CHÉLIDOINE
Grec... XENMAOVIOY EVA.
‘ CHELIDONIUM MAJUS VULGARE,; Bauhin, Ilivaë , hb. 4, sect. 3. Tournefoft, clas. 5, cruciformes. * Latin.......<{ cHELIDONIUM MAJUS; pedunoulis umbellatis ; Linné, clas. n 13, polyandrie monogynie. Jussieu, clas. 13, ord. 2, papavéracées.
Italien...... CELIDONIA; CENEROGNOLA.
Espagnol. ... GELIDONIA; CFLIDONIA,MAYOR.
Francais. ... CHÉLIDOINE; CHÉLIDOINE COMMUNE ; GRANDE CHÉLIDOINE; ÉCLAIRE; FELOUGNE.
Anglais. ..:. GELANDINE.
Allemand... SCHELLKRAUT ; SCHOELKRAUT; SC:1WALBENKRAUT.
Hollandais... SGHELLE-KRUID; GOUWE.
Wuédois...... SVAL-ÔRT.
Polonais..... JASZKOLRE; Ernditel.
Théophraste, Dioscoride, Galien ont vu la chélidoine croïtre abondamment sous le beau ciel de la Grèce; nous rencontrons cette plante vivace dans toute l'Europe , le long des haies, autour des puits, sur les vieilles murailles , sur les terrains incultes et couverts. Gmelin l’a trouvée extrêémement répandue sur le sol affreux de la Sibérie , et Le docteur Schæœpf l'a souvent recueillie aux environs de New-Yorck, en Amérique.
La racine est brune -rougeûtre , cylindrigue , fibreuse , chevelue. ’ «
Les tiges, droites, greles , fragiles , rameuses , légèrement duvetées , s’élèvent à la hauteur d'environ un pied et demi.
Les feuilles sont alternes , grandes , molles , ailées , découpées en lobes arrondis, vertes en dessus, glauques en dessous, et mumies de poils rares seulement sur leur pétiole.
Les fleurs , jaunes, sont disposées en maniere d’ombelles , au sommet des tiges. Chaque fleur présente : un calice formé de deux folioles, ovales, concaves, caduques (1) ; une corolle de quatre pétales obtus , planes , ouverts en croix ; vingt à trente , quelquefois cinquante à soixante étamines, dont les filamens jaunes portent des anthères didymes ; un ovaire supérieur, terminé par an stigmate bifide.
(1) Avant l’épanouissement des pétales, le calice est d’une seule pièce; se déchire en deux par l'action des pétales tuméfiés. ( GILIBERT )
30°, Zivraison. a.
Le fruit est une silique grèle , de la longueur d’un pouce et demi, bivalve, contenant dans une seule loge une centaine de graines obrondes, luisantes , noirâtres.
Dans son état de fraicheur , la chélidoine exhale une odeur désagréable ; que Tournefort compare à celle des œufs couvés et Murray à celle de la moisissure septique » L. Elle a x goût amer, accompagné d’une Âcreté qui diminue par la dessiccation, tandis que l’amertume augmente. Ces qualités physiqués sont essentiellement dues à la présence d’un suc jauneorange, dont toutes les parties de la plante sont copieusement imprégnées, et qui s’en écoule à la plus légère incision. |
Linné, Murray, Schallern, Gilibert, Bodard s’'étonnent avec raison de l’injuste oubli auquel a été condamnée pendant plusieurs siècles une substance pleine d'énergie, et que Jes anciens avaient parfaitement appréciée ; ils font la remarque très-judicieuse que les propriétés sont plus éminentes, et en quelque sorte plus concentrées dans la racine. Galien Padministrait, infusée dans du vin blanc, pour la guérison de l’icière ; Dioscoride y ajoutait de l’anis ; Foreest la faisait bouillir dans la bière. Chomel, dont, au reste , l'autorité n’est pas dun grand poids, conseille de faire macérer les feuilles de chélidoine dans du petit-lait, auquel on ajoute un peu de crème de tartre. Je pense qu’il convient d'adopter la méthode indiquée par le professeur Wendi : il exprime , en été, le suc de toute la plante , et le méle à une égale quantité de miel. La dose, qui d’abord est de deux gros , est graduellement portée jusqu’à une demi-once, délayée dans une à deux cuillerées d’eau. Au printemps et en automne , il n’emploie que le 4% de la racine , et en hiver, il administre l’extrait de la plante toute entière, dont il forme des pilules de deux grains : il commence par en donner deux ; puis il porte successivement le nombre jusqu’à dix, et ‘continue … cette dose jusqu’à ce que la cure soit complette. Mais le professeur d’Erlangen , entrainé par sa prédilection pour la
chélidoine , lui accorde des vertus trop éminentes et trop
multipliées ; il ne la prescrit pas seulement contre l’ictère, les embarras viscéraux , les fièvres intermittentes , les Bydropisies ; elle est en outre, selon lui , un remède souverainement propre à combattre les affections scrophuleuses et siphilitiques. Disciple de Wendt, le docteur Schallern a renouvelé des Grecs la réputation antophtalmique de la chélidoine (2) ;
x . \ . £ . é, (2) Le mbt XeArd'oytoy dérive très-certainement de XEA d'y, birondelle : +. AFP Lee mais la chélidoine a-t-elle recu cette dénomination parce cs ses fleurs s’épanouissent à l’arrivée des hirondelles, et se fanent au départ de ces oiseaux voya-
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C'2r9 ) et, à Pexemple de son maitre "fl a parfois outrepassé les limites de la stricte vérité. Les anciens préparaient dans un vase de cuivre un collyre composé du suc de cette plante et de miel. L’eau distillée d’éclaire , recommandée depuis pour remplir la même indication, est un topique presque inerte. Le docteur Schallern fait usage intérieurement et eSricurement de la chélidoine pour dissiper les maladies des yeux ; il se flatte d’avoir, par ce moyen, prévenu la cataracte , dissipé des ophtalmies , absorbé des taies, guéri des amauroses.
Les vices cutanés, qui se manifestent sous tant de formes hideuses, et repoussent avec obstination les secours de art, cèdent pourtant quelquefois à la chélidoine , administrée en topique et à l’intérieur par un praticien habile, Gilibert regarde le suc de chélidoine comme un des plus puissans détersifs des ulcères cacoëthes. Le peuple en fait chaque jour usage , et non sans succès , pour détruire les cors, les verrues , et autres durillons.
Le Prussien Kramer raconte les cures de goutte et de calcul qu’a opérées, sous ses auspices, l’infusion théiforme de chélidoine.
La couleur jaune que communique au papier , aux étoffes, à la peau, le suc de cette plante, est passagère ; une simple ablution d’eau suffit pour leffacer ; par conséquent , l'art tinctorial ne peut , alors , en retirer aucun avantage. Mais, au moyen de la fermentation, le professeur saxon C. G. Rœæssig a obtenu de la chélidoine une couleur bleue solide :
semblable à celle de la guëde.
GREUZBAUER ( George Adam), De radicis chelidonii majoris ad solvendos
pellendosque cholelithos efficacid , biga observationum comprobata , Diss. in-40. Argentorati, 1785.
GzumM (zoseph Antoine), De chelidonio majori, Diss. in-40. Duisburgi x 1786. | SCHALLERN (rhéophile Adam yoseph de), Dissertatio inauguralis,
chelidonii majoris virtus medica novis observationibus
Erlangæ, 1990.
£ qu Jirmatur ; in-40.
geurs ; ou bien, faut-il rapporter ce titre générique à la persuasion dans laquelle étaient les Grecs que les hirondelles se servaient du suc de chélidoine pour rendre la vue à leurs petits dont on avait crevé les yeux ? J’ai vu plusieurs de mes contemporains, et surtout dé bons ourangeaux , mes compatriotes, ajouter une confiance évangélique à ce conte puéril; je n’en ai point été surpris ; la sotte crédulité n’est-elle pas de tous les temps et de tous les pays ?
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EXPLICATION DE LA PLAN CHE 113, ; (de plante est réduite aux deux tiers de sa grandeur naturelle ) de |
1. Calice diphylle, caduque, étamines et pistil. 2. Fruit ou silique de Foie Due tel qu'il s'ouvre dans sa ma
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