‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 61 sur 71 · EVE · texte numérisé non relu

EVE

CENTINODE.

POLYGONUM LATIFOLIUM; Bauhin, Ilivaë , lib. 7, sect. 5. L'ournefort, clas. 15, apétales.

POLYGONUM AVICULARE ; #loribus octandris, trigynis, axil- * laribus, foliis lanceolatis , caule procumbente herbaceo ; Linné, clas. 8, octandrie trigynie. Jussieu, clas. 6, ord. 5, polygonées.

Tlälien. ..... CENTINODIA; SANGUINARTA; CORREGGIUOLA. ;

Æspagnol. .. SANGUINARIA MAYOR. |

Français .... GENTINODE ; RENOUÉE; TRAINASSE.

Anglais. .... KNOT-GRASS.

Allemand ... WEGTRIT; TAUSENDKNOTEN ; BLUTKRAUT.

Hollandais... Durzenpkwoor.

S'uédois....., TRAMP-GRÂS

Extrêémement commune sur le bord des chemins, des n-

vières , dans les champs , dans:les lieux incultes , la centinode

est une plante annuelle qui fleurit aux mois de juillet et d’août. La racine est longue , dure , tortueuse , fibreuse, rampante. Les tiges sont vertes , herbacées , glabres , articulées (1), divisées en nombreux rameaux étalés sur la terre (2), longs d'environ un pied et demi, garnis de stipules courtes, vaginales: } Les feuilles sont alternes , presque sessiles, entières ,

ovales.

Les fleurs axillaires sessiles , entourées d'une bractée à leur base, présentent : un calice partagé en cinq découpures concaves ; huit étamines ; un ovaire supérieur, trigone , surmonté de trois styles très-courts, terminés par autant de stigmates arrondis.

. Le fruit consiste en graines petites , triangulaires , noires , lisses , recouvertes par le calice persistant qui leur sert d’enveloppe. |

Privée d’odeur , la centinode imprime sur la langue un léger sentiment d’astriction. Elle est broutée par tous les besaux; el je ne suis point convaincu par les argumens de Bechslei, qui prétend que ce fourrage dispose aux obstructions viscérales. On pourrait, dans certains cas, tirer parti de la faculté nutritive des graines, dont les oiseaux se montrent

(1) La plante doit à ces articulations ou nœuds, qui sont très-multipliés , es Litres de centinode, renouée, knot-grass , tausendknoten, et même le nom générique po/ygonum.

; ,,: Mn "à , be ; . .

(2) Je mai pas besoin de dire que telle est la source de la dénomination vulgalre, trainasse. \

28°. Livraison. b.

l Cigo ) très-friands , ce qui a valu à la centinode le nom spécifique de ayviculaire. ,

Les anciens pharmacologistes accordaient à cette plante un rang distingué parmi les astringens. Hermann et Bœclér la regardent comme un excellent vulnéraire ; ils la croient propre a dissiper les flux, à modérer, à tarir les hémorragies, et spécialement l’hémoptysie (3). Plusieurs praticiens modernes prétendent avoir constaté ces vertus. Le docteur Gilibert a quelquefois employé la centinode avec succès dans les diarrhées et sur la fin des dysenteries. Toutefois le judicieux Linné déclare qu’elle est superflue ; les thérapeutistes Cullen, Albert et Schwilgué ne la mentionnent point dans leurs ouvrages , et M. Biett pense , avec raison , qu’elle ne mérite pas d’être tirée de l’oubli. Certains vétérinaires la donnent, à titre de spécifique, dans l’hématurie des vaches (4).

(3) Cynosura mat. med. , tom. 1, pag. 564.

On aperçoit aisément dans cette propriété réelle où imaginaire l’origine du mot sanguinaria.

(4) Willemet, Phytographie encyclopédique; 1805, tome 1, page 455.

( La plante est représentée de grandeur naturelle)

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