‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 26 sur 71 · Graïne isoléc. s · texte numérisé non relu

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GreC eee Tivéos. $ : puxus ArBoREsCENS; Bauhin, Iivaë, lib. 12, sect. 5° Tournefort, clas. 15, arbres apétales. Lamarck, Flore Datinrss ser Jrancaise ; 17978, tome2, page 203 » n°.1 78. Jouxus sEmPERVIRENS ; foliis ovaiis ; Linné, clas. 2x, monœæcie tétrandrie Jussieu , elas. 15, ord. 1, euphorbes. Italien...... ‘sosso; russo. 5 Æspagnol. ... Box.

Francais... BUISS BOUIS..

Anglais... nox-TREE.

Allemand. .. muxBAum. , ‘ Hollandais... noxBoom; PALMBOOM; PALM.

S'uédois..... œuxrom.

Indigène des contrées australes et tem érées de l’Asie et de l'Europe, le buis croît principalement sur les montagnes et dans les bois. , |

La racine est grosse, ligneuse, jaune, contournée,rameuse,

‘Letronc, qui peut s’éleveren arbrisseau jusqu’à la hauteur de douze à quinze pieds, et acquérir une grosseur considérable (1), est garni de nombreux rameaux, tortu, recouvert d’une écorce brunâtre, tandis que le boïs est de couleur jaune : les branches sont anguleuses, revêtues d’une écorce

verdâtre. ; n

” Les feuilles sont simples, opposées, vertes, lisses, luisantes, coriaces, oyales-oblongues, par fois échancrées au sommet, £ ,

Les fléurs sont toutes unisexuelles, et les deux sexes, quoique séparés dans des fleurs différentes, se trouvent nonseulement sur le même pied, mais presque toujours dans le même paquet, une seule fleur femelle entourée de plusieurs fleurs mâles. Chaque fleur mâle offre un calice triphylle; une corolle à deux pétales; quatre étamines; un corpuscule verdâtre et obtus, qui n’est autre chose que l'ovaire avorté. Celui-ci, dans la fleur femelle, est gros, obtusément trigône, surmonté de trois styles, épais, écartés, terminés par des stigmates hispides, sillonnés. ;

Le fruit est une capsule arrondie, couronnée par trois espèces de petites cornes, s’ouvrant par trois valves, et divisée intérieurement en trois loges qui renferment chacune deux graines (2).

1 (1) Il existait auprès de Genève un buis dont le tronc avait six pieds de circon{érence.

(2) Lamarck, Encyclopédie méthodique : botanique ; tome 1 , page Bas. 21°. livraison. b.

Tesanciens counaïssaient le buis, et l'ont mentionné dans leurs écrits comme un arbrisseau intéressant pär la dureté de son bois, par sa longue durée et par ses usages. C’est

articuliérement à Saint-Claude, en Franche-Comté , que se font aujourd’hui ces sortes de trayaux. On y fabrique des peignes (3), des instrumens de Me des ustensiles à vis, des cuillers et fourchettes , des tabatières (4),.souvent remarquables par les accidens que présente le bois sous le tour. On y dessine à l’eau-forte des portraits, de petits tableaux. On grave sur le buis; c’est le plus inaltérable et le plus pesant de nos bois d'Europe, le seul qui se précipite. au fond de l’eau (5). "0

L’odeur assez désagréable de cet arbrisseau devient surtout plus sensible dans les temps pluvieux. Les feuilles, ainsi que les autres parties. ontune saveur amère et nauséabonde (6).

Les chameaux brontent volontiers les sommités du buis, a les exposent à de graves accidens, et leur causent même Ta mort, si l’on en croit J. Hanway (7).

Matuoli.assure que la lessive du buis rend les chevêux roux. Le conteur Lentilius (Linsenbahrt) va bien plus loin: il suppose à cette lessive non-seulement la vertu de faire repousser les cheveux, mais de rendre velues les surfaces du corps naturellement glabres.

Les propriétés médicinales du buis sont incontestables ; mais trop exaltées par les uns, trop dépréciées parles autres, elles ont besoin d’être plus exactement déterminées. Les feuilles réduites en poudre, et prises à la dose d’un gros, produisent des déjections alvines très-copieuses, ét même sanguinolentes, selon Vogel (8); leur décoction est: un purgatif modéré, suivant Gilbert. P. Linus vante l’eflicacité de | cette boisson dans la pleurésie, l’'hémoptysie, la fièvre catarrhale, la goutte; et, sur la foi de cetapothicaire , le docteur Wauters n'hésite point à ranger les feuilles de buis parmi les succédanés du camphre (9). C’est avec beaucoup plus de raison qu'il propose, avec plusieurs autres pharma-

(3) Il'serait toutefois ridicule de prétendre, avec Willich, qu'on ne fait à Paris que des peignes de buis. 2 (4) Les Grecs désignaient presque par le même mot buis et boîte : TU£0S et TUZIS; ils ont été imités par les Anglais, qui nomment le buis arbre à boite, ; l Gluspiq box-tree. : f (5) Gilibert, Démonstrations élémentaires de botanique; 1796 : tome 3, page 317. ; Eur LE 7 (6) Biett, dns le Dictionaire des sciences médicales ; tome 3, page 404. (5) An accountof the British trade overthe Caspian sea; vol. 1, pag. 197. (8) Historia materiæ medicæ; 1564, pag. 126. : Ù (9) Repertoriüm remediorum indigenorum; 1810, pag. 29.

(81) > cologistes, de substituer le bois de cet arbrisseau à celui du gaïac, bien que je n’établisse pas, conime lui, une identit parfaite (10). J'ai lu ce que le portugais Amatus, Heucher, Welsch, Chomel, Burtin, Gilibert, ont-écrit sur les vertus antifébrile, apéritive , antipsorique, vermifuge , et spéciale- # ment sur la propriété antisiphilitique de la râpure de buis ; j'ai comparé ces observations avec celles bien plus nombreuses et bien plus authentiques, faites sur le gaïac, et ce -dernier m'a paru revendiquer à tous égards la prééminence. Quant à l'huile empyreumatique, celle extraite de l'un ne me semble guère l’emporter sur celle retirée de l’autre : elles ne sont presque plus employées à l’intérieur ; on se borne à en appliquer une ou deux gouttes sur les dents cariées. Gilibert, Macquart, Roques, Bodard , Biett prescrivent la râpure du bois ou de la racine de buis, à la dose d’une à deux onces, bouillie dans deux livres d’eau, ouinfusée dans la même quantité de vin. + "

e 3e . : ) . OC .

(10) Voici les expressions du médecin de Gand : cum iis auctoribus cons- Pro, qui ligno guajaco præ buxino nihil tribuerunt.

- EXPLICATION DE LA PLANCHE 8o.

( La plante est représentée. de grandeur naturelle )

7, Rameau en fleurs.

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