CARLINE
Grec. .....!. XAAIAEOY; AEUXOS ; 1Eie.
Ÿ { caRLINA ACAULOS, magno flore; Bauhin, Iivaë , lib. 10, sect. 6. Tournefort, clas. 14, radiées. mit Latin. .......{ canxina Acaurs, caule unifloro, flore breviore ; Linré, . clas. 19, syngénésie polygamie égale. Jussieu, clas. 10, ord. 2, cinarocéphales. | é Lialien..,.... cArnNA.
Æspagnol..... GARLINA, à Francais.. ... CGARLINE.
ÆAnglais...... GARLINE; CAROZINE TAISTLE.
Allemand... EBERWURZEL.
Hollandais... ryrrwWorter.
Cette plante vivace aime les climats chauds et les Deux élevés : on la trouve sur les montagnes de l'Italie, de la Suisse , du Languedoc et ‘de la Provence ; elle a été recucaillie ‘par Lamarck , en Auvergne, dans les environs de Clermont et de Murat, sur les collines sèches.
La racine, épaisse, oblongue, subfasiforme > garnie de . quelques fibres éparses, rousse à l'extérieur, blanche-jaunâtre intérieurement, pénètre dans le sol jusqu’à la profondeur de huit à dix pouces. 4
Les feuilles partent immédiatement de la racine. Etalées sur la terre en une large rosette d’ün pied de rayon, elles sont simples, dentées , épineuses en leurs bords, laciniées et presque -ailées. :
La fleur, composée-flosculeuse , très-remarquable par sa largeur de quatre à six pouces , ne l’est pas moins par sa position; solitaire ,.sessile au centre de la rosette formée par les: feuilles, elle présente : un calice commun, ventru, imbriqué, composé d’écailles lâches ; pointues, dont les intéricures , fort longues , lancéolées, légèrement purpurines vers leur base, blanches supérieurement , imitent une couronne radiée , tandis que les extérieures sont courtes et épineuses ; les corolles sont des fleurons tous hermaphrodites , tubulés, quinquéfides, réguliers, posés sur un réceptacle épais chargé de paillettes, et entourés par le calice commun.
Le fruit consiste en plusieurs graines subcylindriques , couronnées d’une aigrette plumeuse , et environnées par le calice commun.
« Dans les Basses-Alpes, dit M. Bosc (1), on donne aux carlines le nom vulgaire de chardousses , et celui de loques dans les Cévennes. Partout où elles se trouvent , les habilans en
(1) Nouveau Dictionaire d'histoire naturelle, tome 4; 1803, page 355.
26°, Zivraison. &:
(158) mangent les réceptacles comme ceux des artichauts , auxquels. ils ne sont point inférieurs en bon goût, et qu'ils surpassent tres-souvent en grosseur. On les sèche pour l'hiver; mais ces plantes, dont la nature est prodigue dans les lieux qui leur conviennent , ne souffrent que diflicilement la culture , et inuülement on a tenté plusieurs fois de les introduire dans les jardins même de leur climat. » .
* Recherchée par les chèvres , la carline est négligée par les . @rsche et les autres bestiaux. Ses fleurs s’épanouissant par un temps sec, et se fermant lorsque l'atmosphère est humide, sont un hygromètre naturel (2; ; desséchées, elles caillent assez bien le lait, comme celles de la plupart des chardons (5:. Toutefois , c’est uniquement la racine dont les vertus merveilleuses ont été Re AM célébrées. La carline doit même sa dénomination à sa propriété alexipharmaque révélée par un ange à Charlemagne , qui préserva et guérit ainsi de la peste une grande partie de son armée (4). Administrée par des mains profanes et vulgaires, la carline mérite à peine d’occuper un des derniers rangs parmi les plantes médicamenteuses. Douée d’une saveur piquante non désagréable, et d’une odeur aromalique , imprégnée d’une huile essentielle assez pesante, elle produit sur l'organisme animal une excitation médiocre, qui n’a rien de particulier. Le professeur Gilibert en fait un éloge que l'expérience est loin de justifier. La prédilection de ce médecin distingué pour les substances mdigènes, l’entraine au delà du but. I dit que l’infusion vineuse de carline s’est montrée utile dans le rhumatisme , les dartres, la gale , lanorexie, les flatuosités, la suppression des règles; elle a ranimé les malades et accéléré la crise des fievres intermittentes et ré- : mittentes atoniques. La dose est de trois à quatre gros, infusés dans l'eau, et plus communément digérés dans le vin. Quand on l’adminisire en substance, deux gros de cette racine pulvérisée suffisent. Elle entre dans la thériaque, l’orviétan , l’essence alexipharmaque de Stahl , et autres préparations pharmaceutiques analogues , appelées, à juste titre, monstrueuses par Chaptal.
(2) Willich, The domestic Encyclopædia; 1802, tom. 1, pag. 436.
(3) Peyrilhe, Tableau méthod. d'un cours d’hist. nat.méd.; 1804, page 301.
(4) Les glossateurs ne sont pas d'accord sur cette fable : quelques-uns attribuent la guérison miraculeuse à Charles-Quint; il en est même qui ont la témérité de révoquer en doute, et qui mieux est, de nier formellement la vision
sugélique!
( La plante est réduite ahtiers de sa grandeur naturelle ) |