‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 34 sur 71 · PORT · texte numérisé non relu

PORT

forme de clystère , il a dissipé la torpeur apoplectique. Divers praticiens ont constaté la vertu fébrifuge d’une infusion * très-chargée de café, deux gros, par exemple, dans Er onces d’eau, acidulée avec le suc d’un citron (8). Sans vouloir discuter les motifs qui ont engagé le professeur Grindel à donner la prééminence au café cru, je me plais à croire que chacun regardera sa méthode comme vicieuse et ses assertions comme suspectes. 3 1 Aie

Sont-ils plus dignes de pitié que de mépris ceux qui prétendent fabriquer avec les glands, l'orge, le seigle, le maïs, les pépins de raisin, les amandes, les racines de chicorée, Ê les fèves, les pois, un café indigène égal et même supérieur | à celui de Moka?

Loin de moi la folle prétention de concilier les opinions extrêmement variées, et par fois diamétralement opposées LA dés auteurs qui ont écrit sur le café! Je ne pores point, avec Christophe Campen, qu'Hippocrate a connu € administré le café; je ne rechércherar point avec Geier, Prosper Alpini, Naironi, Gaspard Bauhin, si c’est eflectivement la fève de Moka qui se trouve désignée dans Lx Bible, sous le nom de Æ£ali, et dans les OEuyres d’Avicenne et deRhasès sous le titre de bun, bunca, buncho; je me verrai

F point, avec Moseley, dans la culture du cafier une source aussi précieuse que féconde de richesse nationale, et dans $a graine une vraie panacée; je ne soutiendrai point avec Richard Bradley que cette Boon l’antidote de la peste; je ne croirai pas même, avec le docteur Cosnier, qu’elle convienne à tous les sexes, à tous les âges, à tous les tempéramens : mais, d’un autre côté, je ne voterai point, avec Eloy,la suppression absolue de cette branche de commerce; je ne m’écrierai point avec l’illustre poète-médecin Redi:

Beverei prima il veleno,

Chè un bicchier che fosse pieno.

Dell amaro e reo caffe (9). *.

? ee 5 SOS 2e Q rr Je n'aceuserai pas précisément le .café d’avoir créé de maladies nouvelles, et aggravé la plupart de celles qui existaient déja. Toutefois, je suis intimement persuadé, et les ”

(8) Audon, dans le Journal de médecine ; tome ‘24, page 243.

Bœhmer, De vario coffèæ potum parandi modo; resp. Müuzky; Vitembergæ, 1782, pag. 26.

Murray, Apparatus medicaminum; tom. 1; 1793, pag. 560. 4 (9) Il faut avouer, disait Fontenelle, que le café est un poison bien lent ;1@ar Jen bois plasieurs tasses chaque jour depuis près de quatre-vinots ans, et ina santé n’en est pas sensiblement altérée. È

exemples s'offrent ici par milliers, que l'introduction du café . dans un pays à constamment été plus nuisible qu’utile aux habitans , Sous le rapport de l'hygiène, Cette liqueur devrait être réservée pour stimuler des organes naturellement lâches et faibles (10), ou débilités par des études abstraites, par des méditations profondes; et c’est au contraire le peuple, ou plutôt la populace, qui en fait la consommation la plus prodigieuse, Pabus le plus révoltant!

- Il existe une différence, une opposition fort remarquable entre l’action du chocolat et celle du café. Celui-ci monte au cerveau, qu'il excite; celui-là nourrit et restaure; il agit sur l'estomac et les’ parties génitales; il est aphrodisiaque, spermatopé, tandis que le café diminue l’aptitude aux jouissances physiques de l’amour. L’épouse du sultan Mahmed fut saisie d'horreur en voyant châtrer un cheval : instruite par une expérience bien triste pour une femme aimante, elle assura qu'on obtiendrait le même résultat en faisant boire à l'animal beaucoup. de café.

Entraîné par l'importance, ou, si l’on veut, par la fécondité du sujet, au-delà des bornes qui m’étaient prescrites, je n'ai pourtant esquissé* qu'imparfaitement l’histoire du café (11). Il m’eût été plus agréable, et surtout infiniment

lus facile de tracer un tableau complet. J'aurais vivement désiré joindre à la notice bibliographique (12) quelques nouvelles productions utiles ou curieuses, et je me vois forcé de la supprimer en entier! Heureux, du moins, si accablé, pour ainsi dire, sous le poids des matières, jai su mettre de l’ordre et du discernement dans le choix! L

> (ro) Digerit et crudam stomachis languentibus escam ;

Plus juvat a pastuquam juvat ante eibumi ; Plus quoque phlegmaticis et laxo corpore obesis, Quam calidis, macris, mobilibusque quadrat.

(11) Je ne puis m’occuper ici de l’eau-de-vie, de l'élixir, du ratafiat, de la conserve, du sirop, des émulsions, des glaces, etc., que l'on retire du café, où dont il est un des principaux ingrédiens. Je suis à regret contraint de passer sous silence une foule d’autres objets non moins intéressans.

(12) Dictionaire des sciences médicales ; tome 3, page 435.

( 109 ) Lo

EXPLICATION DE LA PLANCHE 85. u A” ‘ L

(La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle)

. Corolle ouverte dans laquelle sont insérées cinq étamines.

Page 1