‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 35 sur 71 · LXXX VI · texte numérisé non relu

LXXX VI

| | CALAGUALA.

POLYPODIUM ADIANTHIFORME; Forster. Jussieu, clas. 1» ord. 5, fougères, à ASPIDIUM CORIACEUM ; SWartz. L

Latin... ....{ Aspibiüm corACEUM; frondibus bipinnatis , apice simpliciter pinnatis, corlaceis, pinnulis oblongo-lanceolatis, obtusé serratis inferioribus subpinnatifidis, stipite aspero; Willdenow, clas. 24, cryptogamie fougères.

Lialien...... GALAGUALA.

ÆEspagnol.. .. CALAGUALA ; CALAHUALA.

Français. ... GALAGUALA.

C’est depuis un petit nombre d’années seulement que la calaguala est bien connue en France. Personne n’a peutêtre plus contribué que M. Turpin à signaler d'une manière aussi exacte que complette les caractères de cette cryptogame; et si la description que je vais en tracer offre un ensemble satisfaisant, c’est à lui qu'il faut en rapporter tout* le mérite.

Le nouveau monde est la patrie de cette fougère : elle croit principalement sur les hautes montagnes des Andes; elle se plaît au bord des bois, dans les lieux froids et omibragés ; elle végète même sur les rochers. MM. Ruiz et Pavon l'ont fréquemment trouvée dans leurs voyages au continent de l'Amérique australe; M. Labillardière en a recueilli de Superbes échantillons à la nouvelle Hollande; M. Turpin Va rapportée de Saint-Domingue.

La racine, ou du moins la partie que l’on désigne géné-

ralement sous cette dénomination, et que je ne serais pas éloigné de regarder, avec M. Turpin, comme une tige souterrqne, traçante, est cylindroïde, écailleuse, roussâtre, flexueuse; elle est garnie dans toute son étendue de fibrilles grèles, qui se subdivisent en filamens capillaires (1). + Les feuilles, portées sur de longs pétioles arrondis d’un Côté, aplatis et canaliculés de l’autre, sont amples, dures, coriaces, vertes foncées en dessus, plus pâles en dessous, tripinnées à leur base, bipinnées vers le milieu, simplement Pinnées on même lobées supérieurement,

(1) Les vraies racines sontces fibrilles répandues le long de la tige souterraine: Dr que l’on trouve dans les pharmacies , présente encore, d’un seul côté, ben. de chicots, qui ne sont autre chose que les supports des feuilles nn cs; dans cet état, les tiges sont presque totalement dépouillées de leurs Ccailles. (T.)

22°. Livraison. d.

Cr)

La fructification, disposée sur la surface inférieure de la feuille, se montre sous la forme de points ou de petits tubercules brunâtres, placés alternativement des deux côtés de la ligne médiane de chaque pinnule (2).

Au centre des racines de la calaguala est une moelle spongieuse, semblable à celle de la canne à sucre, ét de couleur de miel : elles ont d’abord une saveur douce, qui bientôt se change én une amertume très-prononcée. L’odeur qu’elles exhalent est rance et huileuse. Analysées par M. Vauquelin, elles ont fourni en effet un peu de sucre, une huile essenüelle très-âcre, du mucilage jaunâtre, un peu d’amidon, du muriate de potasse, du carbonate de chaux, une quantité

. inappréciable d’acide et de matière colorante rouge. Ces résultats expliquent d’une manière assez satisfaisante les qualités physiques et les propriétés médicamenteuses attribuées aux racines de calaguala. Elles sont regardées comme un excellent sudorifique, propre à dissiper le rhumatisme , la goutte et même la siphilis, dans l'Amérique méridionale, où cette maladie n’a pas besoin, comme chez nous, de l’em-

LL ploi des mercuriaux. Plusieurs médecins de Rome préten-

dent avoir guéri l’hydropisie par l’usage continué de cette substance, Le docteur Gelietti la recommande surtout contre les phlegmasies chroniques de la poitrine, et à titre de vulnéraire. Le professeur Carminati, qui a répété les expériences cliniques de ses compatriotes, ne juge point aussi

« favorablement la calaguala : elle s’est à peine montrée lé- gèrement diurétique, et dans la plupart des cas elle a com-

plétement échoué. Le botaniste Ruiz, qui s’est constitué le

défenseur de la racine péruvienne , assure et veut prouver

qu'il faut rejeter l’ineflicacité , qu’on lui reproche si injuste-

ment, sur l'infidélité des commerçans et des droguistes,

rs qui lui substituent les racines du po/ypodium crassifolium et celles de lacrostichum huacsaro.

Plus je cherche à concilier les sentimens opposés des

harmacologistes, plus je soumets au flambeau de la critique

ÉE argumens de ceux qui ont préconisé la calaguala, avec

(>) Ces points vus à la loupe présentent, lorsqu'ils sont jeunes, un pelit Lis Mye “1: , .

. tubercule blanchâtre, membraneux, Rs , ombiliqué dans son centre. Peu après, cette membrane ou involucre se déchire en son hord RE “7 é il 1 ir nombre de tant seulement fixée par son ombilic, et laisse apercevoir un gran ques ne petites capsules, dont chacune est ovale, aplatie ; réticulée ; Se L an élastique articulé, munie d’un pédoncule très-délié, au ts me elle est fixée sur la feuille, et sous linvolucre; elle renferme une in . séminules qui se dispersent lorsque Panneau se rompt SO des parties faibles de ses articulations. 5 ù |

+. | : 2 “ + % où . À Va & ee" : à

CH10 2) une exagération ridicule, et plus je doute que cette fougère exotique puisse devenir jamais une acquisition précieuse pour notre matière médicale.

* eezmeTTr (nominique zouis), Della radice di calaguala; c’est-à-dire, De

la racine de calaguala; in-80. Mantoue, 1788. Abe Fes re GARMINATI ( Bassiano), Saggio di alcune ricerche su à principj e sulla virti della radice di calaguala ; c’est-à-dire , Essai de quelques recherches sur les principes et la vertu de la racine de calaguala; in-8°. Pavie, 1791. rurz (mippolytè), Memoria sobre la legitima calaguala, etc. ; c’est à-dire, Mémoire sur la vraie calaguala , et sur deux autres racines qui nous viennent de l'Amérique méridionale, sous le même nom; in-8°. Madrid, 1805.

. (Laplante est de grandeur naturelle : seulement on a imité unpetit individu)

; 1. Racine ou plutôt tige traçante , souterraine, recouverte d’un grand nombre d’écailles, à travers lesquelles s’échappent des racines. 2. La même dépouillée de ses écailles, et telle qu’elle se présente dans le commerce. j 3. Portion d’une foliole, au trait, sur laquelle on a représenté la fructi- + fication composée d’un grand nombre de petites capsules recouvertes par un involucre pelté.

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