‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 29 sur 71 · PS A · texte numérisé non relu

PS A

Al

BUSSEROLI.

LXXXIT BUSSEROLE.

Crec......,. dpaTOSTAQUAN; APXOU, STAQUAN. | L | viris:1Dæ4 folüs carnosis, el veluti punctatis, sive IBRÆA rAnix Dioscoridi (1); Bauhin, TliyaË , lib. 12, sect, 3. Latin, .......4 uva urSi; Tournelort, clas. 20, arbres monopétales. MES \ansorus uvA urst; caulibus procümbentibus , foliis integerrümis; Linné, clas. 10, décandrie monogynie. Jussiçu, clas. 9, ord. 3, brüyéres. :

Lialien ..... + UVA D/ORSO; UVA ORSINA.

Æspagnol.... : GAYUBA; BUXAROBTA. ; * Français... .. BUSSEROLE; BOUSSEROLE; RAISIN D'OURS; ARBOUSIER TRAÏ* | NANT. :

Anglais... BEARS-BERRY.

Allemand... . BÆRENTRAURBE ; STEINLEERE.

Hollandais... BEEREN-DRUIF ; WOLFS-BEZIEN-ROOMTIE. Suédois. .... MIÔLON; MIÜLONMS.

* Le professeur Murray trace une longue liste des contrées de l’ancien et du nouveau-monde où se trouve la busserole ; Quer l'a récoltée dans presque toutes les provinces de l’'Es-" pagne; nulle part ailleurs, ajoute-t-1l, elle n’est aussi communeé. Si cet arbuste toujours vert aime à végéler sous le beau ciel de la Castille, de l'Andalousie, de PEstramadure êt de PAragon, il croît également dans le pays des frimas ét jusque sur le sol glacial de la Sibérie. Très-commun ad milieu des plaines de la Lithuanie, il tapisse la terre dans les forêts de pins (2); on le rencontre fréquemment sur les” montagnes de la Provence et du Dauphiné : en général, il préfère les lieux élevés , pierreux, ombragés et stériles.

Les tiges, faibles, sont ordinairement couchées ,traînantes, rameuses, glabres, [longues d’un à deux pieds : les jeunes pousses sont rougeâlres, et légèrement pubescentes.

Les feuilles, éparses le long des rameaux, assez près les unes des autres, et portées sur de courts pétioles, sont ovales-oblongues, un peu élargies vers leur sommet , ordi-

(1) On voit que illustre auteur du IiveË confond le raisin d'ours avec l’airelle ponctuée, vaccinium vitis idæa : la mème erreur est commise aujourdhui par certains apothicaires, ainsi que le remarque. Wauters, qui semble très-disposé à leur pardonner.cette substitution, attendu que les deux plantes différent très-peu, selon lui, par les caractères extérieurs, et moins encore par les propriétés médicinales. -

A tarde » Démonstrations élémentaires de botanique; 1596, tome 3, page 410.

21°, Zivraison. d:

nairement émoussées, et même parfois marquées d’une échancrure peu profonde, vertes, épaisses et coriaces (3)

Les fleurs forment aux extrémités des rameaux des grappes’ courtes , penchées, et d’une légère teinte purpurine. Chaque fleur présente : un calice très-pelit, quinquéfide ; une corolle imonopétale en grelot, dont le bord est découpé en cinqlobes recourbés en dehors; dix étamines, dont les filamens, insérés à la base intérne de la corolle, soutiennent des an-

ères bifides ;, un ovaire supérieur, surmonté d’an style saillant hors de la corolle, et terminé par un stigmate obtus.

Le fruit est une baie sphérique, qui prend en mürissant une belle couleur rouge : elle est RE nt divisée en cinq loges, dans chacune desquelles est nichée uñe graine olivaire très-dure. PEN >

Longtemps négligée par les thérapeutistes, la busserole est devenue tout-à-coup l’objet des plus fastueux éloges. Ses vertus ont été célébrées dans des traités spéciaux composés

ar des médecins illustres; quelques-uns d’entre eux ont

même porté l’enthousiasme jusqu'à proclamer cet arbrisseau le spécifique infaillible d’une des maladies qui tourmentent le plus cruellement l’espèce humaine. Il ne laisse échapper ‘aueune odeur remarquable, Si. ses parties exercent sur l'organe du goût une action assez énergique. Les feuilles ont une saveur d’abord äpre, qui bientôt acquiert une amertume non désagréable. L’écorce des uiges est plus astringente st amère, tandis que la portion ligneuse est à peu-près

sipide. Les baies sont également peu savoureuses; elles impriment cependant sur la langue un faible degré d’astriction., |

Soumises aux réactifs chimiques, par Model (4), et plus récemment par Melandri et Moretti (5), les feuilles de busserole ont donné du tannin, du muqueux, de l'extractif amer, de l'acide gallique , de la résine, de la chaux, de l’extracuif oxigénable, et du tissu ligneux-

Ai s’agit maintenant d'examiner les propriétés médicinales de la busserole , dont Gilibert, et surtout Murray se sont montrés les plus justes appréciateurs.,

(3) Ces feuilles, dit Lamarck, se rapprochent par leurs formes, et surtout ai lenv consistance, de celles du buis : telle est l'origine des mots buxarolla et Miseraté: La dénomination de raisin d'ours s'explique d’elle-même.

(4) Zweites Schreiben.…... welchem eine physisch-chemische Untersu— chung und Vergleichung der Fieberrinde mit der Uva Ursi beygefuegt ist; 1963, pag. 17- x s D

(5) Analisi chimica delle radici di cariofillata e di colchico autunnale, con alcune ricerche analitiche sulla uva orsina; 1805, pag. 110.

C87) RARES Pine

u Les médecins de Montpellier avaient déja annoncé les” heureux effets de cette plante dans les stranguries et les coliques néphrétiques produites par des graviers. De Haëen a constaté ces observations -par de nombreux succès (6). Divers praticiens se sont assurés que si les feuilles en décoction et en poudre ne dissolvent pas le calcul, cependant elles calment les douleurs: La plupart des malades ont été évidemment soulagés : quelques-uns ont rendu de gros graviers et une quantité étonnante de glaires. Nous avons Ni fois obtenu les mêmes résultats; ainsi, nous regardons busserole comme un végétal précieux, surtout contre des affections jusqu'alors rebelles à tous les secours de Vart. Certains sujets ne peuvent supporter ni la poudre n1 la dé coction, qu leur causent des anxiétés, des vomissemens (7h.m

Le docteur Quer revendique en faveur de ses compatriotes la gloire d’avoir les premiers employé lircomparable antinéphrétique. Moins enthousiaste que le médecin in A

le prudent Murray rapporte avee une exactitude scrupuleuse

les expériences chimiques et cliniques qu’il a tentées ; énumère avec une impartialité bien digne de louange les opimions des partisans de la busserole et celles de ses adversaires. Il résulte de cet examen comparatif que le raisin d’ours, judicieusement administré , calme souvent les vives douleurs qui accompagnent les affections calculeuses des voies urinaires, et quelquefois celles qui reconnaissent d’autres causes. Mais cette faculté calmante est en général passagère, simplement palliative, et sujette à des exceptions multipliées M On a vu des personnes en faire inutilement usage pendant des mois, des années. Sauvages, Acrel, Werlhof; Donald Monro, Lewis, Fothergill, l'ont trouvée fréquemment inefficace ou nuisible. L’expérimentateur Alexander n’y. a reconnu qu'une faible qualité diurétique, et l’immortel Haller, tourmenté par une dysurie opiniâtre, n’éprouva de son usage longtemps continué qu'un soulagement peu remarquable.

L’astringence très-prononcée de la busserole doit, selon les docteurs Bicker et Biett, la faire employer avec plus d’avantage encore dans les flux atoniques, tels que les diarrhées : les leucorrhées anciennes. Ce n’est pas tout : un médecin anglais a recueilli dans*un Traité ex professo (8) seize observations qui tendent à prouver, plutôt qu’elles ne prouvent réellement la vertu antiphüsique du raisin d’ours.

0 Rs Here 2 Cap. 12; Part. 3, cap. 4; Part. 4, cap. 75

- 9, Cap. 5; Part, ap. 9. ” e

(5) Gilibert , Loc. cit. pag. 411. 3

4 R. Oxo, er of pulmonary consumption... treated with uva ss Oxford, 1805.

“= (68972 . C'est dans les feuilles que réside surtout le principe médicamenteux : on les donne tantôt pulvérisées à la dose d’un

scrupule à un gros, tantôt à celle de deux dragmes , iufusées dans une livre d’eau. ] fñ

On. a parfois administré les baies, et même les racines de : busserole , qui ont semblé remplir, quoique plus faiblement, les mêmes indications curatives que les feuilles (9):

Je terminerai l’histoire du raisin d’ours par l'indication de ses usages économiques. Les fruits plaisent beaucoup aux. oiseaux , el sont également pour les paysans russes un aliment agréable. Les feuilles etles rameaux servent au tannage des peaux et à la teinture des laines. Enfin , On trouve près du collet de la racine une cochenille qui offre tous les caractères de celle de Pologne (coccus polonicus , L. ). |

GERHARD (charles abraham), Die Bærentraube, chimisch und mediciniseh betrachtet ; c’est-à-dire, Examen chimique et médical duraisin d’ours : in-80, Berlin, 1763. ; à

quEr (1oseph), Disertacion sobre la pasion nefritica, y su verdadero specifico, la uva ursi o gayubas; c’est-à-dire, Dissertation sur la passion néphritique, et sur son véritable spécifique, le raisin d'ours; in-40. fig. Madrid, 1963. — Trad. en francais ; in-80. fie. Strasbourg, 1768. — Trad. en allemand (sur la version francaise); in-80, de Nuremberg, 1771.

muRRAY (Jean André), De arbuto uva ursi Commentatio ; in-40. fig. Gottingæ, 1764. — Excellente monographie, réimprimée dans les Opuscules de l’auteur. ‘ +: Jan TES

ciraroi (michel), De uva ursind, ejusque et aquæ calcis vi lithontripticd, animadpersiones, experimenta et observationes ; in-40. fig. Patavii, |

+ TS hdifort a inséré cet opuscule dans le second volume de son Thesaurus :

dissertationum. <

HARTMANN (Pierre Emmanuel), De antinephriticé uvæ ursinæ virtute suspect4, Diss. inaug. resp. J. H. Schneider; m-4°. Francofurti ad Viadrum , 1778. | |

. (0) Murray, Æpparatus medicaminum ; tom. 2, pag. 80. Bœcler, Cynosuræ mat. med. Continuatio 2; pag. 224.

( La plante est représentée de grandeur natu rell e €.

rx. Rameau de fleur.

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