueux qu'on ait imaginé.

(2) Cette plante doit à sa prodigieuse végétation le titre de bryone : Bpuev, végéter, pousser, croître. On la nomme couleuvrée, parce qu’elle rampe à la manière des serpens, et s’entortille comme eux,

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court, monophylle, campanulé, à cinq dents aigués ; une corolle monopétale, en rosette, divisée en cinq lobes ovales d’un blanc sale, marqués de lignes verdâtres ; trois étamines courtes ; dont deux sont terminées par une double anthère, tandis que le filament de la troisième n’en porte qu’une seule, Les fleurs femelles sont soutenues par des pédoncules courts, qui partent de l’aisselle des feuilles, comme ceux des fleurs mâles. Le calice et la corolle se ressemblent dans les deux sexes : l'organe génital femelle consiste en un ovaire inférieur, du sommet duquel s’élève un style trifide, dont les stigmates sont échancrés.

Le fruit est une baie globuleuse, de la grosseur d’un pois’, d’abord verte, devenant d’un rouge vif à l’époque de la maturité, contenant cinq à six graines ovoïides, enveloppées dans une pulpe mucilagineuse. |

Les diverses parties de la bryone exercent sur nos organes une action diverse. L’odeur des baies est légèrement nauséeuse: leur saveur est fade; Hollefear en a vu manger plusieurs sans qu'il soit survenu aucun effet remarquable, Dioscoride nous apprend que les jeunes pousses servaient d’aliment comme les asperges ; mais rl ajoute qu’elles déterminent l’excrétion des feces et de l'urine. Toutefois, ce sont les racines qui jouissent depuis un temps immémorial d’une grande recommée. Des thérapeutistes modernes trèscélèbres exaltent les propriétés médicamenteuses de ces racines, et se plaignent de les voir trop négligées de nos jours. « Nous sommes convaincus par une suite d'expériences, dit Gilibert, que cette plante, en différens temps, peut fournir toutes . les espèces de purgatifs, depuis le minoratif jusqu'au drastique. Quelques observations prouvent qu'il existe une espèce de manie entretenue par une matiére glaireuse vitrée, qui tapisse les intestins et l'estomac : dans ce cas, la couléuvrée, même récente, a guéri en évacuant ces glaires. » - à |

L’immortel Fourcroy place la bryone sur la même ligne que le jalap, et trouve étonnant qu'on n’en fasse pas plus d'usage. « C’est un incisif, un fondant, un purgatif, un diurélique précieux, lorsqu'on l’emploie à petites doses et bien préparé. Cette racine, administrée récente et à plus forte dose, devient un drastique puissant, un irritant énergique; elle paraît différer du jalap en ce qu elle perd plus de ses vertus par la dessiccation. La racine fraîche de bryone pourrait aussi être comparée à celle du manioc : elle contient un suc très-âcre et presque vénéneux ; mais On peut en extraire , par le repos et les lavages répétés, une fécule fine et blanche, susceptible de fournir une substance alimentairé d’au-

tant plus utile dans des cas de disette, que cette racine est abondante, et acquiert un grand volume (3). » ne:

Ce n’est pas au jalap seulement que la bryone a été substituée. M. Bodard prétend qu'elle remplace parfaitement le séné : il prescrit le suc, d’après Alston, à la dose de trois gros dans un bouillon ; il la donne sèche et pulvérisée , depuis: un scrupule jusqu’à un gros; il fait prendre une égale quantité d'extrait. Le docteur Harmant de Montgarny voit dans la racine de bryone un ipécacuanha indigène, qui ne le cède point à l’exotique dans le traitement des affections diarrhéiques et dysenteriques. En Allemagne, en Suède, les paysans creusent les racines de bryone fraîche, et remplissent ce gobelel de bière, qui, dans l’espace d’une nuit, devient émétique et purgative; ils coupent cette racine par tranches minces, quiirritent, enflamment la peau, et forment ainsi des rubéfians , des épispastiques, des exutoires.

Ces observations , auxquelles il m'eût été facile d’en ajouter beaucoup d’autres, sulisent pour révéler l’analogie frappante qui existe entre la racine de bryone et celle d’arum. Celle-la comme celle-ci (4) est, quoi qu'on en dise, un médicament infidèle, puisque, trop caustique àWlétat frais, elle perd

eu se desséchant, toute son énergie.

HANDTWIG (Gustave chrétien), De bryonid; Von der heiligen Ruebe, Diss. in-40. Rostochü, 1758.

(3) Encyclopédie méthodique : médecine; tome 4, page 184. (4) Voyez le tome 1, page 138. -

EXPLICATION DE LA PLANCHE q7e ( La plante est représentée un peu plus petite que nature)

a. Individu femelle en fruit.

b. Individu mâle en fleur.

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