‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 5 sur 71 · BEN · texte numérisé non relu

BEN

EXTE.. « BEN.

Grec... GCanayoss; Ganayos upeduixs 3. Gaæhavos alyUTTIE.

GLANS UNGUENTARIA ; Bauhin, Ilivaë > lib. 17, sect. 2.

GUILANDINA MORINGA.; inermis, foliis subpinnatis , foliolis Tai - À inferioribus ternatis ; Limné, clas. 10 , décandrie mo- #2 +.

nogynie. ;

Jaunes Jussieu, clas. 14, ord. 11, légumineuses. MORINGA OLEIFERA; Lamarck.

Ttalien...... ALRERO DEL BEEN; GHIANDA UNGUENTARIA.

Espagnol... ARROL DEL BEEN.

Français... BEN; BEN OLÉIFÈRE, Lamarck; morINGA; MOoRINGOU ;

MOURINGOU.

Anglais... ... ENTREE; MORINGA=TREE; BEZAR-TREE, Knowles.

Allemand... BENBAUM; oEzNussrAuM, Hagen.

Hollandais .. BENBooM; BALSEM NooTENsooM.

Le ben se plaît au Malabar (1), dans l'ile de Ceilan, sur le sol sablonneux et brülant de l'Egypte. On le cultive difficilement dans nos climats, même avec le secours des serres chaudes. Cet arbre, suivant Rumph, s’elève jusqu'à vingtcinq pieds de hauteur; le tronc acquiert environ cinq pieds de circonférence : il est assez droit, recouvert d'une écorce brunâtre; les rameaux sont d’un bois blanchâtre (2), enveloppé d’une écorce verte.

Les feuilles sont deux ou trois fois ailées, composées de pinnules opposées, qui portent chacune cinq à neuf folioles (auxquelles s’en joignent même par fois d'accessoires ou surnuméraires) ovoides , inégales, vertes, glabres, petites, soutenues par un court pétiole.

Les fleurs blanchâtres , disposées en panicules au sommet des rameaux , présentent : un calice monophylle, profondément quinquéfide; une corolle formée de cinq pétales semblables aux divisions du calice; dix étamines, dont cinq sont alternativement stériles, tandis que les cinq autres ferüles ont leurs filamens terminés par des anthères jaunes orbiculaires; un ovaire supérieur, oblong, légèrement stipité, pubescent, surmonté d’un style filiforme, dont l’extrémité est un stigmate très-simple. *

(1) Dives alit Malabar batavis habitata colonis. KNOWLES..

(2) Faut-il voir dans cette couleur blanchâtre, et surtout dans celle dès eurs, l’origine du mot Ben, qui signifie blanc en langue malaise ? C’est pareillement à cet idiome que nous avons emprunté le terme spécifique moringa. RE la dénomination générique, elle rappelle un célèbre naturaliste prussien, Melchior Guilandinus, professeur de botanique à l’université de Padoue.

17°. Livraison. a.

Le fruit est une gousse, ou plutôt une sorte de silique, longue d'un pied et même plus, de la grosseur du pouce, obtusément triangulaire , pointue, uniloculaire, s’ouvrant en trois valves distinctes. La substance intérieure de chaque valve, dit Lamarck, est blanchâtre, et comme fongueuse; les graines sont des espèces de noix ovoïdes, garnies de

trois ailes membraneuses , qui s’en détachent aisément, et insérées au nombre de dix-huit ou vingt sur un seul rang; sous l’écorce dure et cartilagineuse de chaque noix est une amande blanchâtre.

… L’écorce de la racine du ben a, comme celle du tronc, une odeur et une saveur analogues à celles du raifort; aussi la racle-t-on de même pour l’employer à titre d’assaisonnement. Rumph prétend avoir observé qu'un usage continu et modéré de la décoction de la racine de moringou préserve les marins du scorbut et de diverses autres cachexies particulières' aux marins (5). Les feuilles chaudes sont regardées parles Malais comme propres à résoudre les tumeurs, même

-siphilitiques , du testicule; leur suc est suivant eux, mondificatif et antipsorique. Les pigeons aiment beaucoup les {leurs de ben, qui exhalent, surtout au coucher du soleil, une odeur très-agréable, Les Indiens font cuire les siliques encore jeunes et tendres avec les alimens, dont elles relèvent le goût. Les fruits renfermés dans ces enveloppes, et nommés spécialement Garayos pupedin, glans unguentaria ; noix du ben, tenaient une place distinguée dans l'ancienne thérapeutique. Dioscoride, Galien, Avicenne prescrivaient ces noix en substance, ou l'huile qu'on en extrait, soit contre diverses maladies cutanées, soitpour provoquer de copieuses évacuations alvines. Cependant ils s'étaient aperçus que ce remède porte le trouble dans l'appareil gastrique. Si lon ajoute à celte observation que nous possédons uné foule de cathartiques plus communs et plus sûrs, on ne sera pas surpris de voir cette graine complétement bannie des pharmacopées modernes. Mais si l'huile de ben est abandonnée des médecins, elle est en revanche très-recherchée des par-

fumeurs, qui lui trouvent le précieux avantage de ne point raneir en vieillissant, ce qui la rend très-propre à extraire et à conserver l’arome des fleurs, dont elle n’altère point le parfum, étant elle-même inodore. B& 2.

Le bois néphrétique est1l fourni par l'arbre dont Je viens de tracer l'histoire? Cette opinion du célèbre Linne me

paraît peu vraisemblable. En effet, les naturalistes qui ont

(3) Uuilis est multüm radix decocta moringæ.

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